Gaza: Une paix incroyable à laquelle tout le monde croit.

JHM Cohen 10 10 2025

Sur les ondes de RCF: LIEN en attente

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La chronique d’actualité cette semaine avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone. Jacques, bonjour.

Bonjour.

Une chronique enregistrée dans la matinée de ce vendredi 10 octobre. On le précise aux auditeurs de RCF car le sujet que vous allez traiter bouge d’heure en heure, parfois même de minute en minute. Une paix incroyable à laquelle tout le monde croit. On a bien compris que l’on va partir avec vous au Proche-Orient aujourd’hui, Jacques Cohen.

Et oui, nous allons à Gaza. Et il y a plusieurs éléments pour cette paix incroyable. Le premier élément, c’est Trump. C’est une histoire de fous, et effectivement il faut bien admettre que le Président américain a un comportement relativement atypique on dira. Mais le plus spectaculaire, ce n’est pas là. Le plus spectaculaire, c’est que cette paix de fous, tout le monde y croit.

Et tout le monde y croit, c’est-à-dire que les populations y croient, aussi bien les populations arabes que les populations israéliennes. On voit un rassemblement considérable en Israël sur la Place des otages, c’est-à-dire du courant qui est hostile à Netanyahou, qui pense qu’il fallait de toute façon rendre les prisonniers, puis on verra après. Et de l’autre côté même chose, on voit que la population gazaouie est absolument ravie et considère que cette paix inespérée tout le monde y croit et pense que c’est fini, que c’est la fin du cauchemar.

Alors cette aspiration universelle à la paix, c’est certainement l’élément le plus important.

C’est qu’effectivement si le cercle vicieux pouvait être cassé de la guerre et des hostilités à Gaza, et pas seulement à Gaza mais dans tout le monde arabe, et bien les choses changeraient.

L’ennui c’est que pour l’instant, si tout le monde veut la paix dans les populations concernées, les dirigeants ont tous d’excellentes raisons de ne pas la faire, tout en faisant attention à ne pas vexer Donald Trump.

Donc cela c’est quand même quelque chose de très très ennuyeux. Le plan de Trump est ultra fragile, c’est le moins qu’on puisse dire, et on a déjà l’annonce que sa visite en Israël pour aller parler devant le parlement israélien lundi est déjà reportée de deux jours. Il est à craindre que tout se dégonfle comme un soufflé au fromage. Mais il est aussi possible que Trump dans son irrationalité arrive à imposer quelque chose qui durera ce que cela durera, mais cela serait déjà quelque chose de très important.

Alors, on peut aussi se demander si tout cela s’écroule que fera Trump ? Parce qu’on lui casse son jouet, il veut sa médaille en chocolat avec le prix Nobel de la Paix, et s’il ne l’a pas il peut soit aller jouer ailleurs, à son âge mental c’est tout à fait possible de changer de jouet et d’aller s’occuper d’autre chose, soit au contraire il va tout casser parce qu’il va être vexé, il va être en colère et il peut faire de gros dégâts.

Donc c’est quand même quelque chose de très très insolite que d’avoir un président irrationnel imposant un plan, dont on se demande s’il va fonctionner ou pas, à des dirigeants des différents camps qui ont tous intérêt d’ailleurs à ce que cela ne fonctionne pas.

Donc c’est quand même quelque chose de très étonnant et je serais bien en peine de parier sur la réussite ou pas. La raison devrait dire que cela ne peut pas marcher, mais l’espoir de paix est tel qu’il peut y avoir un élément irrationnel et positif qui est que les populations fassent une telle pression que finalement l’irrationnel Trump arrive à rencontrer l’irrationnel, et pas si irrationnel que cela, désir de paix de toutes les populations.

Professeur Jacques Cohen, parmi les éléments que vous avez présentés là pendant ces quelques minutes, vous avez évoqué de la rencontre de Trump avec le Parlement israélien qui est reportée à lundi. Est-ce que cela cela peut être le signe d’aller dans le sens où finalement tout peut capoter et qu’on se lance dans des négociations qui pourraient paraître infinies peut-être ?

La tactique de Trump c’est la négociation au finish. La tactique des autres c’est une négociation infinie. Reste à voir si Trump arrive à casser les lignes, à casser les choix et les discussions, ou s’il n’y arrive pas. Il s’agit quand même d’un pays, l’Orient comme vous savez c’est compliqué, les différents camps et les différents protagonistes ne vont pas lui dire qu’ils ne veulent pas de son plan, mais ils peuvent faire en sorte que cela ne marche pas et ainsi de suite. Parce qu’on arrive toujours dans cette même impasse, dans cette équation, qui est que dès qu’il n’y a plus d’otages les Israéliens vont massacrer ce qu’il reste du Hamas, et le Hamas lui veut des garanties, mais il sait très bien qu’aucune garantie ne peut fonctionner, donc il a intérêt à garder un petit bout d’otages ou à garder quelque chose dans un coin. Est-ce que par exemple les cadavres pourraient suffire ? cela doit être une hésitation du côté du Hamas. Mais si la position de Trump « c’est vous devez rendre les otages tous, et tous les otages d’ici lundi », ou bien le Hamas va capituler, mais cela veut dire que le lendemain il se feront massacrer. Ou bien il reste encore à quelqu’un à imaginer une autre solution, mais je ne vois pas laquelle.

Avec les éléments que vous nous présentez, Jacques Cohen, bien difficile de savoir ce qu’il va se passer tout au long de ce week-end et en début de semaine. J’ai envie de vous dire affaire à suivre finalement.

Non seulement affaire à suivre, mais affaire extraordinaire à suivre.

Merci Professeur Jacques Cohen, à très bientôt.

Merci.

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