Le variant Pirola, les habits neufs d’automne du covid en 2023.

Jacques HM Cohen 3 9 2023

Encore un variant du sars-cov2 ! D’où vient-il et quelle épidémie va-t-il causer ?

On se retrouve dans cette Nième saison de la série covid, avec un récit finalement très proche de l’arrivée d’Omicron, le scénariste en mal d’inspiration ayant tendance à se répéter ! Il s’agit d’un variant avec une trentaine de mutations d’un coup, qui semble, mais cela reste à démontrer, être capable de parcourir la planète en écrasant ses concurrents, les autres variants.

Qui pourtant ont créé un pic estival non négligeable. Il faut noter que l’abandon volontaire par les pouvoirs publics des outils de suivi ou le retour aux cachotteries, par exemple sur l’analyse des eaux usées empêchent tout suivi fin des bouffées épidémiques. Tout au plus

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Le Pirola et son vrai nom….

peut-on noter que les formes graves qui vont en réa pour assistance respiratoire ne semblent pas exploser malgré un pic certain dans la population générale en juillet août. Mais peut-être verra-t-on dans 3 mois par les relevés de mortalité que les personnes âgées qui en pratique ne sont plus guère admises en réa sont en fait plus mortes, si je puis dire durant ce pic.

Mais ce que je viens de vous dire ce n’est pas, ou pas encore Pirola. Donc revenons à nos moutons. L’épidémie de Pirola débute avec de bonnes chances de parcourir la planète. Et on ne peut en prédire les contours dont la mortalité.

Revenons donc à son origine. Comme pour Omicron, une souche si loin de la précédente, ne peut venir que de 2 origines : un immunodéprimé porteur chronique qui sélectionne cette souche en quelques mois. Ou un passage par une espèce animale nous renvoyant le virus qu’on lui avait confié. Je penche plutôt pour la seconde hypothèse car la première suppose efficace un réservoir unique alors que dans la seconde de nombreux individus d’une espèce peuvent concourir à la sélection virale.

Mais quand même la question, ce sont les formes graves. En verra-t-on et chez qui ?

La loi générale d’atténuation d’un virus qui s’installe dans l’espèce, sans envisager de disparaître a des limites ! D’abord l’atténuation peut être en dents de scie et de plus, elle prend du temps. Et puis nous avons créé un milieu de culture artificiel : les immunodéprimés thérapeutiques, chimiothérapies, transplantés, maladies auto-immunes traitées…. En plus de ces populations, le virus par lui-même a trouvé son gibier : les gros, les diabétiques ( ce sont souvent les mêmes ), les trisomiques, et les vieux. Il est peu probable qu’un variant change de public. Sauf le très hypothétique variant « bouquet final » méchant mais trop pour survivre après avoir été capable d’éradiquer ses congénères. Cela s’est déjà vu pour des coronavirus. Mais l’hypothèse d’un virus rejoignant le peloton des virus respiratoires qui tentent une échappée de temps à autre reste plus probable.

Quel sensibilité de cette souche aux vaccins développés contre les variants précédents ?

En fait la situation vaccinale est étrange depuis longtemps. L’immunité vaccinale, pas plus que l’immunité naturelle, ne prévient pas les ré-infections et le vaccin ne supprime pas le portage ni la diffusion respiratoire et fécale du virus. La protection vaccinale spécifique semble très faible d’une famille de souches à un autre famille. Et pourtant, et c’est le paradoxe, les vaccins ont jusqu’ici indiscutablement réduit les formes graves. Mon hypothèse est qu’il s’agit d’un effet non spécifique d’antigène comme stimulation immunitaire, voire simple amélioration transitoire de la barrière muqueuse. Ce qui serait en accord avec la faible durée de cette protection au contraire des habitudes vaccinale après de nombreux rappels.

Faut-il se faire (re) vacciner ? Si vous avez plus de 70 ans ou un facteur de risque et que vous n’avez pas été infecté par un sars-cov2 dans les six mois précédents, je pense que oui. En revanche, je pense inutile, tant qu’on n’a pas de vaccin conférant une immunité muqueuse, car inefficace vis-à-vis de la transmission, de tenter de protéger toute la population.

D’autre part, le taux d’effets secondaires des vaccins RNA chez les hommes jeunes ( myocardites ) doit les faire prohiber chez les mâles de 12 à 40 ans, sauf facteur de risque.

De façon curieuse, sans doute liée en partie à leur efficacité initiale spectaculaire, les vaccins RNA sont seuls disponibles. Il est à mon sens fort regrettable qu’aucun vaccin à virus entier tué adjuvanté ne soit diffusé dans notre pays comme d’ailleurs dans les autres pays développés occidentaux. Car leur efficacité sur les formes graves est peu différente de celle des vaccins RNA, tandis que leurs effets secondaires sont considérablement moindres. Les vaccins à adenovirus recombinants ont eux été discrédités par leurs complications liées à la coagulation.

Cela va encore durer longtemps ce covid ? ?

On ne sait pas ! L’émergence d’un variant à peu près inoffensif a pris 15 ans pour l’un des précédents coronavirus entré dans notre espèce en 1890. Un autre a disparu sans crier gare après un bref passage de 3 ans au milieu du XXème siècle. L’analyse des épidémies catarrhales du 16 éme siècle à 1780 montre que la grippe n’a pas toujours été le virus respiratoire prédominant, laissant sans doute de la place à des coronavirus. Le paysage grippal s’étant considérablement affadi depuis 50 ans laisse peut-être place à un monde de coronavirus. Mais l’influenza n’a peut être pas dit son dernier mot et pourrait reprendre la prééminence. En quelque sorte, ceux qui sont fatigués du Covid, peuvent guetter le retour de virus grippaux plus musclés.

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