Covid-19, l’illusion du dernier quart d’heure !

Jacques HM Cohen 7 1 22

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On retrouve avec nous le professeur Jacques COHEN pour cette année 2022. Professeur, bonjour !

Bonjour !

Il n’y a pas eu de vacances pour vous, parce que pour les fidèles de votre blog jhmcohen.com, on a vu que même pendant la période des fêtes, vous avez continué à évoquer l’activité de la Covid-19. Une actualité toujours bien chargée d’ailleurs, JC puisqu’à l’heure où la cinquième vague bat son plein, où l’on met en place plusieurs tactiques pour essayer de combattre le pic Omicron, il est malgré tout très contagieux. On a l’impression que l’on va tous être immunisés et que l’on va enfin avoir cette immunité collective. Est-ce que l’on voit enfin le bout de cette épidémie, JC ? Ce serait de bonnes nouvelles pour commencer cette année 2022.

Oui, mais malheureusement, je ne crois pas beaucoup à cette éventualité. Je crois que nous sommes sur un raisonnement du « dernier quart d’heure », que la victoire finale est à portée de seringue et qu’il suffit de quelques immunisations de plus pour que l’on arrive à bout du virus. Malheureusement, cela parait mal barré. À long terme, nous avons le raisonnement qu’une souche atténuée finira par occuper le terrain et donc que l’épidémie, comme toutes les autres, se terminera par quelque chose d’acceptable pour l’espèce. Malheureusement, ce compromis acceptable pour l’espèce peut d’une part comporter un niveau de casse que nous pourrions trouver gênant et d’autre part, il est beaucoup plus probablement chaotique et oscillatoire que linéaire et irénique. Nous avons par rapport au vaccin et à Omicron une bonne nouvelle et une très mauvaise nouvelle.

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Covid-19: un pic Omicron, mais ensuite ?

Pr Jacques Cohen 28 12 21

Sur les ondes de RCF: @ Lien en attente

Comme toutes les semaines, nous recevons le Professeur Jacques COHEN, dans votre chronique d’actus. Bonjour Jacques !

Bonjour !

Il est un sujet sur toutes les lèvres, le variant Omicron. Et vous, vous voulez nous parler de l’après Omicron.

Oui, parce qu’avec Omicron, on sait ce qu’il va se passer. C’est un variant très contagieux qui va monter très haut et très rapidement. D’ici la fin de la semaine, on aura largement enfoncé tous les records précédents du nombre de contaminations. Il reste un peu d’incertitudes sur la gravité, le nombre de malades ayant besoin de soins et le nombre de malades ayant besoin de soins intensifs. C’est très important pour savoir si le système de santé pourra résister. Mais nous sommes dans une montée de pic entamée sur laquelle plus rien ne peut agir. Donc nous allons avoir un pic à encaisser et après, cela va redescendre, assez vite d’ailleurs. En effet, plus les pics montent vite, plus ils sont étroits, plus ils descendent vite, c’est ce qu’il s’est passé en Afrique du Sud.

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Omicron : Noir c’est noir, finalement !

Chronique du 22 décembre 2021

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Comme chaque semaine la chronique d’actualité, plutôt la chronique santé de Jacques Cohen. JC, bonjour.

Bonjour. Et bien effectivement, l’actualité c’est la santé.

Voilà. Alors la semaine dernière, si on se rappelle bien, vous aviez évoqué deux scénarios , par rapport à la Covid-19, un scénario rose et un scénario plutôt noir, et cette semaine vous penchez plus vers le côté noir. Noir c’est noir, c’est cela ?

Et oui, noir c’est noir, même si on peut quand même avoir quelques nuances de gris parce que ce n’est pas l’apocalypse. En effet, l’hypothèse rose parait s’écarter de penser que ce virus de lui-même très atténué ou atténué suffisamment par la vaccination pourrait faire un tour de piste sans faire de casse, et finalement se comporter comme les coronavirus intégrés de longue date dans notre écosystème, comme des choses bénignes avec des petits rhumes. Malheureusement on n’en est pas là ! On n’a qu’une certitude, c’est la contagiosité. On a des estimations de virulence qui ne sont pas totalement certaines, mais on commence à voir des choses en regardant ce qui se passe dans les autres pays. En particulier ce qu’il se passe au Danemark, ce qu’il se passe en Grande-Bretagne et maintenant ce qui se passe aux États-Unis où l’épidémie est repartie sur la Côte-Est et où New York se prépare à avoir un pic très rapidement.

