La chronique d’actualité avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone, Jacques, bonjour.
Bonjour.
Merci de nous emmener aujourd’hui là où la plupart des médias nous emmène depuis plusieurs jours maintenant du côté de Mazan, pour parler de cette affaire avec notamment celui qui est sur le banc des accusés avec d’autres hommes, Dominique Pélicot. Jacques Cohen, qu’est-ce que vous voulez nous dire déjà si l’on fait une photographie de cette affaire Mazan, les faits, rien que les faits, que faut-il savoir ?
Alors les faits, tout le monde en a entendu parler. Il s’agit d’un monsieur qui fait prendre sa femme par une cinquantaine de types sur 10 ans, laquelle est passive parce qu’elle a été droguée, paraît-il au Temesta. Ce qui est surtout frappant, c’est l’opinion publique qui le veut comme incarnation du mal, comme le diable, incarnation du mal, et donc il ne resterait plus qu’à le brûler parce qu’on ne peut pas faire autre chose avec le mal. Et avec une grande surprise, c’est que quelle est la première déclaration à l’audience de ce type, c’est « je suis coupable ». Il en rajoutera même si besoin, parce qu’il est fondamentalement masochiste.
La chronique d’actualité cette semaine avec le Professeur Jacques Cohen avec nous par téléphone, j’ai envie de dire, on reprend les bonnes vieilles habitudes, Professeur Bonjour.
Bonjour.
Vous êtes un homme très pressé, ce pourquoi vous êtes avec nous par téléphone aujourd’hui avec cette chronique d’actualité dont le titre est « mais que fait la police ? ». Cela va nous ramener à l’affaire Lilian Dejean, un agent municipal qui a été tué à Grenoble dimanche 8 septembre. Et vous avez envie de lier cette affaire avec l’affaire Nahel du 27 juin 2023, Professeur Cohen, quel est le lien entre ces deux affaires ?
Le lien ce sont les voitures. Dans la première affaire, la voiture est une voiture rapide louée en Pologne et de la même façon dans la seconde. Car, il y a une filière et une habitude de louer au long cours des voitures en Pologne qui deviennent voitures de service multi-utilisateurs pour les trafiquants de drogue dans les cités. Je pensais que depuis l’affaire Nahel, le ministère de l’Intérieur avait réglé la chose par les mesures administratives et réglementaires qui paraissent simples à mettre en place. Il ne s’agit pas de mettre de la police dans les rues, il ne s’agit pas de faire des barrages, et cetera, il s’agit simplement de se débarrasser des circonstances de ce genre de location.
Moderna et le United States Army Medical Research Institute of Infectious Diseases publient dans Cell le test sur singe d’un vaccin RNA contre le MPOX, comparé au vaccin MVA de Bavarian Nordic avec une épreuve d’inoculation du véritable virus à 2 mois après 2 injections à J0 et un mois. Une protection efficace est assurée, tandis que MVA assure au mieux une atténuation de la maladie.
C’est une très bonne nouvelle qu’en immunisant contre 4 gènes par mRNA une immunité significative puisse être assurée. Il reste des inconnues comme surtout la durée de cette protection et le niveau d’effets secondaires. Mais il ne faut pas gâcher notre joie d’un succès, disons le inattendu sans autre adjuvant que les lipides d’enveloppement du mRNA .
Au passage, la médiocrité du vaccin MVA Bavarian Nordic est ici démontrée par contraste.
Au plan contrôle de l’épidémie, des problèmes majeurs demeurent. Tant que le niveau d’effets secondaires n’est pas connu, on ne peut revacciner toute la population. Sinon on distribuerait déjà le vaccin traditionnel ACAM2000 ( ex vacin Sanofi ). Si l’on doit vacciner autour des cas et des foyers, les délais d’immunisation et réponse immune, ne permettront pas de casser la transmission sans isolement strict des cas et sujets contacts ainsi que des mesures de désinfection.
Mucker et al., Comparison of protection against mpox following mRNA or modified vaccinia Ankara vaccination in nonhuman primates, Cell (2024), https://doi.org/10.1016/j.cell.2024.08.043 Schéma général en image
Le ministère de la santé s’intéresse à l’endémie à bas bruit de la souche frappant les homosexuels masculins à partenaires multiples, sans pour autant être capable de l’éradiquer et n’imagine aucun mesure différente pour le clade généraliste épidémique en Afrique quand il va arriver.
