Facs de Médecine, pourquoi supprimer le numerus clausus ? Pour l’augmenter de 20 % !!

Chronique du 22 mars 2019

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2053543

Tous les vendredis soir, il est fidèle au poste, parfois il est en voiture, mais il est souvent en studio et c’est le cas ce soir, JC est avec nous, bonsoir Jacques.

Bonsoir.

On va parler médecine, on va parler numerus clausus, la suppression du numerus clausus l’objectif indiqué : 20 % de médecins en plus. Qu’en pensez-vous ?

Je suis stupéfait qu’une explication aussi simpliste soit gobée par toute la presse et par quasiment tout le monde . Car s’il s’agit d’augmenter le numerus clausus de 20 %, la solution la plus simple pour le faire, et qui prend un quart d’heure, c’est d’en modifier le curseur, le nombre, et de mettre 20 % de plus de postes au concours de première année.

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FLASH: Soutien aux deux jeunes médecins de la région blâmés par le Conseil de l’Ordre pour avoir critiqué l’homéopathie !

Le Syndicat des médecins homéopathes veut intimider les médecins partisans de la médecine basée sur des preuves.

Deux jeunes médecins généralistes champardennais ont été sanctionnés d’un blâme par la section disciplinaire régionale du conseil de l’ordre « pour avoir dénigré  l’homéopathie ». Dénigrer, c’est dire du mal injustement. Mais mes deux jeunes consoeurs n’ont pas dénigré mais critiqué. Et elles ont dit la vérité: l’homéopathie n’a aucune efficacité démontrée au delà de celle d’un placebo. Le syndicat national des médecins homéopathes compte poursuivre une bonne part des 124 signataires d’un pétition médicale pour le déremboursement de l’homéopathie par la sécurité sociale. (http://fakemedecine.blogspot.com/). S’en prendre en premier à deux jeunes généralistes, c’est une volonté d’intimider tous les médecins partisans de la médecine basée sur des preuves.

La liberté dans notre République c’est que chacun a le droit de croire en l’homéopathie,
la mésothérapie, ou l’église pastafarienne du spaghetti volant. Mais la collectivité n’a pas
à en assumer les frais. Elle a bien assez de mal à payer pour tous les vrais médicaments !

J’appelle tous les hospitalo-universitaires qui devraient être en première ligne pour défendre une médecine efficace, basée sur une méthode scientifique, et mes autres confrères, à être solidaire de nos consoeurs et à les soutenir devant la juridiction nationale d’appel.

 

médecines molles

La concurrence est rude parmi les médecines dites alternatives  ou médecines molles en opposition à la médecine dure qu’elles dénoncent !

Réforme santé : le retour du localisme et du clientélisme

CHRONIQUE DU Vendredi 5 octobre 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1914962

JC bonjour.

Bonjour !

Le sujet que vous avez choisi ce soir, c’est la réforme hospitalière. Vous en aviez déjà parlé il y a quelques semaines. Aujourd’hui, vous voudriez faire une sorte de piqûre de rappel.

Et bien, en quelque sorte une piqûre de rappel sur les dangers de l’abolition du Numerus Clausus, de la disparition de fait après celle du concours de l’internat de son successeur l’Examen Classant National final, de la disparition du concours de praticien hospitalier national… Tout ceci va conduire à un localisme, et disons-le, non seulement à une différenciation des facultés, mais à un retour en force du clientélisme et du népotisme. Vous savez que le népotisme cela veut dire de protéger la famille, les copains, les enfants des copains, etc., etc.. Donc, le redoutable népotisme du milieu médical, avec son endogamie, qui a conduit à un système clos, qui a été ébréché par la volonté du Général de Gaulle et du Professeur R Debré, du concours d’internat et de la création des CHU en 1958. Lire la suite

Suppression du Numerus Clausus en Médecine. Naïveté ou machiavélisme ?

Chronique du vendredi 7 septembre 2018

sur RCF: https://rcf.fr/embed/1896963

 

Jacques Cohen est avec nous aujourd’hui, Jacques Cohen bonjour !

Bonjour.

Alors, c’est vrai que dans l’actualité, on a parlé d’une question qui concerne, en cette période de rentrée, la médecine. Alors, ce n’est peut-être pas vrai pour l’année 2018, ce n’est peut-être qu’un projet, mais on a entendu parler de la fin du numerus clausus en médecine.

C’est une chose qui existe depuis des années, il faut rappeler aux auditeurs que le numerus clausus est un nombre d’étudiants. Ce nombre d’étudiants, il ne faut pas le dépasser à la fin de la 1re année, il y a énormément de candidats, 1 000, 1 200 parfois, beaucoup d’étudiants et que très peu d’élus, 200 élus. Donc ça se bouscule en médecine.

