La faille d’Epstein : avoir peur des femmes et aimer être papa.

La chronique d’actualité, c’est avec le Professeur Jacques Cohen, en ligne avec nous. Jacques, bonjour.

Vendredi 19/02/2026

Bonjour.

Sur les ondes de RCF : LIEN .https://www.rcf.fr/actualite/chronique-dactualite/embed?episodeId=660828

Merci d’être avec nous pour évoquer de nouveau cette semaine l’affaire Epstein, mais sous un autre angle. Il faut dire, Jacques Cohen, que c’est une affaire qui a de multiples facettes et vous voulez nous en développer, nous en présenter une nouvelle aujourd’hui, Jacques.

Et bien, d’abord on a vu qu’Epstein était un agent d’influence extraordinairement efficace, arrivant à tisser des relations sociales dans des milieux assez variés, et avec des compétences en gestion politique et financière, donc des tas de talents.

Et pourtant, cette andouille, j’allais dire, s’est fait piquer deux fois pour des histoires de mineures. Or, il n’en avait nullement besoin. Il savait aussi qu’aux États-Unis ce sont des choses qui coûtent très cher en en cas de récidive, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est retrouvé au trou pour longtemps, et que probablement il s’en est suicidé, mais pourtant il n’en avait pas besoin.

J Epstein en couple paisible.

Et donc quelle était la pulsion irrépressible qu’il avait, l’ayant conduit à s’occuper de mineures ? C’est un petit peu comme l’histoire de la grenouille et du scorpion d’Orson Welles. Le scorpion finit par piquer la grenouille alors qu’ils traversent la rivière et que si le scorpion pique la grenouille, il va mourir comme la grenouille. Et la grenouille qui est mourante lui demande « mais pourquoi tu fais cela ? », et la réponse du scorpion c’est « parce que c’est mon caractère, because it’s my character ». Il n’a pas pu s’en empêcher, c’est une pulsion irrépressible. Alors pourquoi avait-il une telle pulsion à s’intéresser à des mineures ? D’abord parce que c’est surtout qu’il s’intéressait aux nymphettes. Il s’intéressait aux nymphettes et on le voit par son majordome, il dit que c’était toujours des filles extrêmement minces, voire même qui revenaient encore plus maigres, qui n’avaient pas de seins, pour dire les choses assez vulgairement.

Donc il avait besoin d’être en présence de jeunes filles nubiles, androgynes, et il avait du mal avec les femmes malgré les apparences.

Les vraies femmes, si j’ose dire, celles qui ont des formes et qui sont plus grandes, cela lui posait problème et il avait une terreur des femmes en fait. Et on le voit avec un paradoxe, c’est que dans le même temps il avait besoin de paterner, il avait besoin d’être père. Et là aussi, on remarque une chose dans ce qui est sorti, il y a une fois où je ne sais plus quelle personnalité relativement importante, comme princesse ou je ne sais quoi, qui le félicite d’une naissance, et là il se fâche complètement. Alors soit que cette naissance n’existait pas, c’était un on-dit, soit parce qu’il y a eu un avortement ou je ne sais quoi, mais cela le fâchait prodigieusement.

De même, on trouve Epstein ayant des relations avec des dames, mais des relations asexuées, des relations de père. Il paterne des dames qu’il choisit régulièrement comme ayant eu des misères dans la vie, qu’il va beaucoup aider, et qu’il va paterner pendant des années et des dizaines d’années même. La dernière qui est un peu plus jeune, qui est son assistante de direction qui est biélorusse. Mais auparavant, on a par exemple Caroline Lang. Caroline Lang, elle a eu des misères dans la vie, relatives certes, parce qu’elle s’est retrouvée plaquée avec deux gamins. Enfin, c’est malheureusement quelque chose qui arrive assez souvent, et elle a été très bien recasée, non seulement par sa famille, mais aussi par des tas de relations. Et il va s’en occuper de même, que de son avocate, et ainsi de suite.

Il a des relations avec des dames, mais des relations qui ont un caractère précis : ce ne sont jamais des relations sexuelles. Et il a ainsi ce plaisir de paterner et d’avoir une attitude protectrice pendant des dizaines d’années pour des dames.

