Un jour, Gaza en France ?

Jacques HM Cohen 26 10 223

Sur les ondes de RCF: LIEN

Avec nous par téléphone, on retrouve le Professeur Jacques Cohen pour sa chronique d’actualité. Bonjour Jacques.

Bonjour.

Le titre de votre chronique est éloquent, un jour : Gaza en France, la question est posée. Avant même de s’intéresser au cas français, Jacques Cohen, on va quand même faire une photographie de ce qu’il se passe à Gaza actuellement, aujourd’hui où en sommes-nous, Jacques Cohen ?

Alors, il y a eu une incursion terrestre que beaucoup considèrent comme le début d’une intervention majeure. Je pense que ce n’est qu’un tout petit élément pour l’instant. Il s’agit de faire du Haussmann. Vous savez que le Baron Haussmann avait surtout fait des grandes avenues pour qu’on n’ait plus de problème de quartiers inextricables en cas d’émeutes et de guerre civile. Et bien, c’est ce qui est commencé, c’est-à-dire d’avoir des plates-formes de départ complètement dégagées, où on a tout ratatiné, et puis d’avoir des grands couloirs éventuels entre les deux, des grands couloirs qui permettent d’avoir des espaces dégagés et pour cela il faut tout détruire. C’est ce qui a été fait par les Américains à Mossoul, à Raqqa, à Falloujah. Et en plus il y a cette fois-ci ce qu’il n’y avait pas dans ces villes, la question des tunnels. Et celle des otages.

Lire la suite

Gaza : Aucun camp n’a une bonne solution.

Jacques HM Cohen 19 10 2023

Sur les ondes de RCF: LIEN @en attente

Avec nous par téléphone on retrouve le Professeur Jacques Cohen pour sa chronique d’actualité. Professeur Bonjour.

Bonjour.

Dès le début des événements à Gaza, vous nous aviez parlé de leur caractère inhabituel et de l’absence de solutions politiques notamment pour les Israéliens, c’est le sujet de votre chronique aujourd’hui. Où en est-on Professeur ?

Et bien le point plus frappant c’est absence de solution politique pour tous les participants, si j’ose dire. Que ce soit le Hamas à Gaza, que ce soit les Israéliens ou que ce soit les Américains qui voudraient rester parrains de l’ensemble du Moyen-Orient, et accessoirement d’ailleurs les Russes aussi qui n’ont pas de solution transcendante, obligés de faire le grand écart. Si on commence par les Israéliens, le gouvernement de B Nétanyahou, parce qu’il avait une opposition qui était minoritaire mais qui grossit beaucoup depuis cette affaire. Ils ont depuis des années, depuis 2006, consciencieusement choisi d’avoir un adversaire extrémiste pour une guerre perpétuelle contrôlée, plutôt qu’une solution de paix avec deux États.

Lire la suite

Israel après l’Arménie: l’illusion de la guerre victorieuse perpétuelle

Jacques HM Cohen 8 10 2023

Sur les ondes de RCF:LIEN

En 1998, le ministre russe Eugène Primakov, ancien du KGB, né à Kiev, qui avait vécu son enfance dans le Caucase du sud, a expliqué en vain aux arméniens alors victorieux depuis 1994, ayant envahi plusieurs provinces d’Azerbaidjan pour rattacher et sécuriser le Haut Kharabagh, qu’il fallait négocier et faire la paix entre Bakou et Erevan. Sinon, un jour dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, leurs ennemis trouveront la faille et le rapport de force pour reprendre par les armes ce qu’ils avaient perdus et sans doute pousser leur avantage au delà. C’est très exactement ce qui s’est passé, dans le délai prévu. J’avais prévu d’en faire un avertissement pour Israël dans ma chronique de cette semaine. Le Hamas s’en est chargé avant moi.

Lire la suite

Conflit Arménie-Azerbaïdjan : L’Europe part en guerre en paroles.

Jacques HM Cohen le 4 10 2023

Sur les ondes de RCF: LIEN .

La chronique d’actualité avec le Professeur Jacques COHEN. Bonjour Professeur.

Bonjour.

Nouvel épisode dans le conflit Arménie-Azerbaïdjan, si l’on fait une photographie de la situation dans le Haut-Karabakh, Professeur Jacques COHEN, qu’est-ce qu’on voit à l’image ?

Déjà ce que l’on voit, c’est que le Haut-Karabakh a été vidé de ses habitants quasiment intégralement. On voit aussi qu’ils sont partis, si j’ose dire tous seuls ou du moins devant les menaces réelles ou supposées, et cela ce n’est pas tout à fait ce qu’avait prévu Bakou c’est-à-dire l’Azerbaïdjan. Alors, l’Azerbaïdjan aurait pu jouer sur du velours sur le thème « nous garantirons la même autonomie que du temps de l’Union soviétique », mais il n’a pas pu s’empêcher d’enlever les panneaux sur les routes avec les inscriptions en Arménien pour le nom de la ville, d’arrêter les dirigeants arméniens du Karabagh, etc. Ceci pose aussi pour les Azerbaïdjanais un autre problème, ils ont assez astucieusement fait uniquement rentrer en ville des forces de police et surtout pas l’armée. Sauf qu’il n’y a personne et il va être très très difficile pour eux de montrer une coexistence pacifique avec les Arméniens, puis qu’il n’y en a plus. Donc déjà, je vous ai dit changer les panneaux des routes n’était pas déjà une très bonne idée et le retour à de mauvaises habitudes, mais comme en plus ils ont arrêté certains dirigeants des indépendantistes Arméniens, cela ne les met pas dans une situation totalement démonstrative de leur bonne volonté et finalement il faut regarder un peu plus loin effectivement.

Lire la suite

Haut-Karabagh, changement de souveraineté ou exode d’arméniens

Jacques HM Cohen le 20 9 2023

Sur les ondes de RCF: LIEN

Avec nous, par téléphone, on retrouve le Professeur Jacques COHEN, pour la chronique d’actualité. Professeur bonjour.

Bonjour.

Vous étiez avec nous, il y a quelques jours, pour nous parler du conflit Arménie-Azerbaïdjan. On a parlé d’un feuilleton avec des épisodes qui s’enchaînent, et cela va tellement vite dans cette saison que l’on est obligé de vous retrouver aujourd’hui, Jacques COHEN, parce qu’il faut dire que les évènements se précipitent.

Oui. L’événement important est que Bakou a décidé d’anéantir la capacité militaire des arméniens du Haut-Karabagh. Il faut bien faire attention. Il ne s’agit pas des arméniens de la République d’Arménie et donc de l’armée arménienne, mais il s’agit du réarmement discret comme milice de la population du Haut-Karabagh. Je vous rappelle, non pas toute l’histoire, mais que les arméniens n’avaient pas tout à fait respecté ou traînaient les pieds, suite à l’accord de cesser le feu, après la guerre de 2020 et n’avaient pas libéré totalement le corridor reliant le Nakhitchevan, qui est dépendant de Bakou, qui est azerbaïdjanais et fait partie de la République d’Azerbaïdjan en réponse de quoi, les gens de Bakou avaient plus ou moins bloqué, puis totalement bloqué le Corridor de Lachin qui lui relie le Haut-Karabagh à l’Arménie, et puis on en était là. Lire la suite