Réforme santé : le retour du localisme et du clientélisme

CHRONIQUE DU Vendredi 5 octobre 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1914962

JC bonjour.

Bonjour !

Le sujet que vous avez choisi ce soir, c’est la réforme hospitalière. Vous en aviez déjà parlé il y a quelques semaines. Aujourd’hui, vous voudriez faire une sorte de piqûre de rappel.

Et bien, en quelque sorte une piqûre de rappel sur les dangers de l’abolition du Numerus Clausus, de la disparition de fait après celle du concours de l’internat de son successeur l’Examen Classant National final, de la disparition du concours de praticien hospitalier national… Tout ceci va conduire à un localisme, et disons-le, non seulement à une différenciation des facultés, mais à un retour en force du clientélisme et du népotisme. Vous savez que le népotisme cela veut dire de protéger la famille, les copains, les enfants des copains, etc., etc.. Donc, le redoutable népotisme du milieu médical, avec son endogamie, qui a conduit à un système clos, qui a été ébréché par la volonté du Général de Gaulle et du Professeur R Debré, du concours d’internat et de la création des CHU en 1958. Lire la suite

Suppression du Numerus Clausus en Médecine. Naïveté ou machiavélisme ?

Chronique du vendredi 7 septembre 2018

sur RCF: https://rcf.fr/embed/1896963

 

Jacques Cohen est avec nous aujourd’hui, Jacques Cohen bonjour !

Bonjour.

Alors, c’est vrai que dans l’actualité, on a parlé d’une question qui concerne, en cette période de rentrée, la médecine. Alors, ce n’est peut-être pas vrai pour l’année 2018, ce n’est peut-être qu’un projet, mais on a entendu parler de la fin du numerus clausus en médecine.

C’est une chose qui existe depuis des années, il faut rappeler aux auditeurs que le numerus clausus est un nombre d’étudiants. Ce nombre d’étudiants, il ne faut pas le dépasser à la fin de la 1re année, il y a énormément de candidats, 1 000, 1 200 parfois, beaucoup d’étudiants et que très peu d’élus, 200 élus. Donc ça se bouscule en médecine.

Et alors, j’ai entendu dire que tout ça pouvait exploser. De quoi s’agit-il exactement, déjà au niveau du projet ?

Numerus clausus effectivement est un terme pudique pour dire « concours », mais je ne vois d’ailleurs pas pourquoi on n’emploierait pas le terme correct de « concours ». Et bien, c’est un serpent de mer.

Mais les serpents de mer existent. Il y en a en Australie et ils sont même venimeux et toxiques. De temps en temps, on finit par en rencontrer un pour de vrai !

Lire la suite

Les Dabbawalah de Bombay comme modèle ! Reconstruire  un maillage  territorial des urgences médicales

Chronique du vendredi 8 juin 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1844617

Bonjour Jacques Cohen !

Bonjour.

Ce soir votre sujet, Jacques Cohen, ce sont les livreurs de gamelles de Bombay, comme vous l’avez dit il y a quelques instants en introduction. Quelle est la situation  aujourd’hui ?

Il s’agit de la livraison de plus de 250 000 gamelles, chaque jour, en 3 heures, avec un taux d’erreur qui est très inférieur à la logistique non seulement de la SNCF, mais de tous les grands livreurs modernes. C’est très intéressant comme exemple parce que c’est un exemple de système décentralisé qui n’utilise aucun ordinateur, qui n’utilise même pas des gamelles totalement normalisées du même modèle, plusieurs modèles sont admis, et qui fonctionne avec des étiquettes extrêmement simples parce que le personnel est analphabète.

Lire la suite

Maladie d’Alzheimer : dérembourser des médicaments  pour les tuer! !!!

Chronique du vendredi 1er juin 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1839495

 

Avec nous, aujourd’hui, Jacques Cohen, et on va parler d’une thématique santé. Cela faisait un petit moment.

Le sujet du jour : les médicaments qui permettent de traiter la maladie d’Alzheimer qui désormais ne seront plus remboursés. C’est vrai que quand l’on voit ça de loin, on a tout de suite l’impression que c’est un scandale presque absolu. 

Absolument, c’est l’impression première pour un non-spécialiste alors qu’en fait, si j’ose dire, c’est pour la bonne cause. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que la législation et la réglementation sont tellement compliquées que pour retirer un produit il est souvent plus simple d’utiliser une procédure tarabiscotée comme son non-remboursement plutôt que de l’interdire purement et simplement. Ce qui ouvrirait le droit à la contestation pour celui qui était détenteur de l’autorisation, qui va demander s’il y a des faits nouveaux, qui va demander des études, et tout et tout. Alors, c’est faisable et c’est facile quand il y a un gros pépin, mais quand il n’y a pas de gros pépin, qu’il n’y a pas beaucoup de changement par rapport à la situation initiale, et bien c’est difficile d’obtenir un retrait classique, c’est-à-dire un retrait d’AMM ( autorisation de mise sur le marché )

D’où le titre de cette chronique : « dérembourser pour tuer…. » un médicament pas un malade !!!.. Une fois le médicament « déremboursé » c’est le fabricant qui va le retirer du marché faute de pouvoir en vendre suffisamment. 