Le clade « homotrope » a mis deux ans à s’installer comme endémie sporadique. l’autre clade « généraliste » mettra moins de temps à diffuser, mais n’aura pas le caractère explosif d’un virus respiratoire comme la grippe par exemple. Au passage, je pense que les experts de l’HAS font une erreur d’analyse en parlant de « queue d’épidémie » pour le souche de 2022. A environ 150 cas par an dans une population cible en fait assez restreinte, cela montre qu’ils n’ont pas compris l’installation endémique de la souche avec résurgences à partir de squames secs ou traces desséchées sur les tissus ou les objets, situation habituelle des poxvirus.
Pour contrôler la diffusion du clone de l’épidémie de 2022 devenu endémique, un test d’immunité anti Pox à gros débit en laboratoire serait également à mettre au point en choisissant entre test Anticorps, simple à mettre en œuvre si on peut trouver le bon antigène, ou test de provocation cellulaire in vitro bien plus lourd. Des lésions mineures pourrait avoir été confondues avec des Herpes.
Les mesures clés pour le nouveau clade seraient des tests minutes de terrain de détection virale directe et l’isolement des malades pour 3 semaines avec désinfection des locaux où il y a eu des patients avec bulles. Ce que le ministère de la santé n’imagine pas. La lettre du DGS G Emery à tous les médecins n’envisage même pas l’éviction scolaire des enfants atteints ou d’un parent atteint.Les mesures clés pour le nouveau clade seraient des tests minutes de terrain de détection virale directe et l’isolement des malades pour 3 semaines avec désinfection des locaux où il y a eu des patients avec bulles. Ce que le ministère de la santé n’imagine pas. La lettre du DGS G Emery à tous les médecins n’envisage même pas l’éviction scolaire des enfants atteints ou d’un parent atteint.
En effet, la contagiosité accrue du nouveau clade épidémique actuellement en Afrique, rend illusoire un contrôle par la simple vaccination en cercle autour des cas avec un vaccin Bavarian Nordic qui n’a atteint que 2/3 d’efficacité sur la souche moins contagieuse de 2022 avec 2 injections à un mois d’intervalle et à peine 1/3 d’efficacité pour une seule injection. Chiffres sans doute surestimés par l’abstinence induite par la douleur majeure des lésions virales muqueuses. Durant sa phase contagieuse de 3 semaines, sans isolement strict, un sujet atteint aura largement le temps de diffuser du virus dans son entourage même si on le vaccine.
Jugement des âmes à Moissac. Ce sujet dont les chiens lèchent les lésions est représenté avec des lésions varioliques typiques dont il est décédé.
Cet article sera moins « grand public » que les précédents. Sans pour autant entrer dans trop de détails pour le non-spécialiste. Le lecteur pressé pourra se contenter du « message à rapporter à la maison ».
Deux grandes sections sont à considérer : l’évolution des épidémies de mPox et d’autres Pox dans notre espèce, la panoplie des traitements et vaccins disponibles, et ceux qui seraient souhaitables de mettre au point.
Tout d’abord un message à rapporter à la maison pour les gens pressés :
Take Home message
= si la souche de mPox actuelle donne une épidémie significative en pays développés avec une mortalité supérieure au 1 % chez l’enfant et que le vaccin Bavarian Nordic se révèle incapable de juguler les premiers foyers en vaccination en cercle, il faudra recourir au vaccin historique, qui lui est certainement efficace, mais non dépourvu d’effets secondaires. Sa disponibilité est dépendante des USA , probablement de la Chine et peut-être de la Russie.
= Si l’épidémie présente reste peu grave en pays développés, ce ne sera pas une raison pour attendre la suivante, inéluctablement plus contagieuse et plus mortelle, pour développer de nouveaux vaccins tués avec de nouveaux adjuvant et co-adjuvants, associables à des vaccins mRNA.
= Ce qui ne dispensera pas en attendant de reconstituer notre stock de vaccin historique « seconde génération » dont nous sommes dépourvus actuellement.
Mes précédents sujets sur la variole et les Pox virus :