La chronique d’actualité cette semaine avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone. Professeur, Bonjour.
Bonjour.
Jacques HM Cohen 19/11/2025
sur les ondes de RCF : LIEN attente « https://www.rcf.fr/actualite/chronique-dactualite/embed?episodeId=634232 »
Et on entend derrière vous quelques gouttes de pluie. On rassure nos auditeurs, vous êtes à l’abri. cela ne perturbe pas davantage la chronique, on va bien entendre vos propos, il n’y a pas de problème, Jacques Cohen, vous y reviendrez si vous voulez. Aujourd’hui en tout cas, le thème que vous avez choisi, c’est de nous parler de l’Ukraine et en particulier de Zelensky. Zelensky, triomphe en Europe mais fin de partie en Ukraine. C’est la question qui est posée, Professeur Jacques Cohen. Pourquoi ce choix cette semaine ?
Et bien parce qu’il y a un contraste considérable entre une tournée triomphale des pays d’Europe pour aller faire son marché, et d’ailleurs son marché à crédit, parce qu’il n’a pas un sou, de la part de Zelensky et des Ukrainiens, et que les Européens se retrouvent à vouloir se partager, c’est le cas de le dire, le mistigri pour savoir qui va payer les additions phénoménales que la guerre en Ukraine représente, et également l’escalade progressive qui est que maintenant l’Ukraine ne peut plus assurer même ses dépenses courantes.
Il faut que l’Europe mette la main à la corbeille, et récupère des sous. Or, l’idée qu’il suffirait de piquer l’argent des Russes, c’est une idée extrêmement simpliste.
J’ai déjà fait une chronique à ce sujet là, parce que d’une part les Russes ont tous les moyens dans la chambre de Clearing luxembourgeoise ou belge de réclamer en fait leur dû et d’avoir des représailles significatives. Et en plus tout ceci serait une catastrophe au point de vue de la crédibilité de la parole de l’Europe pour les pays autres, dont les pays du Golfe, qui considéreront que si quand les gens ne leur reviennent pas et que leurs créanciers ne leur reviennent pas, que les Européens sont capables de piquer dans la caisse directement, cela sera un effondrement de confiance et donc un effondrement monétaire. Mais donc sur l’aspect liste de commandes et Zelensky faisant le tour pour dire qu’il peut continuer à faire la guerre très longtemps à condition que les Européens payent et que les Européens font semblant de le croire, pour l’instant tout cela est un grand succès pour lui.
Mais dans le même temps, il y a quand même plusieurs problèmes. Le premier, c’est que la situation militaire se dégrade progressivement et que le choix de Zelensky de ne pas accepter de cessez-le-feu sérieux, alors que Poutine a comme réponse « et bah très bien, on va continuer à bouffer, à grignoter des bouts d’Ukraine progressivement ». Effectivement, le fait d’avoir refusé un cessez-le-feu il y a maintenant plus de trois mois, c’est que les Ukrainiens finissent par considérer que c’est bien gentil les coups de menton, seulement si cela consiste à payer sous forme de territoires perdus et de morts, surtout de morts, ce n’est peut-être pas une extraordinaire solution. Zelensky vient de tenter une nouvelle pirouette qui est de dire que finalement c’est bien vrai qu’on n’avait pas tellement envie de voir un cessez-le-feu il y a trois mois, mais que maintenant peut-être qu’on peut rediscuter sur de nouvelles bases.
L’ennui, c’est que les Russes aussi savent négocier et que sachant beaucoup plus pris à la gorge, ils vont négocier beaucoup plus dur. Je pense que les Russes vont maintenant non pas vouloir un bout de Donbass, mais vouloir récupérer l’oblast de Zaporijia, ce qui est d’ailleurs ce qu’ils ont commencé à faire. Ils ont commencé à se préparer, à le faire militairement, en récupérant toute la partie sud de l’oblast de Zaporijia et également probablement Zaporijia qui est la seule ville qui soit adossée au fleuve, seule grande ville sur laquelle il soit possible pour les Russes d’escompter une prise d’une grande ville dans les trois à six mois. Donc de l’autre côté justement, Zelensky est très ennuyé, parce qu’il y a ses proches les plus proches, si je puis dire, qui sont visés par des enquêtes de corruption.
Alors c’est comme toujours les enquêtes de corruption dans un pays où la corruption cela se trouve quand même à tous les coins de rue, c’est qu’il y a des gens qui se préparent à lui faire la peau, et qui commencent à le déconnecter, à le désafférenter de ses soutiens les plus anciens. Il y a le producteur de télé qui était son compagnon depuis 20 ans, qui a quand même mis au point une arnaque relativement simple qui est qu’une société de moteurs doit fabriquer des drones, mais seulement elle le fait par l’intermédiaire d’une société de production télé qui prélève une sérieuse dîme au passage. Donc cela c’est quand même très ennuyeux, surtout à partir du moment où les Européens et les Américains vont commencer à se dire qu’on veut bien payer, mais payer avec des factures gonflées, etc, c’est peut-être quand même assez gonflé justement d’agir ainsi.
Et on avait donc ces trois personnes déjà qui avaient été mises en examen, de même que Kolomoïsky, son financier et celui qui l’a fait roi, qui a permis par sa chaîne de télé d’avoir sa série, s »serviteur du peuple », etc, lui aussi il a des misères.
Mais surtout, là, les deux proches de Zelensky ne me paraissent qu’un hors d’œuvre parce que maintenant est mis en cause Yermak. Alors Yermak, c’est non seulement le plus proche de Zelensky, mais c’est quasiment non seulement la voix de son maître, mais peut-être la cervelle de son maître. Et donc si les producteurs de télé de Zelensky sont déconnectés et peu à peu comme mis en examen, que Yermak, qui est le réel Premier ministre, lui aussi se retrouve en situation d’être hors circuit, cela va poser d’énormes problèmes à Zelensky de survivre, d’une part parce qu’il pourrait difficilement survivre sans sa cervelle, et d’autre part parce qu’il ne va pas lui rester grand-chose à part de courir à l’international comme la seule planche de salut qu’il a. Il a un carnet d’adresses, il a une image de marque et il est utile aux Européens, et que donc il ne survit plus que là-dessus. Reste à voir si un appui extérieur, alors que sa situation intérieure interne est de plus en plus précaire, si cela peut suffire ou pas. On a vu beaucoup d’exemples en France où des présidents ou Premiers ministres, et surtout des présidents, s’étaient beaucoup agités pour compenser à l’international leurs déboires sur le front intérieur, cela n’a jamais permis de durer très très longtemps. Donc là on peut effectivement prédire comme je pense que c’est le début de la fin pour Zelensky.
Professeur Jacques Cohen, justement par rapport aux différentes facettes que vous nous présentez de ce qu’il se passe actuellement dans l’actualité ukrainienne, et en particulier autour de Zelensky, est-ce que l’on peut dire que le Président ukrainien Volodymyr Zelensky devient presque un personnage controversé dans son propre pays ?
Controversé, cela fait déjà un certain temps. Il avait une opposition, laquelle était peu audible en France. Mais du point de vue ukrainien, il y a quand même énormément de déçus.
Et bien en tout cas un grand merci, Professeur Jacques Cohen, de nous avoir parlé du Président ukrainien Zelensky, qui triomphe en Europe mais qui pourrait voir la fin de partie arriver plus vite que prévu en Ukraine. On retrouve plus d’informations comme d’habitude comme chaque semaine sur votre blog, jhmcohen.com, et on se retrouve la semaine prochaine Jacques.
