Les Dabbawalah de Bombay comme modèle ! Reconstruire  un maillage  territorial des urgences médicales

Chronique du vendredi 8 juin 2018

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Bonjour Jacques Cohen !

Bonjour.

Ce soir votre sujet, Jacques Cohen, ce sont les livreurs de gamelles de Bombay, comme vous l’avez dit il y a quelques instants en introduction. Quelle est la situation  aujourd’hui ?

Il s’agit de la livraison de plus de 250 000 gamelles, chaque jour, en 3 heures, avec un taux d’erreur qui est très inférieur à la logistique non seulement de la SNCF, mais de tous les grands livreurs modernes. C’est très intéressant comme exemple parce que c’est un exemple de système décentralisé qui n’utilise aucun ordinateur, qui n’utilise même pas des gamelles totalement normalisées du même modèle, plusieurs modèles sont admis, et qui fonctionne avec des étiquettes extrêmement simples parce que le personnel est analphabète.

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Maladie d’Alzheimer : dérembourser des médicaments  pour les tuer! !!!

Chronique du vendredi 1er juin 2018

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Avec nous, aujourd’hui, Jacques Cohen, et on va parler d’une thématique santé. Cela faisait un petit moment.

Le sujet du jour : les médicaments qui permettent de traiter la maladie d’Alzheimer qui désormais ne seront plus remboursés. C’est vrai que quand l’on voit ça de loin, on a tout de suite l’impression que c’est un scandale presque absolu. 

Absolument, c’est l’impression première pour un non-spécialiste alors qu’en fait, si j’ose dire, c’est pour la bonne cause. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que la législation et la réglementation sont tellement compliquées que pour retirer un produit il est souvent plus simple d’utiliser une procédure tarabiscotée comme son non-remboursement plutôt que de l’interdire purement et simplement. Ce qui ouvrirait le droit à la contestation pour celui qui était détenteur de l’autorisation, qui va demander s’il y a des faits nouveaux, qui va demander des études, et tout et tout. Alors, c’est faisable et c’est facile quand il y a un gros pépin, mais quand il n’y a pas de gros pépin, qu’il n’y a pas beaucoup de changement par rapport à la situation initiale, et bien c’est difficile d’obtenir un retrait classique, c’est-à-dire un retrait d’AMM ( autorisation de mise sur le marché )

D’où le titre de cette chronique : « dérembourser pour tuer…. » un médicament pas un malade !!!.. Une fois le médicament « déremboursé » c’est le fabricant qui va le retirer du marché faute de pouvoir en vendre suffisamment. 

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Iran / Israël, les chances de la paix

Chronique du vendredi 25 mai 2018

Jacques Cohen, bonjour
Aujourd’hui, vous allez parler , des chances de la paix entre l’Iran et Israël, et peut-être également, des « chances de la guerre ».
Et bien, l’on voit très bien les risques de guerre d’après les derniers incidents : le drone qui a été envoyé par les Iraniens depuis la Syrie, et l’ escalade qui a suivi. On entend également les déclarations martiales, aussi bien du premier ministre israélien que de l’Arabie Saoudite, mais je voudrais quand même dire qu’il y a une chance pour la paix. Pourquoi y a-t-il une chance pour la paix ? Parce que les deux principaux partenaires locaux, donc l’Iran et Israël, ont tous les deux fait des gains considérables récemment qu’ils ont tout intérêt à consolider plutôt que de tenter d’obtenir une chose de plus qui ferait tout s’écrouler.

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ZAD et facs, soyez réaliste, demandez l’impossible

Chronique du 20 avril 2018

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JPB: Jacques Cohen, alors c’est vrai que l’on a vu depuis quelques semaines des mouvements dans les facs. Même si toutes les facs ne sont pas touchées, un certain nombre d’entre elles l’ont été. Mais on a vu que c’était des mouvements qui étaient très contestataires et parfois qui ne reflétaient peut-être pas forcément la vie de tous les étudiants, en tout cas, ils existent.

Ce sont des mouvements utopistes. Là, il y a une ressemblance parfaite avec mai 68. Ces mouvements utopistes, par définition, sont extrêmement minoritaires. Ils peuvent, dans certaines circonstances, entraîner avec eux beaucoup de monde, mais ce n’est pas tout à fait, semble-t-il, la saison pour cela. Ce qu’il faut regarder, c’est à quoi correspondent-ils, d’où viennent-ils. Les mouvements utopistes sont des mouvements qui rejettent la société dans laquelle nous vivons, et qui espèrent une autre société. En 68, ils arrivaient à définir un certain nombre de choses contre lesquelles ils étaient. Ils pouvaient imaginer une société où la parole serait plus libre, une société où les mœurs seraient plus libres, etc., et où la concurrence économique serait moins marquée.

