Covid19. L’hypothèse d’une guerre de tranchée sans pic éclair.

Chronique du 15 janvier 2021

Sur les ondes de RCF: @ attente  Covid19 le temps des variants

Jacques COHEN bonjour.

Bonjour.

Avec vous aujourd’hui, on va aborder cette thématique des variants du Covid19 et l’évolution de l’épidémie, les conséquences également sur les vaccins. JC, d’abord le variant britannique, ça y est, il est bien là sur nos terres françaises, j’ai envie de dire.

Alors, il est là depuis un certain temps d’ailleurs, et c’est son avenir la grosse incertitude.

Le gouvernement a suivi une seule option qui est de penser qu’il va gagner, et que non seulement il va remplacer la souche habituelle, mais il va se comporter forcément comme à Londres avec un pic qui devrait survenir en début février. Ce n’est pas exclu, mais ce n’est pas la seule hypothèse, parce que schématiquement les mauvaises herbes pour pousser, il faut aussi qu’il y ait de l’eau, elles poussent quand tout pousse, elles poussent un peu plus vite et elles envahissent. Mais si rien ne pousse parce que c’est la sécheresse, les mauvaises herbes ne se répandent pas largement. Pour que ce scénario se produise, il faudrait, je crois, que le variant britannique échappe à l’immunité acquise par la première vague, parce que si ce n’est pas le cas, il peut changer un peu les choses, mais pas dans des proportions gigantesques. À Londres, il s’est répandu parce qu’il n’y a pas eu un gros pic dans cette ville en première vague.

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Covid19 virus variant, épidémie variable, vaccins…..

Chronique du 08 janvier 2020

sur les ondes RCF@ lien en attente

Et nous, on commence par retrouver le professeur Cohen, lui souhaiter une bonne année, meilleurs vœux, une bonne santé surtout, Jacques bonjour.

Bonjour.

JC avec vous, après 15 jours de repos, on va parler de l’évolution de l’épidémie de la Covid-19. Un virus qui mute notamment, on parle de cette variante qui est arrivée du Royaume-Uni et qui, ça y est, est sur le territoire Français JC. Faut-il s’en inquiéter ?

C’en est une parmi les mauvaises nouvelles, c’est un élément inquiétant, mais qu’il faut relativiser, parce qu’il semble que ce variant ne puisse pas échapper aux vaccins dirigés contre le spike, contre les épines de la couronne du virus, ce n’est pas la même couronne d’épines que celle plus connue sur cette antenne…. Et donc s’il ne peut pas échapper au vaccin, cela veut dire qu’il n’échappera pas à l’immunité acquise par l’infection naturelle. Il ira peut-être un peu plus loin que n’allait la forme classique, parce qu’il est un peu plus contagieux. Alors il faut voir. Quand on dit que c’est de 50 % à 75 % plus contagieux, cela veut dire que parmi les sujets contacts, avec la forme classique, c’est 9,5 % d’infectés, c’est 14 % avec cette forme-là dans une étude anglaise. Il est un peu plus contagieux, il ira peut-être un peu plus loin, mais à mon avis il ne peut pas aller bien loin, il va se briser comme les autres sur le mur de l’immunité acquise de la population – qui va finir par arriver – de l’immunité de barrière, pas encore l’immunité d’éradication. Autre élément, il semble donner beaucoup plus de cas en grande Bretagne, mais il ne donne pas beaucoup plus d’hospitalisés, il ne donne pas beaucoup plus de morts. Ce serait dans la ligne générale de ces variants viraux en fin de pandémie qui sont plus adaptés, donc plus contagieux, mais un peu moins mortels et qui présagent de la génération suivante du virus qui s’adaptera à notre espèce qui donnera un rhume de temps en temps et qui restera chez nous ou qui disparaîtra, on ne le sait pas encore.

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Covid 19 Réponses à des questions fréquemment posées

Jacques HM COHEN 11 01 2021

De nombreuses personnes me demandent mon avis sur leur cas personnel, principalement ces jours-ci.

Pour décider de se faire vacciner ou pas. 

R. Si vous avez plus de 75 ans, faites vous vacciner dès que possible. Votre risque en cas d’infection est très supérieur à celui des vaccins RNA, seuls disponibles en France.

Si vous avez des antécédents allergiques ou auto-inflammatoires sérieux, il vous faudra en revanche attendre qu’un autre type de vaccin soit disponible en France. C’est le vaccin adenovirus d’Astra-Zeneca qui devrait arriver le premier, en principe en février.

Si vous avez un facteur de risque lié à du diabète, un surpoids, une insuffisance d’organe: poumon coeur foie rein… faites vous vacciner quelque soit votre âge.

Si vous avez moins de 50 ans votre vaccination n’est pas souhaitable, tant qu’on ne sait pas si cette vaccination supprime la circulation virale. Vous n’avez en effet aucun risque viral sérieux et les inconvénients des vaccins RNA représentent un risque inutile pour vous. Cela tombe bien, pour l’instant personne ne vous propose de vaccin en France ! 

Si vous avez déjà fait la maladie, vous n’avez aucune urgence à vous faire vacciner, tant qu’on ne sait pas au bout de combien de temps votre immunité anti Covid va décliner.

