La chronique d’actualité cette semaine, comme toutes les semaines d’ailleurs le vendredi, avec le Professeur Jacques Cohen. Jacques, Bonjour.
Bonjour.
Merci Professeur d’être avec nous. Et cette semaine, on a entendu parler dans beaucoup de médias, on en a nous-même parlé sur les ondes de RCF en milieu de semaine, de narcotrafic. Vous aussi, Professeur, vous avez envie de décrypter cette actualité ? C’est vrai que le narcotrafic c’est un sujet récurrent dans l’Hexagone, notamment en France et dans le sud de la France, du côté de Marseille par exemple.
Pas seulement du côté de Marseille. C’est une image populaire que d’affecter à Marseille tous les trafics et tous les vices de société française, mais c’est très exagéré, et c’est quelqu’un qui a été au lycée à Marseille qui vous le dit.
La suite Professeur, pour revenir à des choses plus sérieuses.
Le narcotrafic, cela représente une contre-société dont les règlements de compte se terminent comme vous avez vu par des balles. Et l’inconvénient des tirs, c’est que cela peut même toucher des innocents qui traînaient par là. La base sociale, ce sont des zones de non-droit parce que sinon il serait beaucoup plus facile de réprimer cette affaire. Et donc on a là-dessus plusieurs attitudes en France ou à l’étranger.
La chronique d’actualité avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone, Jacques, bonjour.
Bonjour.
Merci de nous emmener aujourd’hui là où la plupart des médias nous emmène depuis plusieurs jours maintenant du côté de Mazan, pour parler de cette affaire avec notamment celui qui est sur le banc des accusés avec d’autres hommes, Dominique Pélicot. Jacques Cohen, qu’est-ce que vous voulez nous dire déjà si l’on fait une photographie de cette affaire Mazan, les faits, rien que les faits, que faut-il savoir ?
Alors les faits, tout le monde en a entendu parler. Il s’agit d’un monsieur qui fait prendre sa femme par une cinquantaine de types sur 10 ans, laquelle est passive parce qu’elle a été droguée, paraît-il au Temesta. Ce qui est surtout frappant, c’est l’opinion publique qui le veut comme incarnation du mal, comme le diable, incarnation du mal, et donc il ne resterait plus qu’à le brûler parce qu’on ne peut pas faire autre chose avec le mal. Et avec une grande surprise, c’est que quelle est la première déclaration à l’audience de ce type, c’est « je suis coupable ». Il en rajoutera même si besoin, parce qu’il est fondamentalement masochiste.
Le ministère de la santé s’intéresse à l’endémie à bas bruit de la souche frappant les homosexuels masculins à partenaires multiples, sans pour autant être capable de l’éradiquer et n’imagine aucun mesure différente pour le clade généraliste épidémique en Afrique quand il va arriver.
Le clade « homotrope » a mis deux ans à s’installer comme endémie sporadique. l’autre clade « généraliste » mettra moins de temps à diffuser, mais n’aura pas le caractère explosif d’un virus respiratoire comme la grippe par exemple. Au passage, je pense que les experts de l’HAS font une erreur d’analyse en parlant de « queue d’épidémie » pour le souche de 2022. A environ 150 cas par an dans une population cible en fait assez restreinte, cela montre qu’ils n’ont pas compris l’installation endémique de la souche avec résurgences à partir de squames secs ou traces desséchées sur les tissus ou les objets, situation habituelle des poxvirus.
Pour contrôler la diffusion du clone de l’épidémie de 2022 devenu endémique, un test d’immunité anti Pox à gros débit en laboratoire serait également à mettre au point en choisissant entre test Anticorps, simple à mettre en œuvre si on peut trouver le bon antigène, ou test de provocation cellulaire in vitro bien plus lourd. Des lésions mineures pourrait avoir été confondues avec des Herpes.
