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Jacques HM Cohen 30/01/2026
La chronique d’actualité avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone. Jacques, bonjour.
Bonjour.
Aujourd’hui, vous allez nous parler de Donald Trump, le président américain, et de sa boussole. La boussole de Trump, sa clientèle, Professeur Jacques Cohen, que voulez-vous dire par là ?
Et bien, la boussole de Trump, c’est sa clientèle, parce que le raisonnement de Trump ce n’est pas si c’est l’ennemi ou adversaire ou des populations se retrouvent dans une situation favorable ou défavorable. Sa seule boussole c’est de contenter, conforter son électorat.
Et de ce point de vue-là, c’est aussi un signe inquiétant, parce que cela veut dire que déjà majoritaire qu’il est majoritaire, et il le sait, il veut encore renforcer son électorat.
Il ne cherche pas à faire plaisir, amadouer, gagner de nouveaux électeurs, gagner une population qui ne soit pas son électorat naturel, pas du tout.
La seule boussole de Trump, c’est la réaction de son électorat. Il tape sur les immigrés, c’est bien vu de son électorat. Et puis là ,à Minneapolis, il se passe un truc qui pose problème à son électorat, qui est paradoxalement que sa police tire à tort et à travers.
Mais pas sur des immigrés, mais de l’américain lambda
Et alors entre autres, le dernier épisode est beaucoup plus grave que le précédent du point de vue des États-Unis.
Paradoxalement pas du nôtre ! Parce le gars est allé à la manif avec un flingue dans la poche. Et des papiers en règle pour le détenir sur lui, même visible.
En France, cela paraît invraisemblable. On se dit qu’il en tient une couche pour aller à la manif avec une arme de poing dans la poche arrière, mais aux États-Unis pas du tout. L’infirmier de réanimation avait une arme dûment enregistrée, et surtout avec l’autorisation de la porter en évidence. Moyennant quoi, comme vous en doutez, quand on a affaire à des bras cassés sanguinaires comme ICE, cela a vite mal tourné, et de même cela s’est terminé en vidant un chargeur entier sur ce malheureux.

Une tête de hockey Mom plutôt que d’émeutier ou immigré somalien
Et le point crucial du point de vue des États-Unis, c’est que la National Rifle Association, la NRA, le lobby des armes, a pris position contre ICE en disant il faut une enquête indépendante, etc.
Alors d’habitude, la National Rifle Association, c’est un ramassis de plutôt de fachos nous dirions, ou du moins aux normes américaines ils ne sont pas encore tout à fait fachos, ils sont plutôt d’extrême droite on dira, ou très durs.
Enfin, ils sont sur la mythologie que chaque citoyen américain peut se défendre et défendre sa famille, en tirant sur ce qui bouge. Et bien, que cette clientèle ait pris position contre l’action de ICE, pour Trump c’est une lumière rouge.
C’est sa clientèle, elle a forcément raison et il recule.
Ce n’est pas pour des raisons morales, absolument pas. Ce n’est pas parce que c’est parce que ICE a abattu un espèce d’illuminé, de quelqu’un de gentil, comme infirmier de réanimation. C ce n’est pas par ce que l’autre victime était une mère de trois enfants, un peu poétesse dont les derniers mots avant d’être abattue ont été de dire au type avec qui elle s’était engueulé : « Non mais cela roule, t’inquiète pas, je t’en veux pas », cela , n’a aucune importance pour lui. Ce qui est important, c’est comment c’est vécu par sa clientèle. Et de ce point de vue-là, Trump reste un politicien efficace au sens d’un politicien brutal, qui veut flatter sa clientèle, démolir celle des autres.
Justement Professeur Jacques Cohen, je me permets, je vous interromps et on pourra revenir peut-être plus en profondeur sur le sujet juste après, mais on ne va pas s’éloigner trop. Simplement c’est de savoir est-ce que Donald Trump agit de la même manière à la fois en tant que président américain sur son territoire et à la fois comme président américain à l’international. Est-ce que cette vision d’agir dans l’intérêt de sa clientèle finalement se fait aussi pour les marchés internationaux comme il le fait sur le sol américain ?
Oui et non, parce que la seule chose qui compte pour lui, c’est sa clientèle, donc l’électeurs américains. Les autres, il s’en fout complètement. Si les électeurs américains considéraient qu’il fallait revenir à une politique isolationniste, il abandonnerait toute velléité de faire quoi que ce soit pour les populations extérieures. À partir du moment où il ne juge que l’intérêt pour son pays est surtout l’intérêt pour sa clientèle. Si sa clientèle est ravie de voir Rambo au Venezuela, il est ravi. Si sa clientèle trouvait que cela commence à bien faire parce qu’en Afghanistan cela s’était quand même gâté, même si ce n’était pas lui, et bien la seule boussole c’est l’opinion publique américaine au sens de conforter ses électeurs dans la perspective des midterms très bientôt, et dans la perspective de la réélection pour laquelle se bousculent au portillon le vice-président J.D. Vance et Marco Rubio surtout.
cela veut dire que pour ceux qui avaient comme raisonnement de se dire que Trump qui recule c’était inattendu, finalement ce n’est pas un bon raisonnement entre guillemets Professeur ?
Mais c’est qu’il faut raisonner sur sa boussole, c’est-à-dire raisonner sur ce qui est important pour lui. Que l’on tape sur les immigrés lui paraissait tout à fait bien, Quand une police quand même privée qui et assez cafouilleuse, pour dire les choses, tire à tort et à travers dans un pays où il est permis que les gens portent des armes, et bien ce qu’il n’attendait pas, c’est que cette clientèle-là trouve qu’effectivement elle n’a plus tout à fait intérêt à se promener avec des armes ant la police de Trump ne fait plus de différence entre l’immigré avec une cible sur le dos et l’américain « pur souche » bien tranquille.
