Pompes à chaleur ou usines à gaz ?
JHM Cohen 16/ 4/2026
La chronique d’actualité, cela se passe toujours avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone. Professeur, bonjour.
Sur les ondes de RCF : LIEN en attente
Bonjour.
Merci d’être avec nous aujourd’hui pour parler des pompes à chaleur ou usines à gaz. C’est d’ailleurs le titre un petit peu provocateur de votre chronique. Vous allez nous expliquer bien évidemment pourquoi, Professeur Jacques Cohen. Les pompes à chaleur qui font de plus en plus partie du paysage domestique des Français, j’allais dire d’ailleurs.
Oui, parce que c’est une question d’image de marque. On va manquer de fioul et les pompes à chaleur ont l’image de fournir de la chaleur sans utiliser d’électricité, ce qui bien évidemment est faux.
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arce que personne n’a réussi à passer au-delà du principe de Carnot pour les échangeurs. Et en fait, on va y venir après, mais on va commencer par le mécanisme financier. On a compris que c’est un gadget politique pour montrer que le gouvernement se préoccupe des malheurs des consommateurs en matière de chauffage et d’électricité.
Mais on est vite dans une impasse, parce que dans le même temps on n’ose pas passer en économie dirigée. C’est-à-dire qu’il y a des subventions, alors des subventions de plus en plus compliquées, avec des leasings, avec des tas de trucs, parce que finalement les pompes à chaleur elles sont déjà très chères. Je pense que les pompes à chaleur, c’est au moins autour de 15 000 balles par maison, ce n’est quand même pas négligeable.
Et si on fait des pompes à chaleur avec des sondages profonds qui sont nécessaires pour avoir une efficacité certaine, et bien à ce moment-là les prix s’envolent complètement. Rien à moins de 75 000€
Et d’autre part, plus il faut mettre d’électricité et modifier les systèmes auxiliaires pour avoir un rendement efficace, et c’est bien plus fragile et plus cela tombe en panne. Et quand cela tombe en panne, il faut payer une rallonge, etc, etc.
Donc, les pompes à chaleur sont des usines à gaz comme fonctionnement, c’est un peu provocateur. Et le comble est que la plupart des systèmes de pompes à chaleur sont à peu près efficaces quand il ne fait pas froid. Mais qu’en gros, quand il y a un différentiel thermique important, cela ne marche plus. Et là, pour redevenir sérieux, s’il y a une période de grand froid, d’un seul coup les gens n’ayant plus de chauffage à la maison ou de rien d’efficace vont se jeter sur des chauffages d’appoints électriques qui consomment énormément Et donc finalement le résultat va être parfaitement contre-productif en matière de consommation d’électricité, dont je vous rappelle que cela ne se conserve pas, cela ne se met pas au frigo, et que donc il faut avoir des capacités électriques par définition excédentaires pour s’en sortir.
L’autre aspect de l’usine à gaz, c’est qu’on n’a jamais vu une vache payer les taxes sur le lait. Et qu’à partir du moment où on a un système non-administré et qui est subventionné, et bien quasiment mécaniquement les fournisseurs, c’est-à-dire ici les artisans, vont se goinfrer de la subvention sur le dos du consommateur qui va lui de toute façon finir par payer la facture finale.
Alors il est assez frappant de rappeler que plus personne ne raisonne sur le différentiel thermique qu’on peut obtenir et que à puissance électrique équivalente, les pompes à chaleur ont un rendement extrêmement limité dès qu’il fait froid. Et donc ou bien les gens vont accepter de grelotter s’il fait froid, ou bien tout le monde va tricher en mettant des chauffages électriques. Tout cela après avoir payé très cher des pompes à chaleur qui comportent des succédanés, des astuces, pour essayer d’augmenter un petit peu le rendement, parce que la seule solution pour augmenter sérieusement le rendement, c’est d’obtenir des forages profonds, c’est-à-dire des forages à 200 mètres, et que cela ce n’est pas si facile que à faire et c’est souvent géologiquement impossible, etc, etc. Donc on a un gadget politique qui est la démonstration de la façon dont les politiques se moquent à pieds joints de la réalité des choses techniques parce que ce qui compte c’est l’aspect et l’image. Et puis à partir du moment où c’est l’image, que cela vient de la terre et que c’est donc naturel, ce n’est pas grave qu’en fait que cela consomme soit beaucoup d’électricité, soit cela oblige à se geler parce que ce n’est pas efficace quand il fait froid.
