Retraites, Natalité: la toupie fatidique

Sur RCF le 8  janvier 2020

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En France, la fin du monde a commencé en 2010

JHMC 30 12 2019

Nous assistons à un étrange débat sur le financement des retraites. La réforme mélange allègrement, la liquidation des régimes spéciaux, l’exfiltration des hauts salaires du régime par répartition, l’allongement du temps travaillé, et le calcul du montant de la retraite dans un système par points acquis.

Ce dernier système, initialement conçu par de gentils économistes de gauche a été détourné en redoutable rabot à retraite par la simplicité et l’efficacité de la manipulation de la valeur du point, par un gouvernement qui n’imagine pas d’en laisser le contrôle aux partenaires sociaux, et en machine à égaliser par le bas, par une volonté d’un temps d’acquisition du point égal pour tous.

L’allongement du temps travaillé vient d’un lieu commun que la vie durant plus et donc la charge des retraités, il faudrait sans fin repousser l’âge de la retraite. En fait, outre qu’on l’a déjà beaucoup fait, l’espérance de vie doit baisser par la mort précoce des femmes ayant travaillé et fumé. Et peut être par une surprise détectée en 2015, les baby boomers devenus vieux semblent moins résister que leurs ancêtres aux stress d’épidémies, ou aux canicules. Ils ont également une mortalité précoce ( avant 60 ans ) non négligeable chez les hommes.

espérance de vie

L’exfiltration des hauts salaires de la retraite par répartition est aussi un réflexe d’amateurs de gauche retourné comme une crêpe par des assureurs judokas ceintures noires. Quoi de plus juste en apparence que de dire aux très hauts salaires que leur retraite par répartition sera plafonnée et qu’au delà d’un plafond de cotisation, on les laissera se débrouiller pour s’assurer tous seuls ? Qu’en prime on les taxera de 2,8 % d’impôt solidaire. Certes mais en fait, on leur fait ainsi grâce de plus de 25 % (28.5 % – 2.8%) de cotisation dès aujourd’hui, se privant ainsi de leur contribution pour plusieurs milliards/an au financement de la retraite par répartition des actuels retraités.

La liquidation des régime spéciaux, qui ne concernent que 3 % des salariés et dont les avantages sont pour la plupart largement en voie d’extinction, ou des conséquences inévitables d’une sujétion particulière, n’est un enjeu qu’idéologique. Qui a conduit a faire des pointes devant des banderoles revendicatrices le corps de ballet de l’Opéra qui ne peut guère espérer jouer sur scène jusqu’à l’âge pivot de 64 ans quand leur régime conduit raisonnablement à un départ à 42 ans depuis …Louis XIV !!

L’annonce d’un âge pivot, contradictoire d’ailleurs avec la notion de retraite par points est assortie de l’affirmation que les dépenses consacrées aux retraites ne devront plus dépasser leur niveau actuel de 14 % du PIB. Quand bien même un surplus de retraités est attendu qui devraient les porter à 16 % environ. C’est un concept original de rétablissement des cartes de rationnement pour les vieux, qui devrait leur rappeler les récits de leurs parents…

Mais au fait notre actuel régime par répartition, pourtant délicatement poncé par l’équipe précédente, est il si mal en point ? En fait, le déficit annoncé à 15 ans par le conseil d’orientation des retraites n’est pas plus certain que l’équilibre durable que le même comité affirmait il y a moins de 2 ans. Sept à 17 milliards sur 350. Qui peut lire autrement que dans le marc de café, l’évolution du taux de chômage, de la fraction employée de la population qui n’est pas tout à fait la même chose, du stock de retraités par leur espérance de vie, et surtout de l’accroissement de la productivité créatrice de richesse, mal représenté en fait par le taux de croissance ou les « services » y sont indistincts, créateurs de valeur nouvelle tel un logiciel de CAO, ou aide aux personnes âgées dépendantes qui consomme des couches-culottes mais ne produit rien.

Mais tout ceci est vrai pour un renouvellement relativement homogène de la population. Les encoches des 2 guerres dans notre pyramide des âges ne sont plus qu’un mauvais souvenir, F Hollande a attendu en vain l’entrée au travail de la classe 1985-1995, classe maigre qui devait faire baisser le chômage. C’est son successeur qui en bénéficie.

pyramides des âges 2

La décroissance est en marche et les écologistes ne le savent pas !

Pourtant notre fin du monde démographique est en route ! A marche forcée depuis 2010. Non pas par allongement de la durée de la vie des vieux. Mais par l’effondrement du nombre de nouvelles vies !! Apport de notre outre-mer et de l’immigration compris, nous avons plus de 80 000 naissances en moins ( plus de 10 % d’entre elles ) en 2018 qu’en 2010. Pour un taux de mortalité infantile qui ne varie plus significativement. Notre taux de couverture est largement en dessous de 2 enfants par femme ( 1,84 ! ). Si nous persistons ainsi encore 10 ans, nous approcherons les deux retraités par actif. Nous ne sommes pas asphyxiés par le nombre de personnes âgées mais par le manque d’enfants.