Les mesures clés pour le nouveau clade seraient des tests minutes de terrain de détection virale directe et l’isolement des malades pour 3 semaines avec désinfection des locaux où il y a eu des patients avec bulles. Ce que le ministère de la santé n’imagine pas. La lettre du DGS G Emery à tous les médecins n’envisage même pas l’éviction scolaire des enfants atteints ou d’un parent atteint.Les mesures clés pour le nouveau clade seraient des tests minutes de terrain de détection virale directe et l’isolement des malades pour 3 semaines avec désinfection des locaux où il y a eu des patients avec bulles. Ce que le ministère de la santé n’imagine pas. La lettre du DGS G Emery à tous les médecins n’envisage même pas l’éviction scolaire des enfants atteints ou d’un parent atteint.
En effet, la contagiosité accrue du nouveau clade épidémique actuellement en Afrique, rend illusoire un contrôle par la simple vaccination en cercle autour des cas avec un vaccin Bavarian Nordic qui n’a atteint que 2/3 d’efficacité sur la souche moins contagieuse de 2022 avec 2 injections à un mois d’intervalle et à peine 1/3 d’efficacité pour une seule injection. Chiffres sans doute surestimés par l’abstinence induite par la douleur majeure des lésions virales muqueuses. Durant sa phase contagieuse de 3 semaines, sans isolement strict, un sujet atteint aura largement le temps de diffuser du virus dans son entourage même si on le vaccine.
Jugement des âmes à Moissac. Ce sujet dont les chiens lèchent les lésions est représenté avec des lésions varioliques typiques dont il est décédé.
Cet article sera moins « grand public » que les précédents. Sans pour autant entrer dans trop de détails pour le non-spécialiste. Le lecteur pressé pourra se contenter du « message à rapporter à la maison ».
Deux grandes sections sont à considérer : l’évolution des épidémies de mPox et d’autres Pox dans notre espèce, la panoplie des traitements et vaccins disponibles, et ceux qui seraient souhaitables de mettre au point.
Tout d’abord un message à rapporter à la maison pour les gens pressés :
Take Home message
= si la souche de mPox actuelle donne une épidémie significative en pays développés avec une mortalité supérieure au 1 % chez l’enfant et que le vaccin Bavarian Nordic se révèle incapable de juguler les premiers foyers en vaccination en cercle, il faudra recourir au vaccin historique, qui lui est certainement efficace, mais non dépourvu d’effets secondaires. Sa disponibilité est dépendante des USA , probablement de la Chine et peut-être de la Russie.
= Si l’épidémie présente reste peu grave en pays développés, ce ne sera pas une raison pour attendre la suivante, inéluctablement plus contagieuse et plus mortelle, pour développer de nouveaux vaccins tués avec de nouveaux adjuvant et co-adjuvants, associables à des vaccins mRNA.
= Ce qui ne dispensera pas en attendant de reconstituer notre stock de vaccin historique « seconde génération » dont nous sommes dépourvus actuellement.
Mes précédents sujets sur la variole et les Pox virus :
Ce sujet tente d’expliquer les données du problème à un public non spécialisé, éventuellement même à des décideurs par définition incompétents. Seule au monde, la Suède prend ses décisions dans un conseil de spécialistes dont les avis sont aveuglement suivis par le pouvoir politique….
Après une épidémie d’un clade de Mpox à transmission par effraction muqueuse ayant contaminé essentiellement des homosexuels masculins en 2022, une épidémie d’un autre clade de plus forte contagiosité par contacts non sexuels de proximité touche en RDC plus de 15000 personnes ? Sa mortalité est bien élevée que celle de l’épidémie précédente, globalement de 3 %, en fait de 1 à 10 %% selon l’âge. L’arrivée en Europe de cette souche n’est qu’une question de temps. L’ampleur de ses foyers est imprévisible et les mesures envisagées par les pouvoirs publics d’une grande imprécision sont essentiellement calquées sur l’épidémie précédente alors que la seule chose certaine est que la dynamique épidémique de la souche actuelle ( clade 1 ) sera très différente.