Donc finalement, Professeur Jacques Cohen, à en croire le développement que vous nous faites sur ces pompes à chaleur, c’est qu’on est plutôt proche de l’arnaque que du bon plan quelque part, si on le dit un petit peu vulgairement, familièrement pour dire les choses.
Et bien mettons que cela coûte chaud par rapport à la réalité ! L’arnaque, c’est que malheureusement on encourage les gens à faire des choix défavorables et donc cela revient en quelque sorte à des arnaques effectivement. J’attends impatiemment que l’on voie reparaître des modèles de voiture au gazogène, parce que finalement on peut très bien rouler avec des bûches. C’est une question d’image de marque. C’est ce qui s’est fait dans les années 40.
Et alors pourquoi, Professeur, par exemple le gouvernement aujourd’hui propose des aides pour installer ce genre de dispositif, etc ? Pourquoi on ne peut plus choisir son mode de chauffage ? On sait par exemple qu’on ne peut plus construire un équipement au fioul dans sa maison, par exemple ce genre de choses. Pourquoi se tourner vers les pompes à chaleur si finalement ce n’est pas le remède miracle et qu’à un moment donné, on va quand même consommer de l’électricité comme vous l’expliquez avec des chauffages d’appoint, ce genre de choses par exemple ?
Et bien d’abord parce que on a donc interdit les chaudières au fioul en favorisant le gaz. Je n’ai toujours pas compris comment se fait-il qu’en matière de moteur à explosion il est certain que l’énergie massique du fioul comme carburant soit supérieure à celle du gaz, mais que sur de savants calculs, de tours de bonneteau, on était arrivé à démontrer que le gaz était beaucoup mieux que le méchant fioul qui avait un rendement déplorable, ce qui est complètement faux. Et donc maintenant haro sur le baudet, et on change de baudet, c’est le gaz qui est très vilain, mais on trouve une autre solution qui est en fait le tout-électrique. Mais alors pourquoi à ce moment-là ne pas faire directement de tout-électrique ? Parce qu’on a trouvé ce gadget extraordinaire qui est de prétendre que la pompe à chaleur a un rendement énergétique extraordinaire. Or le rendement énergétique, il dépend comme je vous l’ai dit tout à l’heure du principe de Carnot, et s’il y a un gros différentiel thermique et pas de différentiel avec des forages profonds, ce n’est pas possible. Donc l’astuce c’est qu’on encourage les gens à ne pas se chauffer en pratique, du moins à avoir un chauffage qui ne marchera pas. Et c’est typiquement un gadget politique de pseudo-écologie. Vous savez que je regrette régulièrement que l’écologie soit une matière politique ou de question de foi ou de religion, et non pas une question scientifique, en France du moins, ce qui est quand même dommage. Et donc là on a un exemple extraordinaire avec ces pompes à chaleur dont il faut espérer que le réchauffement climatique évitera qu’elles ne servent trop ou qu’elles ne servent qu’à grelotter par grands froids.
Et aujourd’hui quel mode de chauffage pourrait être celui qui est le plus adapté par rapport à l’époque à laquelle nous vivons avec les différents événements climatiques que nous traversons alors, Professeur ?