Et cela, c’est très très mauvais pour son électorat.
Justement retour sur le sol américain pour Donald Trump et avec vous, Professeur Jacques Cohen. On peut dire qu’il y a une fracture là aux Etats-Unis actuellement ?
Il n’y a non seulement une fracture, mais une fracture qui s’aggrave. Parce que contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas des réseaux humanitaires qui ont conduit Trump à reculer. Que l’on expulse dans des conditions non seulement vigoureuses mais déplorables des tas de gens, il s’en fout parce que son électorat l’accepte, son électorat de petits blancs, etc.
Sa clientèle, ce sont les petits blancs frappés par la concurrence de la main-d’œuvre immigrée.
Toute la population américaine plus éduquée et surtout d’un niveau social plus élevé, qui a besoin de main d’œuvre pour des femmes de ménage, les gamins ou les chiens à promener, etc, toutes ces populations qui eux ont besoin des immigrés, toutes ces populations qui correspondent en gros à chez nous les types qui commandent des pizzas avec leur Smartphone aux immigrés qui pédalent laborieusement sur des vélos sans lumière la nuit, Et bien avec cette population-là, il y a une coupure. Il y a une coupure entre ceux qui ont besoin de cette population immigrée et ceux qui considèrent qu’ils n’en ont pas besoin parce que malheureusement ils ne peuvent pas se permettre d’avoir du personnel de maison, etc, etc. Et cette coupure, elle est très intense et elle conditionne hélas l’état d’esprit des deux côtés.
Justement, puisque vous évoquez l’état d’esprit, Professeur Jacques Cohen, on est avec vous dans cette chronique d’actualité « La boussole de Trump, sa clientèle ». Il y aura davantage d’informations à retrouver sur votre blog, les auditeurs les plus fidèles de RCF le connaissent : jhmcohen.com. Et c’est marrant que vous ayez choisi ce titre aujourd’hui parce qu’il y a quelques jours, le 18 janvier dernier, le journal Le Monde justement publiait un article : « Nous devrions nous demander si la boussole de Trump relève d’une quelconque forme de moralité ». Est-ce que vous avez envie, vous, de répondre sur ce sujet, Professeur ?
Il aurait fallu que j’aie lu cet article, je suis désolé je ne l’ai pas lu. Mais je regarderai très attentivement car vous voyez que le raisonnement est peut-être convergent. Il n’est pas illogique avec un président qui zigzague en permanence de se demander s’il tire des bords au hasard ou si une boussole guide quand même. Je pense que sa boussole c’est de flatter son électorat. Ce qui renforce la coupure et le risque de guerre civile entre les deux pôles de la société US.
Effectivement, l’idée globale de l’article c’était de dire que le président des Etats-Unis veut faire prévaloir la loi du plus fort. C’est aussi cela , Professeur Jacques Cohen, quand on pose des questions elles arrivent comme cela en direct, on n’est pas préparé, j’allais dire, à toutes les questions. Qu’est-ce qu’il peut se passer maintenant de votre point de vue si l’on sort un petit peu la boule de cristal, Jacques Cohen ?
Et bien c’est très difficile parce que Trump reste aussi un personnage imprévisible et qui en use et qui en abuse, et qui justement raisonne comme l’audimat de CNN ou de Fox News. Il raisonne sur l’image des bombardiers et des explosions, cela fait très bien, c’est Rambo. Et puis si au contraire on montre des malheureuses victimes de ces bombardements, cela ne sera pas bien, et ainsi de suite. Comme il a en plus un raisonnement on dira à géométrie variable parce qu’il est d’une part infantile, d’autre part quelque peu sénile, et d’un troisième côté avec une pensée magique, il est très difficile de dire ce qu’il va faire. Le seul pronostic que je peux faire ce que Donald Trump va continuer à faire le spectacle au moins plusieurs semaines, le temps de détourner l’attention sur la divulgation des documents Epstein qui est en cours par petits paquets. Car là aussi son électorat puritain et laborieux voit très mal Donald Trump mouillé dans des histoires de partouzes en jet privé pour milliardaires. Étouffer l’impact sur son électorat de l’affaire Epstein reste pour Donald Trump une priorité absolue.
Et bien écoutez, on verra où mène la boussole de Donald Trump alors Professeur Jacques Cohen. Merci d’avoir été avec nous, de nous avoir éclairés sur la boussole de Trump, sa clientèle, et on verra si elle est satisfaite ou pas des propositions ou des actions du président américain alors.
Effectivement, la position de Trump n’est pas une position de morale. Il ne faut pas croire que le fait qu’il ait reculé à Minneapolis veut dire qu’il finit par considérer qu’il a tapé trop fort sur les immigrés. Peu lui importe,.Ce qui compte pour lui c’est si cela fait plaisir à son électorat le plus réactionnaire ou pas.
Le message est passé, merci d’avoir été avec nous dans cette chronique d’actualité, Professeur Jacques Cohen. Comme on le disait il y a quelques instants, pour les auditeurs les plus fidèles et pour ceux qui veulent le découvrir, il y a votre blog jhmcohen.com, cette chronique, plus de détails, des images pour illustrer tout cela . On vous dit à très bientôt, Professeur.
A très bientôt.
Jacques HM Cohen 30/01/2026
sur les ondes de RCF : LIEN
La chronique d’actualité avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone. Jacques, bonjour.
Bonjour.
A
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A très bientôt.