Le bas de la pyramide ou le vertige de la toupie

On comprend la remarque de Delevoye avouant que de toute façon il n’y pas de solution à 50 ans sans importer au moins 50 millions de personnes en Europe. Il aurait pu ajouter pour une stabilisation durable, qu’il faudrait en fait de préférence importer 50 millions d’enfants ! Une pyramide en forme de toupie est destinée à disparaître à mesure des ans, comme le sourire du chat de Lewis Carroll !

Dans une situation similaire bien avant nous, Le pays le plus réfractaire à toute immigration, le Japon , dont tous les sujets sont supposés descendre de la déesse-mère Amaterasu, a tout d’abord choisi de robotiser au maximum. Puis de contracter son abondante main-d’oeuvre de service. Mais ce qui fonctionne en usine est plus difficile en services à la personne par exemple : les robots faisant la toilette des vieux et leur maintenant le moral en leur faisant la causette ne sont pas au point. Le Japon est désormais contraint d’admettre une importation de main d’oeuvre significative, sans trop le reconnaître publiquement.

Non pas le grand remplacement, mais le grand fractionnement

Il s’agit donc d’une rupture radicale d’involution de notre civilisation, ou plutôt de son inflexion vers un autre modèle que la République Une et Indivisible dont tous les citoyens sont égaux ( ou peuvent l’espérer ) et solidaires, vers un modèle communautariste où les conditions de vie et les espérances de vie éloigneront la Seine Saint-Denis de Paris intra-muros comme la dérive des continents. Il s’agit en fait de la situation des USA ou des nouveaux pays en développement émergeant du tiers-monde. Les guerres des gangs et la drogue, puis la malbouffe, enfin le manque de soins, y réduisent spectaculairement l’espérance de vie des pauvres. Un « meilleur des mondes » à la Huxley où les alphas ne croissent plus mais se maintiennent en incluant les meilleurs des immigrés récupérés dans le vaste monde. Il n’est que de voir qui dirige les firmes high tech aux USA, succédant à Bill Gates et Steve Jobs… Nous aurons nous en Europe un handicap à ne pas pouvoir écrémer aussi efficacement toute la planète, important au contraire massivement des réfugiés adultes et sans qualification.

Quant aux bêtas, certains quittent leur ghettos. Chaque jour ! Pour faire 3 heures de trajet aller-retour et travailler comme aide-soignantes dans les hôpitaux du centre ville. Tandis que le tissu médical des réserves de pauvres où elles résident se disloque. Et que notre système éducatif a lâché prise et renonce à l’intégration traditionnelle par la formation des enfants. D’où nos classements Pisa qui ne reflètent nullement une dégradation de nos élites mais l’effondrement du niveau de base. Qu’importe diront les cyniques renonciateurs, pour conduire une camionnette de livraison d’un sous-traitant d’Amazon, il suffit de savoir cliquer sur des icônes. Et que les petits blancs pauvres qui vivent à la campagne avec des boulots précaires, des aides en peau de chagrin, et des moyens de transport qu’ils ne peuvent plus se payer, auront leur potager et pourront élever des lapins.

L’homme le capital le plus précieux !

Tout ceci est bien sûr désastreux car il n’est de richesse que d’homme et de nos jours de leur qualification.

Les bêtas renverseront-ils la table ou leurs révoltes ne seront elles que des jacqueries sans espoirs ?

Délestés de la charge des bêtas, les alphas verront ils à nouveau leur avenir individuel avec assez de confiance pour refaire des enfants ? Et leur monde de castes pourra-t-il devenir durable ?

Ou choisirons nous de réorienter nos ressources pour conjurer ce sort ? En acceptant des économies drastiques désagréables comme de dégonfler les collectivités locales, de cesser des gaspillages comme l’éolien, d’améliorer la productivité de nos dépenses de santé par des réformes de structures et non un étranglement financier, et de défendre nos points forts et secteurs exportateurs, y compris par des alliances. Au lieu de les vouer aux gémonies pour complaire au culte apocalyptique millénariste. Il n’est de salut que productiviste.

Tout est écrit dans le ciel…

« Tout est écrit dans le ciel ». Mais on ne sait pas encore si c’est

= par Bob Azzam https://www.youtube.com/watch?v=OySYJBa-qEo

= ou de façon moins optimiste par Boobba : https://www.youtube.com/watch?v=AoM11yQhbdY

Documentation:

indicateurs démographiquesréférence démographie

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