Tout d’abord il faut se rendre compte que la consommation électrique diminue en France. Alors c’est la plupart du temps pour des changements d’efficacité des systèmes qui les produisent, mais c’est aussi parce que ce qui consomme c’est l’industrie et que la désindustrialisation a comme reflet la diminution de la consommation électrique. À l’autre côté, c’est qu’on ne fait pas de dumping, alors que si on avait une capacité nucléaire qu’on préservait alors qu’on a en partie abîmé cette capacité, nous pourrions être sur les rangs là où il faut obtenir de l’électricité bon marché et lier des industries à cette électricité bon marché. Parce que la seule soude pour l’industrie, la seule électricité bon marché pour l’instant, il y a l’hydraulique, mais en dehors de l’hydraulique c’est le nucléaire qui a un rendement raisonnable. Les autres électricités comme l’éolien sont des électricités intermittentes et donc il faut disposer de capacités énormes pour rien. Donc ce qui fonctionne le mieux c’est le nucléaire, et on finira par revenir au choix qui avait été fait dans les années 70 à savoir que quand le pétrole est cher ou quand on risque d’être coincé par des producteurs de pétrole ou de gaz, et bien il faut avoir son autonomie, et l’autonomie et la souveraineté c’est le nucléaire.
Et bien en tout cas un grand merci, Professeur Jacques Cohen, de nous avoir éclairés sur les pompes à chaleur ou usines à gaz, c’était le titre de votre chronique aujourd’hui. D’ailleurs vous avez mentionné dans cette chronique le tour de bonneteau, pendant un temps c’était un petit peu votre dada que vous nous racontiez régulièrement, Professeur, cela faisait longtemps que vous n’aviez pas fait de comparaison avec ce jeu d’argent. On était ravis de retrouver vos anciennes expressions, et on retrouve tout cela également sur votre blog jhmcohen.com.
Absolument, mais vous pourrez probablement trouver le bonneteau sous un autre nom si vous allez à Barbès où le vieux français n’est pas très utilisé.
En petits caractères sur le site d’un fabricant: « La PAC est impactée l’hiver par les températures extérieures négatives. Elle se retrouve trop sollicitée. Pour qu’elle garde toute son efficacité durant cette période, il faut la compléter avec une résistance électrique. C’est elle qui continuera d’assurer les besoins en chauffage »
Un exemple du bonneteau: Le POC à géométrie variable !
Le COP : Indicateur de performance d’une PAC
COP signifie Coefficient de performance énergétique. Il s’agit d’un indicateur de rendement pour une pompe à chaleur. Il représente le ratio entre l’énergie utilisée et la chaleur produite par l’appareil. C’est une mesure du niveau de performance énergétique. La plupart des pompes à chaleurs disposent d’un COP compris entre 3 et 7. Pour 1 kWh consommé par la PAC pour fonctionner, celle-ci émet entre 3 et 7 kWh de chaleur.
Pour qu’une pompe à chaleur soit performante, la différence de température entre le milieu extérieur où est puisée la chaleur et les émetteurs de chaleur dans le logement doit être réduite. Ainsi, la performance d’une PAC évolue selon les saisons. Elle pourra être moins efficace par une journée humide ou très froide.
Le COP annuel
Le COP annuel mesure le rendement moyen de la PAC sur une année. Il sert à comprendre l’origine des pertes de rendement lorsque les températures extérieures tombent en dessous de 7°C.
Un compresseur …à gaz !
Le saviez-vous ?
Les pompes à chaleur fonctionnent grâce à un fluide frigorigène. Ces fluides font l’objet d’un contrôle strict, car ils sont très nocifs pour l’environnement en dehors du circuit d’une PAC. En cas de fuite, les fluides frigorigènes R410 ont un pouvoir de réchauffement 2 038 fois supérieur à celui du CO2 sur un siècle (1). Pour vos opérations d’installation et de maintenance sur une PAC, contactez un professionnel RGE. « »
Source:
https://www.engie-homeservices.fr/dossiers/cop-d-une-pompe-a-chaleur
Merci beaucoup Professeur, à bientôt.