Si vous êtes un personnel de santé de plus de 50 ans, sans facteur de risque particulier, vous pouvez considérer soit de façon altruiste que vous ne voulez pas piquer sa dose à un plus vieux et attendre un peu, soit au contraire que votre vaccination convaincra les hésitants.

seringue

Une vaccination discutable….

On me pose aussi deux questions personnelles plus ou moins bien intentionnées:

Vous même, allez vous être rapidement vacciné ?

La réponse est hélas non car je vis en France. Mes antécédents médicaux me font placer en contre-indication des vaccins ARN. Si je pouvais bénéficier d’un autre vaccin, virus entier chinois indien brésilien ou autre, spike recombinant Johnson et Johnson ou cubain, ou même vecteur viral recombinant adenovirus Spoutnik ou Astra-Zeneca, je retrousserais ma manche immédiatement !

En fait, qu’est-ce que vous y connaissez en virus et vaccins ?

Je suis médecin et toute ma carrière, même de recherche, j’ai continué à voir des malades, dont des Covid depuis un an. Je suis Pr d’Immunologie ayant passé plusieurs dizaines d’années à l’étude des réponses immunes contre des virus comme l’EBV, l’HIV ou l’hépatite B, les parasites du paludisme…, réponses atypiques soit du fait de l’agent infectieux, soit liées à des particularités de l’individu ou à de l’auto-immunité. J’ai ainsi contribué à la lutte contre le sida. Je figure parmi les inventeurs du brevet de l’un de ses variants. Si notre recherche d’épitopes vaccinaux a été infructueuse, le groupe de travail de l’Institut Pasteur auquel j’ai participé a pu définir les meilleurs épitopes de diagnostic universel. J’ai contribué à l’étude des mécanismes de défense contre les agents infectieux par le système du Complément, notamment à l’étude du rôle des globules rouges dans le contrôle de l’inflammation induite par la réponse immune anti-infectieuse y compris récemment dans la Covid. 

Du point de vue institutionnel, j’ai été responsable du groupe Biologie de Médecins du Monde, J’ai participé comme représentant des ONG au groupe de travail de l’OMS sur les vaccins GAVI, j’ai été membre du conseil scientifique de l’agence du médicament ( aujourd’hui ANSM ), et comme expert judiciaire agréé par la Cour de cassation, j’ai traité des dossiers de sang contaminé ou de  complications vaccinales, réelles ou alléguées.

Mais aujourd’hui vous ne foutez plus rien. Vous êtes devenu commentateur !

Pas du tout ! Je poursuis une activité de recherche, et même un des projets auxquels je participe concerne les vaccins.

Covid19. Les différentes politiques de tests de masse.

Chronique du 29 décembre 2020

Jacques Cohen fait le point sur la pandémie

JHM COHEN 29 112 2020

Avec nous aujourd’hui, Jacques COHEN. JC bonjour.

Bonjour.

Alors il est vrai que dans l’actualité, bien sûr, on a vu qu’un certain nombre de tests  massifs, était lancé dans le département des Ardennes, on arrive pratiquement au terme de cette série de tests. Quel est votre sentiment JC ?

Et bien, on a eu des tests faits à Charleville-Mézières et au Havre, en quelque sorte pour tester la faisabilité d’un dépistage massif dans les conditions françaises. Et les résultats sont assez mitigés, assez négatifs. Il convient d’abord de rappeler qu’il y a trois sortes de tests de dépistage massif, il y a les tests d’éradication proprement dits, c’est-à-dire s’efforçant de faire disparaitre le virus, ce que les Chinois ont fait à Wuhan. Après la retombée du pic quand il reste peu de circulation virale, on écrase celle-ci par un test massif de toute la population. Alors, on peut le faire à l’échelle d’une ville, d’un département, etc. Il faut réunir des capacités de tests importantes et le faire en 4 ou 5 jours, assortis à un confinement sévère, serré, mais de très courte durée. Dans l’optique inverse, il y a l’écrémage, et dans l’écrémage, il y a l’écrémage général et l’écrémage localisé.

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Covid-19: traînée, rebond, plateau : la fantaisie du virus

Chronique du 18 décembre 2020

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2538828

Jacques COHEN bonjour.

Bonjour.

Et vous voulez nous parler aujourd’hui de l’épidémie de Covid-19, évidemment JC, l’épidémie de Covid-19, où en est-on ? Qu’est-ce qu’il se passe aujourd’hui JC ?

On entend beaucoup parler de troisième vague, mais on devrait d’abord analyser ce qu’il se passe actuellement.

Ce qu’il se passe actuellement, c’est le problème de la traînée, le problème des rebonds et le risque d’un plateau. On constate que la décroissance du pic s’est arrêtée, et ceci de façon hétérogène, on va y revenir. Hétérogène, parce que ce n’est pas la même chose selon les endroits. Les endroits qui ont eu un pic important la première fois, ont un pic beaucoup plus bas et de formes émoussées, une bosse si vous voulez. À l’inverse même, dans des endroits où il y a pas eu un pic élevé en première vague, il y a eu un pic élevé la seconde fois . Enfin, certaines régions redescendent rapidement, d’autres marquent le pas.

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