La chronique d’actualité avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone. Jacques, bonjour.
Jacques HM Cohen 12 février 2026
sur les ondes de RCF : :LIEN https://www.rcf.fr/actualite/chronique-dactualite/embed?episodeId=658842
Bonjour.
Merci d’être avec nous pour parler aujourd’hui de la politique de Donald Trump, le président américain, le titre de votre chronique : « Garder l’antenne et conserver l’Audimat, même quand rien n’avance ». C’est peut-être l’occasion justement de faire un tour des différentes actualités qui concernent le président américain, Professeur Jacques Cohen.
Et beaucoup de choses le concernent puisqu’il s’occupe du monde entier, en contradiction d’ailleurs avec la politique sur laquelle il avait été élu, qui était de dire aux gens « démerdez-vous et payez ». Donc là si on fait un petit tour, on est quand même un peu impressionné, non pas sur l’inachevé, l’inachevé c’est un point de vue optimiste, donc qui va terminer, mais je crois qu’en fait ce n’est pas son problème. Son problème, c’est comme à BFM chez nous, ou CNN aux États-Unis, c’est l’audience et d’avoir du spectacle.
Et donc il faut garder l’antenne, même quand il ne se passe rien. Vous avez sans doute en tête des tas d’interviews dans la rue sur le feu rouge va passer au vert, il n’est pas encore passé au vert, mais il va bientôt passer, etc, etc.
En termes de politique internationale, c’est bien sûr caricatural Il y a des négociations interminables sur l’Ukraine, et à chaque fois il annonce qu’il y a une date limite, que cela va bouger, etc. Les dernières nouvelles, c’était qu’il faut que les Ukrainiens fassent des élections, et dans le même temps la question de savoir ce que les Russes veulent manger du Donbass ou pas, devient quasiment secondaire par rapport à cette histoire d’audimat. La question de la mise en place de troupes occidentales en Ukraine est là aussi une ligne rouge bien sûr pour Moscou, mais il essaie de dire qu’on pourrait toujours s’entendre, etc, etc.

C’est-à-dire que les solutions, les voies diplomatiques envisagées, sont des voies impraticables. Impraticables, autant on peut toujours décider que la frontière entre les deux pays va se passer plus ou moins 100 km au sud, 100 km au nord. Mais pour ce qui est du principe d’avoir des troupes de l’OTAN durablement en Ukraine, c’est une ligne rouge pour les Russes qui considèrent que c’est une cause de guerre pour eux. Et de même, la négociation se présente en accordéon, au fur et à mesure que les Russes voient qu’ils ont des possibilités d’avancer, et bien ils vont être dans des positions plus maximalistes et vice versa, j’allais dire. Et donc la négociation américaine, elle ne comporte que l’occasion de ramener, du point de vue des Russes et d’ailleurs des Ukrainiens aussi, de ramener un peu de fric pour Trump et sa bande, il faut dire les choses carrément, en cours de route, parce que cela, cela les calme et cela permet d’attendre.
Donc là, on est dans une situation parfaitement bloquée. Et si on fait le tour, on a d’autres situations absolument catastrophiques. D’abord, il y a l’histoire de l’Iran. En Iran, Trump a annoncé des choses épouvantables qu’il ferait si jamais, etc. Et puis l’insurrection a été matée par les Gardiens de la Révolution et il ne bouge pas, au grand désespoir des Israéliens qui voyaient l’occasion, enfin, de trouver un allié populaire dans la révolte iranienne et de sortir par le haut, si j’ose dire, de l’impasse dans laquelle ils sont eux aussi. Cela on en discutera un petit peu un de ces jours. Mais là, on en est dans une situation ridicule, les Iraniens sont des champions de la négociation où on attend, on mène l’autre en bateau, etc. les Iraniens en sont à discuter : « et si on dilue notre uranium enrichi « ? Mais la question « c’est dans quoi on le dilue ? Si on le dilue dans quelque chose qui permette de le ressortir sans difficulté, cela ne change rien. La seule dilution qui vaille la peine, c’est la dilution entre les deux isotopes. Et donc à ce moment-là, cela oblige à manipuler celui qui est purifié pour pouvoir faire cette opération. Donc c’est une grossière plaisanterie, et Trump fait semblant, lui il n’y connaît rien, mais ses experts ont certainement dû dire tout de suite que c’était une plaisanterie. Lui, il fait semblant et il va continuer à animer avec cette prise d’antenne, « dernière nouvelle », « breaking news », on va pouvoir diluer l’uranium des Iraniens, etc.