Et donc il y a ce hiatus entre d’une part la phobie des femmes pour les relations sexuelles le conduisant à ne s’intéresser qu’à des choses inachevées et non pas des vraies dames avec qui il aurait des relations équilibrées d’une part, et d’autre part quand il a affaire à des vraies dames il peut les paterner, mais il ne couche pas avec, si j’ose dire.

Justement, Professeur Jacques Cohen, par rapport à ce développement que vous nous présentez, on imagine que c’est des cas qui peut-être ont été étudiés en psychologie, que c’est synonyme et révélateur d’autres choses derrière par rapport au personnage qu’est Jeffrey Epstein ?

Et bien effectivement, Epstein ce n’est pas DSK, il ne saute pas sur tout ce qui bouge. Il utilise des tas de gens, il organise ce qu’on appelle en russe des Kompromat, etc, etc. Il organise aussi des partouzes et des tas de choses de genre. Mais finalement, il ne consomme pas beaucoup, et surtout ce qui l’intéresse c’est d’avoir des relations, j’allais dire, paisibles et durables avec des femmes, sans relations sexuelles, et puis de temps en temps il ne peut pas s’empêcher justement d’avoir des relations sexuelles avec des mineures, c’est-à-dire avec des femmes qui ne le sont pas encore.

Et donc c’est qu’il a une phobie des femmes en tant que femmes normales, donc qu’il y a probablement une phobie ou quelque chose qui remonte à sa petite enfance en relation avec sa mère.

Et quand vous nous présentez les choses comme cela, finalement on a l’impression qu’une sorte de piège s’est refermé sur Jeffrey Epstein en se disant que c’est les histoires avec ces mineures justement qui l’ont un peu piégé en tant que personnage.

Absolument, il était tout à fait efficace comme agent d’influence multiple, et puis s’être fait piquer une fois, à la limite s’il n’a pas demandé la carte d’identité cela aurait pu arriver. Mais il n’a pas pu s’empêcher de continuer à viser ce genre de gamine androgyne et cela lui a coûté très cher. C’est un peu l’histoire, je vous disais, de la grenouille et du scorpion où le scorpion ne peut pas s’empêcher de piquer, et Epstein ne peut pas s’empêcher d’y repiquer alors qu’il est à la merci d’une récidive qui va lui coûter très cher. C’est la question de la force irrépressible, de quelle force irrépressible s’oppose à la volonté du sujet et le conduit à faire inéluctablement ce qui le conduit à sa perte.

La faille d’Epstein, l’homme qui avait peur des femmes et qui aimait tant être papa. C’était l’objet de votre chronique aujourd’hui, Professeur Jacques Cohen, et on aura certainement l’occasion de découvrir encore de nouvelles facettes de Jeffrey Epstein, que ce soit dans vos chroniques ou à travers d’autres sujets bien évidemment, puisqu’on n’en a pas fini d’en parler de cette affaire qui défraie la chronique depuis plusieurs semaines maintenant. Merci Professeur Jacques Cohen d’avoir été avec nous. Plus d’infos, c’est sur votre blog jhmcohen.com.

Oui, oui, l’épisode de la semaine, c’est le jeu de quilles qui a fait sauter la malheureuse Madame Azoulay de l’UNESCO pour avoir recasé, sur ordre, bien sûr, un type ayant eu des comportements justement pédophiles parmi le personnel diplomatique français à Washington.

Que des joyeuses choses sur votre blog, Jacques Cohen. Merci beaucoup en tout cas pour ces éclairages dans les faits divers. À très bientôt, Professeur.

Je ne crois pas qu’elles soient joyeuses, je crois qu’elles montrent le fatum, le destin et l’irrépressible attitude d’Epstein, comme pour d’autres personnes dans d’autres situations psychologiques ou psychiatriques. La volonté c’est quelque chose de très bizarre et cela peut aussi bien être la volonté d’agir que la volonté infernale, l’attracteur étrange de se retrouver dans une situation dont on sait pourtant qu’il ne faut pas y mettre le doigt.

Et bien tout cela, on le retrouvera certainement sur votre blog. A bientôt, Jacques Cohen.

A bientôt.

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