Présidentielle : Avant la bataille … préparatifs dans les 2 camps

Emission diffusée en direct sur RCF Reims mercredi 4 mai : https://rcf.fr/actualite/presidentielles-avant-la-bataille-preparatifs-dans-les-2-camps

Nous sommes en direct ce soir, bonsoir Jacques Cohen, merci d’être avec nous. C’est vrai qu’aujourd’hui parmi les sujets d’actualité, on a l’impression quand même que la campagne présidentielle est commencée. On a appris aujourd’hui au conseil des ministres la date du premier et du second tour, le 23 avril pour le premier, le 7 mai pour le deuxième. Est-ce que vous avez le sentiment que la campagne est commencée et qu’est-ce qui vous le fait dire ?

Il y a deux choses qui peuvent faire dire que la campagne est commencée. Une chose à droite, c’est que les préparatifs des primaires de la droite se durcissent et une chose à gauche qui est la déclaration, non pas de candidature, mais de disponibilité et l’affirmation de vouloir agir pour longtemps et en continuité, de la part de François Hollande, hier, au colloque de la fondation Jean-Jaurès où il a parlé pendant presque une heure.

Justement Jacques Cohen, vous évoquez les primaires à droite, vous dites qu’il y a une évolution que cela devient un petit peu plus compliqué maintenant ?

On rentre dans les premiers coups bas rudimentaires, rustiques et efficaces. Puisque Nicolas Sarkozy a toutes les chances d’être mal placé parmi les Français de l’étranger, et bien la meilleur solution est de saborder ce vote qui était organisé de longue date sous forme d’un vote électronique. Il va falloir voter par bulletin. Donc les gens ne pourront voter que là où ils pourront aller mettre leur bulletin, c’est-à-dire là où l’on aura mis une urne. Cela permettra d’avoir moins de voix de Français de l’étranger. C’est une technique rustique, rudimentaire, mais je l’ai dit efficace pour déjà rogner un peu l’avance prévisible d’autres candidats que Nicolas Sarkozy.

Si je me permets quand même, Jacques Cohen, les autres candidats, je le dis quand même sur cette antenne, ne sont pas des enfants de choeur ?!

Ou des perdreaux de l’année! Le problème c’est : qui contrôle l’appareil. C’est un petit peu justement comme pour les perdreaux. Cela dépend de quel côté du fusil on se trouve. En France, l’appareil des partis a un pouvoir considérable parce que le système est ainsi fait qu’il est extrêmement difficile d’être candidat sans parti. Le petit Macron est en train de s’en apercevoir.

Le problème des autres candidats, c’est qu’à la limite ils ont les moyens de bloquer Nicolas Sarkozy en faisant exploser le parti. Mais c’est une arme atomique un peu particulière, c’est-à-dire qu’elle vitrifie l’adversaire mais elle vous vitrifie en même temps. Que sans parti, ou avec plusieurs partis, la droite n’a ensuite aucune chance à l’élection présidentielle, puisque le système électoral français est conçu pour une bipolarisation.

Hier, vous étiez à Paris, vous avez observé au sein même de la fondation Jean-Jaurès le discours du Président. Vous dites « ça y est ! Il est en campagne ». Pourtant on avait le sentiment, c’est un peu comme Nicolas Sarkozy d’ailleurs, que les chiffres n’étaient quand même pas au zénith, Jacques Cohen ?

Les chiffres ne sont pas au zénith et le théâtre du Rond-Point n’est pas le zénith non plus comme public. Mais cela viendra. Pour l’instant il n’est pas candidat officiellement. D’ailleurs, je crois que Nicolas Sarkozy non plus.

Il fait campagne sur deux choses : Démontrer que la ligne suivie n’est pas totalement erratique comme les gens pourraient le croire. Quand on godille, cela ne veut pas dire qu’on n’ait pas une direction à suivre. Et effectivement son raisonnement et sa démonstration montrent qu’il a beaucoup godillé mais dans une direction précise et que le résultat n’est pas tout à fait déshonorant.

Il faut maintenant continuer sur cet axe, en godillant, puisque c’est sa façon de skier. Mais on a déjà des résultats. Et on en aura encore d’ici les élections. Et je l’espère au-delà des élections.

Parce que concernant les chiffres du chômage, il avait pris un engagement sur l’inversion de cette fameuse courbe, que donc tout le monde est en train d’observer mais dont tout le monde dit aussi que les chiffres peuvent être manipulés…

Selon le camp où l’on est, on dit que les chiffres sont truqués ou sont de bonnes nouvelles . Donc cela est assez habituel. Ce qui est assez amusant, c’est que quand on prend, non pas les définitions françaises mais celle du bureau international du travail, cela fait plus de six mois que les chiffres étaient en train de s’améliorer. On peut dire qu’il était inévitable qu’ils s’améliorent pour des raisons démographiques, mais aussi parce qu’il y a un redémarrage économique, modeste, mais un redémarrage économique quand même.

Nous en avons discuté la semaine dernière. Il n’empêche qu’il reste un chômage structurel important parce que des réformes de structure sont nécessaires et que la société française a là-dessus quelques difficultés. Mais c’est déjà quand même une bonne nouvelle. Globalement, on peut dire que si l’on compare avec nos voisins, les Français ont moins souffert de la crise parce que la politique a été menée pour l’amortir, dans le sens d’ailleurs de la justice sociale plus qu’ailleurs. Alors cela redémarre plus lentement.

C’est comme le trampoline, si on descend beaucoup, on est renvoyé beaucoup plus vite vers le haut. On est renvoyé un peu moins vite mais on est moins descendu que d’autres. Donc c’est là un résultat positif.

Vous avez évoqué primaire à gauche, primaire à droite. Vous n’avez pas évoqué là il n’y a pas de primaire:c’est le Front National. Or dans le cadre de l’élection présidentielle, tous les sondages aujourd’hui, un an avant, indiquent tout de même que Marine Le Pen se trouve en excellente posture ?

J’aurais tendance à dire qu’un parti primaire n’a pas besoin de primaires.

On voit que là, rappelons Jacques Cohen, que vous avez été le mandataire de François Hollande !

Absolument, donc j’ai gardé l’habitude, comme lui, de manier quelquefois le sourire ou l’ironie. En tous cas, le Front National, lui, est un miraculé. C’est un miraculé parce qu’il a maintenant assez grossi. Il a plusieurs lignes totalement antagonistes en son sein et il n’éclate pas, il n’a pas de malheurs. J’avais prédit au contraire qu’il allait avoir des malheurs. Il est sauvé par un miracle pour lui, qui est la crise des migrants.

Avec la crise des migrants, et donc grâce à la déstructuration de la Libye et de la Syrie, il y a un mouvement qui fait que les « fokon yaka » peuvent durablement raconter n’importe quoi. Alors que sur le reste de leur programme, ils ne sont pas d’accord entre eux. Je ne suis pas absolument sûr que la petite-fille Le Pen et Monsieur Philippot aient les mêmes conceptions sociales ou familiales, par exemple. Sur l’euro également.

Donc ce parti qui devrait être arrivé en bout de course, est en lévitation

On va terminer sur ce mot, à la veille de l’Ascension. Je ne sais pas si vous l’avez fait exprès Jacques Cohen! On vous retrouve demain pour un regard d’actualité

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