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Covid-19: du rose au noir, les scénarios pour Omicron

Jacques Cohen 16 12 2021

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On retrouve avec nous par téléphone le professeur Jacques COHEN. Jacques, bonjour ! Bonjour !

On avait commencé à parler il y a quelques semaines du variant Omicron et on en sait un peu plus désormais sur lui. Cela va être l’objet de votre chronique d’actu du jour, on va parler de ce que l’on sait. D’ailleurs, Jacques COHEN, sur les différents scénarios par rapport à ce variant Omicron, on entend beaucoup de choses plus ou moins vraies, qui paraissent plus ou moins possibles, qui sont très différentes. Quels sont les extrêmes de ces différents scénarios finalement, Jacques COHEN ?

Alors, nous allons commencer par le scénario rose, de ceux qui pensent que le virus va inéluctablement s’atténuer à la longue s’il reste longtemps parmi nous. Certains pensent que c’est arrivé et qu’Omicron représente le scénario rose parce qu’il est très contagieux, il va envahir et repousser tous les autres et il donne très peu de formes cliniques graves. Ainsi, nous aurions enfin le variant bénin qui balaye l’épidémie. C’est un scénario rose qui n’est pas exclu, mais qui n’est nullement certain.

Le scénario noir est dans l’autre sens, c’est-à-dire qu’Omicron est peu sensible au vaccin. Il est donc capable de donner plus de formes graves puisque l’on constate que les formes graves étaient jusqu’à présent limitées par la vaccination dans la vague Delta que nous subissons actuellement, donc Omicron pourrait en donner beaucoup plus.

D’autre part, comme il est beaucoup plus contagieux, il peut monter avec un front plus raide et donner un pic plus étroit, et qui dit pic étroit, dit quelques jours de saturation hospitalière, on fait sauter la banque.

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Covid-19: des nouvelles du front du pic

Chronique du 10 décembre 2021

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Avec nous on retrouve par téléphone le professeur Jacques Cohen pour sa chronique d’actualité. Bonjour professeur.

Bonjour.

Et on continue de s’intéresser à la Covid-19 avec des nouvelles du front, si j’ose dire, et notamment une première question, JC, sur les vaccins. C’est vrai qu’au moment où on milite pour la troisième dose, JC, on est en droit de se demander est-ce que les vaccins protègent vraiment ?

Les vaccins protègent pour l’instant des formes graves d’une façon franchement significative. C’est une chose importante à dire, car les vaccins protègent beaucoup moins contre la contamination, mais la plupart des vaccinés font des formes très atténuées par rapport à ce qu’ils auraient fait, compte tenu de leurs facteurs de risque, sans avoir reçu le vaccin. La vaccination ne réduit pas suffisamment la diffusion virale pour éviter les pics, là-dessus nous sommes tout à fait déçus, mais cela fait plusieurs mois qu’on s’en doute, cela a des implications sur les choix de stratégie vaccinale, mais ce n’est pas ce que nous traiterons aujourd’hui.

Donc, la diminution de la contagiosité par le vaccin qui pourrait être utilisée pour contribuer à l’éradication ou à diminuer la densité virale en période de basses eaux, quand il y a peu de circulation (en période de pic cela ne sert pratiquement à rien puisque la réduction ne dépasse pas l’ordre de 50%). En revanche, pour ce qui est de la gravité de la maladie, là, la chose est tout à fait nette. Si on regarde les statistiques de patients en réanimation ou sous oxygène, il n’y a pas photo, la réduction est de l’ordre de 10 fois, mais elle n’est pas homogène quand je dis 10 fois parce qu’on réduit beaucoup moins les formes graves chez les sujets en mauvais état que sur des sujets en assez bonne santé. Donc là aussi, il ne faut pas infantiliser la population : les sujets très âgés, fragiles, ou avec des raisons de mal répondre au vaccin, restent vulnérables malgré le vaccin et il faut prévoir des stratégies de protection pour eux qui soient différentes, basées en grande partie sur la distanciation sociale et j’espère bientôt sur les anticorps ou les médicaments en tout début d’infection. Mais malheureusement pour l’instant, on ne dispose que de quantités misérables d’anticorps monoclonaux. Les médicaments eux, il n’y en a pas du tout en France, et nous sommes là dans cette vague, je l’espère pour la dernière fois, où nous n’avons guère de moyens d’intervention.

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