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Mouvements étudiants: prémices ou fin de ParcourSup ?

Chronique du vendredi 13 avril 2018

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JPB : Jacques Cohen, bonsoir ! Alors, justement, on évoque beaucoup les étudiants en ce moment. Il semblerait quand même qu’à Reims il n’y ait pas un gros gros mouvement. A Troyes ce n’est pas non plus un mouvement exceptionnel. Est-ce que l’on peut dire qu’en 2018 ce mouvement ressemble à celui de 68 ? Parce qu’il y a quand même eu des évacuations de l’université dans quelques lieux de France.

Alors, il y a des ressemblances, il y a des différences. Vous savez que Karl Marx a dit que l’histoire se répétait toujours deux fois, la première fois en tragédie et la seconde en farce. Ce n’est pas toujours vrai, mais il y a quand même des éléments de vérité. Il y a des ressemblances dans les déroulements puisqu’il y a eu quelques incidents et évacuations de facultés occupées, à Nanterre, même endroit que la dernière fois, à la Sorbonne également. Mais il y a d’énormes différences parce que les violences ont été d’emblée très importantes, avec des destructions, un vandalisme important, ce qui n’était pas le cas en mai 68 où les violences sont arrivées bien après le mouvement de masse, comme une façon de le tuer. Et là, avant même tout mouvement de masse, c’est quand même un gros handicap pour l’émergence de ce mouvement de masse.

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SNCF : à découper selon quel pointillé ?

 

Chronique du vendredi 6 avril 2018

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Jacques, bonsoir !

Bonsoir !

Alors, c’est vrai que l’on parle beaucoup de la SNCF en ce moment, et on en parle d’autant plus que l’on n’a pas beaucoup d’éclaircissements. L’on voit des manifestants, l’on voit qu’il n’y a pas de train, l’on voit qu’il y a des trains, ça repart, ça s’en va, mais on n’en connaît pas les raisons. Quels sont les enjeux de ce type de réforme, au fond ?

Les enjeux c’est la structure de la ,ou des sociétés ferroviaires au moment de l’ouverture à la concurrence. L’enjeu est de savoir si l’on fera ce qui s’appelle de l’open access, c’est-à-dire des enchères ou une bourse des sillons pour que des sociétés puissent circuler sur des rails qui seraient conservés par une société nationale ou un EPIC même. Ou si l’on fait des concessions, ligne par ligne ou par zone. C’est-à-dire que l’on donne des rails et les droits d’exploitations à une société qui elle, à ce moment-là, a son petit monopole dans son coin, ce qui n’est pas du tout la même chose. Et le Premier ministre a dit que l’on ne savait pas encore trop bien ce que l’on ferait. Lire la suite

L’apoplexie des urgences hospitalières

Chronique du vendredi 23 mars 2018

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Jacques Cohen, rebonsoir !

Rebonsoir !

Alors, c’est vrai qu’avec vous on va parler d’un problème à l’hôpital, vous êtes professeur au CHU de Reims, rappelons-le. Est-ce qu’il y a quand même un problème dans les urgences, Monsieur le Professeur ? Parce que, tout de même, l’on voit qu’il y a une crise de l’offre des soins, une crise de l’organisation des soins, une crise de l’attitude médicale. Parfois, il y a eu quelques évènements, des faits divers. On a retrouvé, malheureusement, des personnes qui sont allées aux urgences et qui n’en sont pas vraiment sorties en bon état.

Et bien, tout d’abord, je dois rappeler que, comme je suis médecin hospitalier au CHU de Reims, je parlerai de tout sauf de Reims. Mais je voyage, je connais ce qui se passe ailleurs, qui a d’ailleurs des ressemblances avec ce qui se passe ici. On ne peut pas parler d’incidents, mais au contraire il y a une situation calamiteuse qui est le symbole de la désorganisation de l’offre de soin. Des milliers de personnes, par jour, passent plus de 4 à 8 heures sur un brancard dans le couloir aux urgences partout en France. Lire la suite