Et alors, j’ai entendu dire que tout ça pouvait exploser. De quoi s’agit-il exactement, déjà au niveau du projet ?

Numerus clausus effectivement est un terme pudique pour dire « concours », mais je ne vois d’ailleurs pas pourquoi on n’emploierait pas le terme correct de « concours ». Et bien, c’est un serpent de mer.

Mais les serpents de mer existent. Il y en a en Australie et ils sont même venimeux et toxiques. De temps en temps, on finit par en rencontrer un pour de vrai !

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Les Dabbawalah de Bombay comme modèle ! Reconstruire  un maillage  territorial des urgences médicales

Chronique du vendredi 8 juin 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1844617

Bonjour Jacques Cohen !

Bonjour.

Ce soir votre sujet, Jacques Cohen, ce sont les livreurs de gamelles de Bombay, comme vous l’avez dit il y a quelques instants en introduction. Quelle est la situation  aujourd’hui ?

Il s’agit de la livraison de plus de 250 000 gamelles, chaque jour, en 3 heures, avec un taux d’erreur qui est très inférieur à la logistique non seulement de la SNCF, mais de tous les grands livreurs modernes. C’est très intéressant comme exemple parce que c’est un exemple de système décentralisé qui n’utilise aucun ordinateur, qui n’utilise même pas des gamelles totalement normalisées du même modèle, plusieurs modèles sont admis, et qui fonctionne avec des étiquettes extrêmement simples parce que le personnel est analphabète.

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Maladie d’Alzheimer : dérembourser des médicaments  pour les tuer! !!!

Chronique du vendredi 1er juin 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1839495

 

Avec nous, aujourd’hui, Jacques Cohen, et on va parler d’une thématique santé. Cela faisait un petit moment.

Le sujet du jour : les médicaments qui permettent de traiter la maladie d’Alzheimer qui désormais ne seront plus remboursés. C’est vrai que quand l’on voit ça de loin, on a tout de suite l’impression que c’est un scandale presque absolu. 

Absolument, c’est l’impression première pour un non-spécialiste alors qu’en fait, si j’ose dire, c’est pour la bonne cause. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que la législation et la réglementation sont tellement compliquées que pour retirer un produit il est souvent plus simple d’utiliser une procédure tarabiscotée comme son non-remboursement plutôt que de l’interdire purement et simplement. Ce qui ouvrirait le droit à la contestation pour celui qui était détenteur de l’autorisation, qui va demander s’il y a des faits nouveaux, qui va demander des études, et tout et tout. Alors, c’est faisable et c’est facile quand il y a un gros pépin, mais quand il n’y a pas de gros pépin, qu’il n’y a pas beaucoup de changement par rapport à la situation initiale, et bien c’est difficile d’obtenir un retrait classique, c’est-à-dire un retrait d’AMM ( autorisation de mise sur le marché )

D’où le titre de cette chronique : « dérembourser pour tuer…. » un médicament pas un malade !!!.. Une fois le médicament « déremboursé » c’est le fabricant qui va le retirer du marché faute de pouvoir en vendre suffisamment. 

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L’apoplexie des urgences hospitalières

Chronique du vendredi 23 mars 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1785479

 

Jacques Cohen, rebonsoir !

Rebonsoir !

Alors, c’est vrai qu’avec vous on va parler d’un problème à l’hôpital, vous êtes professeur au CHU de Reims, rappelons-le. Est-ce qu’il y a quand même un problème dans les urgences, Monsieur le Professeur ? Parce que, tout de même, l’on voit qu’il y a une crise de l’offre des soins, une crise de l’organisation des soins, une crise de l’attitude médicale. Parfois, il y a eu quelques évènements, des faits divers. On a retrouvé, malheureusement, des personnes qui sont allées aux urgences et qui n’en sont pas vraiment sorties en bon état.

Et bien, tout d’abord, je dois rappeler que, comme je suis médecin hospitalier au CHU de Reims, je parlerai de tout sauf de Reims. Mais je voyage, je connais ce qui se passe ailleurs, qui a d’ailleurs des ressemblances avec ce qui se passe ici. On ne peut pas parler d’incidents, mais au contraire il y a une situation calamiteuse qui est le symbole de la désorganisation de l’offre de soin. Des milliers de personnes, par jour, passent plus de 4 à 8 heures sur un brancard dans le couloir aux urgences partout en France. Lire la suite