Lire la suite

L’apoplexie des urgences hospitalières

Chronique du vendredi 23 mars 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1785479

 

Jacques Cohen, rebonsoir !

Rebonsoir !

Alors, c’est vrai qu’avec vous on va parler d’un problème à l’hôpital, vous êtes professeur au CHU de Reims, rappelons-le. Est-ce qu’il y a quand même un problème dans les urgences, Monsieur le Professeur ? Parce que, tout de même, l’on voit qu’il y a une crise de l’offre des soins, une crise de l’organisation des soins, une crise de l’attitude médicale. Parfois, il y a eu quelques évènements, des faits divers. On a retrouvé, malheureusement, des personnes qui sont allées aux urgences et qui n’en sont pas vraiment sorties en bon état.

Et bien, tout d’abord, je dois rappeler que, comme je suis médecin hospitalier au CHU de Reims, je parlerai de tout sauf de Reims. Mais je voyage, je connais ce qui se passe ailleurs, qui a d’ailleurs des ressemblances avec ce qui se passe ici. On ne peut pas parler d’incidents, mais au contraire il y a une situation calamiteuse qui est le symbole de la désorganisation de l’offre de soin. Des milliers de personnes, par jour, passent plus de 4 à 8 heures sur un brancard dans le couloir aux urgences partout en France. Lire la suite

« Dessine-moi un mouton » dit le petit Prince diabétique…..

Chronique du vendredi 23 février 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1763409

 

Jacques Cohen, re bonsoir !

Re bonsoir !

Alors, c’est vrai que l’on a parlé du mouton tout à l’heure. Vous avez un titre un peu particulier pour votre chronique d’aujourd’hui.

Oui, la chronique s’appelle « Dessine-moi un mouton », et c’est un Petit Prince diabétique qui en parle.

Alors, vous êtes médecin, donc il y a certainement un rapport entre le mouton et le diabète, mais je ne vois pas trop pour l’instant… alors, il semblerait tout de même qu’il y ait dans le domaine de l’innovation, de la recherche, des cellules souches humaines qui pourraient être mises dans un mouton, mais où va-t-on Jacques Cohen ?

Eh bien, où va-t-on ?… c’est que l’on essaye de soigner les diabétiques, et il faut détailler cette expérience parce qu’elle est vécue dans l’opinion publique plus comme un fantasme d’apprenti sorcier de mettre une tête d’homme sur un mouton ou l’inverse, de mettre des doigts à la place des sabots ou n’importe quoi…

Ce n’est pas tout à fait cela…

Il n’y aucun risque de ce genre, et il faut regarder ce qui a été fait.

Lire la suite

Les débuts des vaccinations obligatoires en France. La vaccination anti-diphtérique devient obligatoire en 1938

Le ministre de la santé Agnès Buzyn, a rendu obligatoires les vaccinations jusque là conseillées.  Une campagne dénonce tout à la fois l’atteinte aux libertés individuelles ( des nourrissons !!??!! ) du caractère obligatoire, les dangers des vaccinations concernées ( imaginaires et loin des véritables complications quantifiables au rapport coût/ bénéfice thérapeutique indiscutable ), les profits que les fabricants sont supposés rechercher au besoin contre la santé des vaccinés.
Il m’a semblé intéressant de rechercher dans quelles circonstances les premiers vaccins ont été rendus obligatoires et quel en a été le débat public.
La vaccination diphtérique est obligatoire depuis la loi du 25 juin 1938. C’est la chambre du Front Populaire élue en 1936. Mais la mesure est votée à l’unanimité, après débats en Commissions  de l’Hygiène de l’Assemblée Nationale et du Sénat. De nombreux avis ont été sollicités: conseil supérieur d’hygiène, Académie de  médecine…. La loi a été votée sans débat après un bref exposé du rapporteur Léculier qui est médecin et du président de la commission d’hygiène de la Chambre Even. Ce dernier rassure d’ailleurs l’assemblée sur le fait que les coûts de cette vaccination seront très inférieurs à ses bénéfices indirects attendus y compris sur ce point en soins et décès infantiles évités.
Un débat en séance aurait été possible, mais comme personne ne l’a réclamé malgré l’affichage réglementaire  de la proposition de loi trois jours avant, il n’y en aura pas, la loi faisant consensus.

Lire la suite