Benalla saison 3 ou « la vie des autres » version française

Chronique du vendredi 8 Février

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2019822

JC bonjour.

Bonjour.

Alexandre BENALLA pourquoi ce sujet ce soir ? Eh bien tout simplement parce qu’il y a eu de nouvelles révélations faites par Mediapart, c’était le 31 janvier et puis ces dernières heures l’actualité s’est bousculée à la suite de ces révélations, qui ont eu des répercussions et des effets boules de neige. D’abord, on a eu la connaissance de nouveaux épisodes dans l’affaire BENALLA avec des enregistrements, est-ce qu’on peut rappeler les faits ?

Eh bien, la saison 3 ouvre par la divulgation d’enregistrements. Des enregistrements dont on ne sait d’ailleurs pas très bien si ce sont des écoutes téléphoniques ou plus probablement la sonorisation d’une pièce ou bien évidemment Benalla et l’un de ses comparses se préparent à arranger le coup et à contourner les contrôles judiciaires qu’il a enfreints et un certain nombre de choses qu’il ne voudrait pas voir révélées…

Avant…

Dont la plus importante est qu’il est directement impliqué dans un contrat de protection entre un oligarque Russe et une maison de sécurité dans laquelle, si l’on peut dire, il fait des ménages et il est même un peu le patron.

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Le principal personnage de « La vie des Autres », c’est finalement celui qui écoute…

Avant que vous ne continuiez de développer les faits JC, c’est vrai que c’est important cette différence de l’enregistrement selon les méthodes téléphoniques ou seulement si ça été pris dans un appartement ?

Eh bien, je crois qu’en fait il y a pas beaucoup de différence, c’est d’ailleurs extrêmement dommage que personne ne s’offusque que des gens puissent être écoutés dans un lieu privé et qu’on retrouve cela sur la place publique, ce qui est un déni de démocratie et de protection des droits individuels, qu’il s’agisse de Benalla ou de quelqu’un d’autre. La première chose c’est que des enregistrements, s’il s’agit d’écoute judiciaire, par exemple sont destinés à la justice et non pas à se retrouver sur la place publique, car on verra plus tard dans d’autres affaires que les capacités techniques actuelles d’imitation de la voix vont permettre de faire raconter n’importe quoi à n’importe qui.

Et ça veut dire qu’on n’a pas de logiciel assez puissant, assez performant aujourd’hui pour vraiment détecter à 100 % une voix ?

Non. Les logiciels sont autant capables d’imiter une voix que de la détecter.

JC, si ces enregistrements se sont retrouvés sur la place publique c’est qu’ils contiennent certainement des choses que certains ont intérêt de divulguer ou intérêt à faire connaitre. Alors que contiennent ces enregistrements ?

Ces enregistrements contiennent la révélation d’abord que Benalla et ses comparses enfreignaient le contrôle judiciaire qui les empêchait de se rencontrer et qu’ils s’efforçaient de faire le ménage de choses qu’ils supposent compromettantes au siège de LREM. Et surtout l’existence d’au moins un contrat, on ne sait pas s’il y en avait d’autres, de protection de personnes pour un oligarque Russe et qui semble avoir été négocié par Benalla alors qu’il était à l’Élysée, ce que les deux comparses s’efforcent de masquer pour que cette chose-là ne saute pas aux yeux des services de sécurité.

JC, des enregistrements révélés au grand jour et derrière effet boule de neige, patatras, tout le monde est chamboulé.

Et bien, d’abord, je pense qu’il y a un arrière-plan qui n’est pas totalement élucidé, c’est où ça se passe et pourquoi c’est enregistré et par qui ? Et on s’aperçoit qu’est impliqué dans l’affaire quelqu’un des services spéciaux, qui est le compagnon de la responsable de la sécurité de Matignon, c’est-à-dire du Premier ministre. Donc pour l’instant, on avait BENALLA comme zouave, si je puis dire à la sécurité présidentielle et là maintenant on voit que le même groupe ou la même bande fonctionne également à Matignon. Alors là, cela a déclenché des choses en cascade. D’abord celui qui est dans les services spéciaux a été mis à pied immédiatement par le ministre des Armées, tandis que la commissaire divisionnaire a été priée de démissionner. Elle attend donc une autre affectation sans plus, j’allais dire, de dommage pour elle pour l’instant.

Ça pose quand même un problème de responsabilités tout ça ?

D’une part cela pose le problème de la surveillance par les services de sécurité. Il est très anormal que les services de sécurité n’aient pas repéré tout cela. Alors il y a deux possibilités : soit ils ne l’ont vraiment pas repéré, ça serait très dommage, soit ils ont préféré regarder ailleurs en sachant que Benalla était extrêmement protégé.