En fait la barrière réelle c’est que Trump et les majors américains ne veulent pas voir s’écrouler toute la production du golf pour l’instant. Et donc pour l’instant, la force de dissuasion des Iraniens c’est d’avoir du pétrole et du gaz, et de pouvoir empêcher les autres de s’en servir. Donc cela, c’est quand même aussi un point très caricatural.
Mais bien sûr, il ne se passe rien, puisque la négociation peut être interminable. Les Iraniens sont champions, enfin les Gardiens de la Révolution et le régime iranien actuel. Le peuple iranien malheureusement, lui il a été berné par les promesses américaines et il regardera deux fois avant de s’engager dans une insurrection sans issue, sauf à avoir un appui militaire correct. Les Israéliens, pour l’instant, Trump refuse qu’ils le fassent.
Et si on va à Gaza, et bien là aussi on est dans une impasse totale. Le Hamas a repris le contrôle militaire dans l’intérieur de l’enclave. Il ne veut pas se faire désarmer. Alors là aussi, on peut négocier des plaisanteries du genre peut-être qu’ils pourront garder deux-trois pistolets, etc. Alors que la question est qui garde le pouvoir ? Et qui garde le pouvoir c’est celui qui a le pouvoir au bout du fusil. Et donc on est dans une situation où le Hamas contrôle à nouveau l’enclave, où l’autorité palestinienne est une dérision puisque c’est une fausse autorité. Aucun pays arabe ne veut se mouiller parce qu’il sait très bien que se mouiller, cela veut dire de faire la guerre au Hamas, chacun considère que si les Israéliens peuvent le faire c’est tant mieux, et qu’ils ne veulent pas en payer le prix politique. Ce qui montre aussi que tous ces régimes fonctionnent sur des faux-semblants. Et donc, de la même façon, Trump et ses ouailles, ou ses sbires, continuent à gérer une situation impossible puisque si le Hamas garde le pouvoir politique et militaire dans l’enclave, les Israéliens ne peuvent pas le laisser faire, puisque le Hamas continue à montrer qu’il peut faire une ou deux interventions militaires symboliques par-ci par-là, et donc obliger les Israéliens à garder un dispositif militaire lourd. Et pendant ce temps-là, Trump va raconter qu’il va reconstruire le pays, faire une riviera, etc. Autres choses qui passent peut-être très bien dans l’antenne, mais qui sont impraticables.
Et bien donc on est dans une situation où là aussi rien n’avance, mais on garde l’antenne. C’est le principal problème pour Trump. Garder l’antenne pour lui, c’est aussi éviter qu’on change de sujet. Il a sur les bras l’affaire Epstein, et donc sa politique c’est de noyer les gens sous des milliers et millions de documents, que tout le monde ou presque dans la politique américaine ou dans les affaires est mouillé dans ce genre de choses, et ce n’est qu’une toute petite facette de l’affaire, dont une partie va se dégonfler, parce que naturellement, comme à Outreau on a fini par trouver des choses invraisemblables, et on pourra après montrer que ce n’était peut-être pas tant de choses que cela. Mais il a besoin que l’on ne parle pas trop d’Epstein tant que se passe la déflagration des révélations des liens de ce type avec tous les puissants de la planète. Et bien en attendant il faut garder l’antenne.
Vous avez été très complet, Professeur Jacques Cohen, tout au long de cette chronique bien évidemment. Simplement, c’est une question parallèle par rapport au sujet de votre chronique, vous avez bien parlé de l’affaire Epstein comme on le fait nous sur les ondes de RCF. Mais on entend de plus en plus de gens qui disent l’affaire Epstein, mais je crois que c’est quelque chose qui ne vous plaît pas davantage.
Non parce que je n’ai jamais entendu parler d’Albert Einstin. C’est une prononciation anglo-saxonne pour un terme qui est allemand bien sûr. Et donc que ce soit Albert Einstein ou Monsieur Epstein, je ne vois pas pourquoi on devrait dire Epstin pour singer une faute américaine.
Voilà, cela c’était pour l’éclairage bien évidemment. Plus d’informations, Jacques Cohen, c’est sur votre blog que cela se passe. Les auditeurs connaissent l’adresse : jhmcohen.com. À très bientôt, Professeur.
A bientôt.