Sur les ondes… le virus Zika ne s’installera pas chez nous

Emission enregistrée mercredi 2 mars sur RCF Reims : https://rcf.fr/actualite/le-virus-zika-viendra-t-il-chez-nous

AV: Chronique d’actualité avec Jacques Cohen, bonjour Jacques, on va s’intéresser au virus Zika aujourd’hui puisqu’on a appris dans l’actualité le premier cas de transmission sexuelle du virus Zika en France. Alors première question toute simple : est-ce qu’on doit s’inquiéter ?

La réponse est non. On ne doit pas s’inquiéter pour autant. Le virus Zika, nous l’avons déjà eu en France, en Polynésie. Donc nous avons une expérience du sujet, certes dans une population limitée. Ce qui permet d’avoir quand même une bonne idée de ce que représente une épidémie de ce virus.

C’est un virus qui donne une grosse grippe et qui peut donner quelques complications. Il y en a une qui est controversée et qui est la plus connue: c’est la question des microcéphalies c’est-à-dire des petites têtes sur les enfants qui l’ont attrapé in utero.

C’est controversé parce que la fréquence au Brésil a été multipliée par trois. Ce n’est pas si énorme. Et qu’on n’est pas absolument certain que ce soit lié au virus ou aux insecticides pour lutter contre le virus. Il semble quand même que ce soit plutôt le virus. Mais c’est une complication rare parce que, par exemple, en Polynésie où on n’a pas la population brésilienne, on ne l’a pas vue. En revanche ce virus donne des syndromes de Guillain Barré. Ce sont des paralysies ascendantes qui vont jusqu’à paralyser les muscles respiratoires dans les formes graves. Et donc il faut vous aider à respirer pendant quelque temps. Ce peut être pendant quelques semaines voire quelques mois. Et dans le cas de ce virus, ce syndrome de Guillain Barré, on en récupère complètement, à condition de ne pas être mort dans la phase aigüe, et de ne pas avoir eu de troubles particuliers à ce moment là.

Donc c’est la principale complication bien répertoriée. Il y a eu une quarantaine de cas en Polynésie il y a deux ans lors de l’épidémie de ce virus.

Après il y a des choses moins certaines. Mais globalement, vu du point de vue des populations qui ont déjà été confrontées à ce virus, il parait finalement moins dangereux qu’une dengue. En Polynésie, il y a des dengues, dans 1% des cas c’est une maladie qui donne  une encéphalite hémorragique grave. Dans sa famille de virus il y en a d’autres, il y a la fièvre jaune, il y a l’encéphalite japonaise etc. Finalement c’est un virus ayant un comportement relativement gentil en dehors de ce gros problème en suspens des microcéphalies et des Guillain Barré qui peuvent tuer.

Donc un virus qui fait peur à cause de cette complication alors que c’est l’un de ces multiples virus de fièvre plus ou moins hémorragique en Afrique que l’on peut rencontrer.

Vous avez cité la Polynésie, aux Antilles, à la Réunion, il y a différentes formes de virus ?

L’autre élément d’inquiétude ou d’angoisse de la population, c’est que c’est un virus qui est transmis par des insectes, par des aedes, comme la fièvre jaune, comme la dengue etc etc..Mais il semble qu’on puisse avoir une transmission sexuelle. Alors c’est un virus d’infection aigüe. Un sujet contaminé ne va pas être contaminant bien longtemps. En plus, si j’ose dire, c’est parce que c’est une toute petite grippe que cela pose un problème. Si c’était une maladie comme la dengue, une transmission sexuelle ne se pose guère quand les gens sont dans un très sale état pendant 8 jours. Donc il semble bien qu’on puisse avoir une transmission sexuelle mais ce n’est pas un mode épidémiologique significatif. C’est pour cela qu’il ne faut pas s’affoler. Ce virus ne peut pas s’installer dans les pays du nord où les insectes ne survivent pas l’hiver. Il peut y avoir des bouffées épidémiques mais on ne le voit pas s’installer de façon chronique. Mais effectivement, anecdotiquement, un individu peut le récupérer d’un autre. Ce qui fait toujours désordre.

On peut redouter une vague d’épidémie cet été ou la probabilité est quand même infime ?

En France métropolitaine, il n’y aura pas d’épidémie, il n’y aura pas d’implantation parce que ce sont juste des cas sporadiques qui sont importés en cette saison où il fait plutôt froid dehors.

Ensuite pour une implantation, il faut de l’eau stagnante et une mauvaise démoustication. On peut être confronté à ce genre de situation pour ce virus ou pour un autre. Si on continue à faire un traitement radical et préventif des sites larvaires, c’est-à-dire là où il y a des larves du moustique, un risque épidémique sérieux et une implantation endémique ne parait pas très probable parce que c’est un virus qui donne des épidémies souvent en bouffées aigües puis qui disparaît.

On a des maladies plus ennuyeuses qui vont s’installer durablement comme la fièvre de la vallée du Rift ou des choses comme cela, comme c’est arrivé aux Etats-Unis. Mais le Zika lui-même est un virus beaucoup plus temporaire. Avec des pics plus spectaculaires et puis une disparition ensuite. Donc une implantation dans une autre zone géographique que sa zone d’origine me paraît assez peu probable.

Un mot pour conclure, il nous reste une petite minute ?

Ce qu’il y a de bien, à toute chose malheur est bon, ce que cette peur va induire, c’est que la recherche sur ce virus qui est connu depuis très longtemps a été significativement stimulée, en particulier la recherche vaccinale. Et cette famille de virus peut relativement facilement être accessible à la mise au point de vaccins. D’ici 3 ou 4 ans on n’en parlera plus, parce qu’il sera dans la longue liste des virus pour lesquels on a un vaccin. A condition que les gens se fassent vacciner.

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