Parce que normalement, ce qui aurait dû se passer, c’est que les services de sécurité auraient fait un rapport qu’ils auraient confié au coordinateur du renseignement, Pierre Bousquet de Florian et que celui-ci, quand il rencontre en tête à tête le Président de la République, lui aurait sorti la feuille et l’aurait informé. Ensuite des mesures auraient été prises, peut-être pas spécialement spectaculaires, car il aurait été beaucoup plus intéressant de laisser les différents services étrangers – je suis sûr qu’il n’y a pas que les Russes qui tournaient autour des deux zouaves, ou des trois zouaves ou les quatre zouaves faisant des ménages – faire des propositions et penser tenir ces gens pour pouvoir à l’inverse les intoxiquer au besoin. Mais la solution la plus simple aurait été de faire table rase de toute la bande immédiatement. Et ce n’est pas ce qui s’est passé, Pierre Bousquet de Florian n’aurait certainement pas fait de cachotteries et le Président une fois informé n’aurait certainement pas pu ne rien faire. On retombe à nouveau dans le fait qu’on a une équipe dirigeante qu’on dira, au minimum, peu expérimentée et des services spéciaux qui, finalement comme la police, font un petit peu, non pas la grève ou la grève du zèle, mais attendent parce que pourquoi dire quelque chose au sujet de gens, pour des choses graves, pour lesquels on n’a rien voulu faire quand ils ont indiqué des choses bénignes.

Mais aujourd’hui est-ce qu’on n’est pas dans un engrenage en cascade pour l’ensemble du personnel ?

Pour tout ce petit monde, il va quand même y avoir des éléments de cascade. D’abord parce que la police ne peut qu’enquêter à plusieurs niveaux. La brigade financière est saisie. Du point de vue « sécurité » il y a certainement aussi des choses. Et la justice va se retrouver avec une série de plaintes, ne serait-ce que parce que Benalla a commis l’imprudence, à mon avis, d’accepter de témoigner devant la commission sénatoriale. La commission sénatoriale on n’a pas le droit d’y mentir et…

Restez avec nous JC…

Normalement quelqu’un qui est mis en examen peut très bien dire que comme il est en examen ou comme témoin assisté, il a le droit de mentir, il a le droit de ne pas tout dire au juge et il ne peut pas se retrouver dans deux structures à la fois, l’une où il est tenu de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité et l’autre où il a le droit de se défendre. On n’est pas dans un système anglo-saxon où le mensonge est la pire des choses. Dans le système français, on sait que l’accusé fait ce qu’il peut pour s’en sortir. Et il y a une contradiction de lois. Benalla a commencé par aller devant la commission parlementaire et il a raconté un certain nombre de choses puis ensuite dans son dernier passage il a expliqué qu’il ne  fallait peut-être mieux pas. Mais il aurait peut-être dû le faire depuis le début parce qu’il se retrouve coincé avec des éléments de parjure, c’est une situation rare en droit français, parce que d’habitude l’accusé ne peut pas être… Le mis en cause, maintenant on ne dit plus l’accusé, ne peut pas être poursuivi pour parjure. Eh bien lui il a réussi dans la catégorie pieds nickelés, à pouvoir être poursuivi pour parjure, ce qui va lui arriver.

JC, très rapidement est-ce que ça ne met pas aussi le Président Emmanuel Macron, déjà bousculé par d’autres crises, notamment les mouvements des gilets jaunes que l’on a évoqués largement avec vous sur les antennes de RCF. Est-ce que le Président n’est pas là aussi dans une impasse avec quelqu’un qui était un des très proches de…

C’était manifestement son majordome pendant longtemps. Mais surtout ce qu’on va avoir maintenant, c’est un jeu de quilles successif de tout un personnel de l’Élysée qui donc, soit a travaillé avec lui avec légèreté, soit s’est fait berner. Dont plusieurs responsables considérés comme importants, dont j’aurai la charité de pas établir la liste aujourd’hui: vous la trouverez dans les épisodes suivants de la saison 3.

Elle sera peut-être trop longue à établir.

Tous ces gens-là vont avoir à mon avis des misères. Parce que je ne vois pas comment le Président pourrait faire l’économie d’un grand coup de torchon, s’il ne veut pas lui-même être atteint.

Au fait pourquoi ce titre « la vie des autres »?

En souvenir des atteintes à la vie privée par la Stasi en RDA autrefois. Non pas pour comparer. Mais pour constater que comme disait Karl Marx, les choses qui se déroulent la première fois en tragédie, se répètent en farce

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La Vie des Autres, version Stasi. La série en VF est beaucoup plus cocasse…

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