Le Keynésianisme militaire enrayera-t-il le crépuscule allemand ?

Le Keynésianisme militaire enrayera-t-il le crépuscule allemand ?

Professeur J HM Cohen 14/05/2026

sur les ondes de RCF LIEN en attente

On retrouve le Professeur Jacques Cohen pour la chronique d’actualité avec nous par téléphone. Professeur, bonjour.

Bonjour.

Avec un terme aujourd’hui, le keynésianisme militaire enrayera-t-il le crépuscule allemand ? Avant même de répondre à cette question que vous posez aujourd’hui, Professeur, on va vous demander de nous expliquer deux-trois termes, à commencer peut-être par le keynésianisme, de quoi s’agit-il ?

Alors le keynésianisme, c’est la politique liée à la doctrine de Keynes qui est la relance par les travaux, les infrastructures et accessoirement cela peut être aussi une relance par la consommation. C’est ce qu’on a fait par exemple après le choc pétrolier des années 70. Donc c’est l’idée qu’il suffit d’arroser et cela fait repartir la machine.

Alors c’est loin d’être évident. On a longtemps dit que le keynésianisme c’était la politique de Roosevelt, du New Deal, et des grands travaux, et que cela avait vachement marché, mais ce n’est pas du tout aussi simple que cela.

D’abord parce que Roosevelt n’a rencontré Keynes qu’au début des années 40, bien après avoir développé sa politique. Et d’autre part, la politique de Roosevelt n’a pas été couronnée de succès, ou au moins immédiatement comme on l’a dit. Il a fallu presque 7-8 ans, et en fait elle n’a franchement démarré Et commencé à fonctionner que grâce aux investissements de l’industrie de guerre.

Schacht qui mis en oeuvre la politique de dépenses militaires des nazis, avant d’en prédire la faillite ….

Les investissements de l’industrie de guerre aux Etats-Unis, démarrent en 38-39, et ils démarrent financés paradoxalement par la France. Et ce qu’on oublie, c’est que la France a commencé à acheter sérieusement aux Etats-Unis du matériel de guerre. Et pour une somme importante. Et c’est cela qui a permis non seulement de construire les usines à temps, mais aussi ce qui a d’un seul coup ou presque relancé la machine économique.

On appelle donc keynésianisme militaire toute politique basée sur l’augmentation des dépenses militaires.

Alors évidemment, c’est ce que propose le chancelier allemand actuellement, on verra plus tard pourquoi, mais auparavant c’est malheureusement aussi ce qu’avait proposé le Docteur Schacht en Allemagne pour l’Allemagne nazie. Et cela avait un un certain temps pas mal marché.

Avant même que vous continuiez vos développements, parce que je sens que vous commencez à nous parler de l’Allemagne d’une certaine époque, le crépuscule allemand dans votre chronique, dans le titre de cette chronique, dans cette question que vous posez, le keynésianisme militaire enrayera-t-il le crépuscule allemand, que faut-il comprendre par-là alors, Professeur ?

Et bien, je crois qu’on va y venir très bientôt, quand on aura compris pourquoi les Allemands actuellement sont tentés par le keynésianisme militaire.

Donc, pour terminer sur le keynésianisme militaire, le Docteur Schacht a promu une politique de dépenses d’État basée sur le réarmement. Mais il y avait un gros problème, c’est qu’il avait prévu Schacht, que cela ne pourrait pas durer éternellement si la balance des paiements allemande continuait à se dégrader, c’est-à-dire si l’Allemagne vivait sur ses réserves. Il avait même dit en 1939, que cela n’allait plus durer bien longtemps, parce que la ReichBank serait en faillite courant 1941, vous voyez que ce n’était pas très loin, et qu’il fallait trouver des solutions pour mettre en place une politique économique différente.

Ce à quoi Goering avait répondu qu’il n’y a aucun problème, d’ici là les dépenses on va les financer tout simplement par le pillage des pays qu’on aura conquis et leurs réserves de change. Donc ce keynésianisme militaire, on a dit qu’il n’avait qu’un temps, qu’il avait un coefficient de relance qui n’était pas si important que cela. C’est surtout ce qui a été dit de façon politiquement correcte récemment, mais je crois que le paramètre principal c’est la balance des paiements. Si un pays dépense plus que ce qu’il ne produit, cela ne marche pas très longtemps, parce que la relance elle s’effondre, Lorsque qu’on continue à dépenser plus que ce qu’on gagne.

C’est un peu le problème qu’a l’Allemagne actuellement. C’est-à-dire que ce pays qui était basé sur une industrie qui lui permettait d’importer peu et d’exporter beaucoup, est confronté à la concurrence de la Chine et donc la relance économique par le keynésianisme militaire va être limitée par cette concurrence-là qui risque de gérer gêner sérieusement l’industrie allemande dans sa reconquête en quelque sorte.

Et donc on a ce problème de voir qui finalement à le Mistigri. Les Etats-Unis qui ont fait du keynésianisme gràce au système de Bretton Woods et le fait qu’ils pouvaient renvoyer leurs dettes sur le reste du monde, se trouvent quand même très limites maintenant pour le faire. Et est-ce que l’Allemagne va pouvoir, grâce à une période de keynésianisme militaire, restaurer la compétitivité de son industrie ou au contraire la voir s’effondrer devant les progrès de la Chine ?

C’est là la grande question. vous allez vous poser la question, pourquoi l’Allemagne est-elle dans des ennuis maintenant ?

Et bien parce qu’elle a fonctionné sur une énergie bon marché, d’une part une énergie russe tout simplement, par le pétrole et le gaz, et d’autre part par le fait de bénéficier d’un fournisseur client privilégié qu’est la France, qui avait une électricité nucléaire abondante, même surabondante. Et puis finalement, nos centrales n’ont pas été tellement rénovées, l’Allemagne a abandonné son industrie nucléaire, mais elle a dans le même temps entraîné dans sa chute l’industrie française, puisque nous étions liés à Siemens pour les nouvelles centrales, dont vous connaissez les misères, sans discuter de savoir qui avait tort ou raison dans les choix techniques qui ont été faits.

Mais de toute façon le choix a été fait de ne plus en faire, et donc on y revient maintenant, mais la durée du cycle de développement pour faire du nucléaire, c’est pas du tout comme pour autre chose, c’est très long. Il faut 10-15 ans au moins pour en construire suffisamment, et on se retrouve dans une situation qui est quand même très périlleuse.

Et nous pouvons dire que sont les Allemands qui ont fait des bêtises. Seulement nos économies sont parfaitement imbriquées, et si l’Allemagne coule, nous coulerons avec. Donc tout cela nous est également extrêmement inquiétant.

Voilà ce que je voulais vous développer. Donc, est-ce que pour conjurer leurs difficultés, les Allemands vont-ils compter sur du keynésianisme militaire et les dépenses de guerre, ou en tireront-ils des bénéfices ou cela ne sera qu’un feu de paille ? C’est une grande question Et une question dont nous devrions nous préoccuper.

Et bien, en tout cas, Professeur Jacques Cohen, un grand merci de nous avoir éclairés sur cette question. On imagine que comme à votre habitude il y aura plus d’éléments dans votre blog jhmcohen.com, lorsque celui-ci sera à jour, Professeur, avec toujours des illustrations.

Avec toujours des illustrations. Je vais tâcher de vous retrouver le portrait du Docteur Schacht, mais je ne l’ai pas pour l’instant.

Et bien, on vous laisse chercher tout cela et mettre la rubrique en ligne. À très bientôt, Professeur.

A bientôt.

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