Sur les ondes… la politique culturelle rémoise. Fujita à l’étroit et le reste en roue libre…

Emission enregistrée mercredi 27 janvier 2016 sur RCF Reims : https://rcf.fr/actualite/la-culture-remoise

AV/ Chronique d’actualité avec Jacques Cohen, bonjour Jacques, nous allons parler aujourd’hui de la politique culturelle de Reims. Le député maire Arnaud Robinet a annoncé un certain nombre de choses, qui étaient déjà connues dont notamment la réhabilitation du musée des Beaux-Arts sur le site de l’ancienne abbaye Saint-Denis. Et également l’utilisation de l’ancien site de l’office du tourisme pour accueillir, provisoirement nous a-t-on dit, une partie de la collection Fujita. Votre avis là-dessus, et sur la politique culturelle en général ?

C’est un vaste sujet. Donc on ne pourra en voir que certains aspects. Certains sont des choix qui dépendent de l’équipe, des choix qui sont faits, que je partage ou que je ne partage pas. Et les autres qui sont une attitude générale et sur lesquels il faudrait une réflexion plus globale. On va commencer par les choses locales et les moins contestables.

Le fait d’étendre le musée des Beaux-Arts, pourquoi pas. J’ai toujours été hostile à l’opération Grand Musée d’ambition internationale. Nous n’avions pas les moyens. Il fallait procéder dans l’autre sens : trouver d’abord un grand musée international qui veuille faire une antenne en France et s’arranger avec lui.

Pompidou à Metz, le Louvre à Lens ?

Oui ou le Guggenheim à Bilbao. Mais prétendre qu’avec nos petits bras musclés et nos 30 Corot on ferait le poids, cela me paraissait une opération démesurée. Renouveler et transformer le site des Beaux-Arts, c’est totalement logique à condition que ce soit dans une enveloppe, dans une ambition raisonnable.

Pour Fujita, c’est un petit peu dommage. Le site de l’ancien office du tourisme est tout petit, très mal pratique. Il n’a qu’un avantage, c’est qu’il est bien placé. Et en prime on doit aussi y faire la maison du projet de la rénovation du musée. Il faudra qu’on m’explique, je ne sais pas où on va mettre les deux, l’un sur l’autre, dans ce local.

C’est un peu bizarre en effet. L’office du tourisme a quitté ce lieu parce qu’il était compliqué d’un point de vue d’accessibilité, c’était trop petit et là on nous remet quelque chose ?

Et même deux choses ! C’est pour cela que c’est un peu bizarre. D’autant plus que son habilitation pour recevoir du public, son ERP comme on dit dans le jargon, tenait par la « loi du grand-père ». A partir du moment où on l’a fermé et qu’on rouvre, le grand-père est mort. Donc je ne vois pas très bien comment il va être autorisé, en n’ayant qu’une seule entrée, à accueillir plus de 19 personnes. Tout cela ne tient pas debout. Cela fait bricolage.

La question qui se posait, et qui se pose, est celle d’un musée thématique Fujita. Ce qui est parfaitement possible, d’autant qu’on peut glisser légèrement et faire un musée Japon et Fujita. Nous avons plusieurs collections importantes dans les réserves, que ce soit des Beaux-Arts ou que ce soit du musée Saint-Remi. Affirmer une originalité Japon serait tout à fait bienvenue. Mais cela implique de trouver un lieu et ce serait probablement une opération publique/privé parce que si on ne fait que public, les temps de construction et les temps de décisions sont d’une certaine viscosité, alors qu’il s’agit là d’avoir au plus vite quelque chose. Avant que les héritiers Fujita ne révoquent l’accord qui implique qu’il y ait 250 m2 dédiés à Fujita quelque part à Reims.

On pense au Cellier à côté de la mairie, cela n’aurait-il pas pu coller pour accueillir ces collections ? C’est un beau lieu qui les mettrait en valeur ?

C’est une option. Absolument. C’est une des options qui pouvait, ou qui peut encore, être développée. Mis à part qu’on n’a aménagé qu’une seule cave sur les deux possibles dans le bâtiment, et que cela fait peut-être un peu juste.

Là, je trouve que l’office du tourisme est un bricolage qui ne marchera pas. La question reste entière et elle reste largement posée.

Dans les choses qui ne sont pas faites, il y a l’abandon de fait du développement d’une politique de sons et lumières sur la ville, le chemin de lumière tel que cela a été fait au Mans par exemple par Boulard et tel que je l’avais envisagé. Le spectacle sur la façade de la cathédrale n’étant qu’une première étape.

Cela a l’air bloqué. D’autant plus que la fin du parcours devait être la porte de Mars et qu’on la rénove. Mais quand on va avoir rénové les cailloux avec les limites d’un bâtiment historique qu’on ne peut pas transformer en pastiche avec du stuc ou je ne sais quoi, on va s’apercevoir comme me disent mes filles, que c’est un pauvre tas de cailloux de nos jours. Parce que les hauts reliefs dégagés vers 1840 ne sont plus visibles. Qu’une fois qu’on aura évité effectivement que la maçonnerie ne tombe en miettes, et bien il va nous rester beaucoup de choses à faire et surtout à faire voir. Que seule la restauration virtuelle, c’est-à-dire de projeter sur le bâtiment le soir l’aspect qu’il avait, pourra faire voir. Ou d’imaginer plusieurs aspects parce qu’il y a beaucoup d’inconnues. De commencer par imaginer et projeter la masse qu’il avait parce que vous savez qu’il ne reste à peine plus de la moitié en hauteur. Tout le linteau et le quadrige au dessus ont disparu. Donc mettre en place une rénovation lumineuse serait souhaitable, mais ce n’est pas fait.

Au fort de la Pompelle, on a une rénovation minimale. Une tranche avait été faite selon ce que nous avions défini sur mes propositions, mais il y en avait trois. Et la deuxième se termine en queue de poisson. La troisième, c’est-à-dire tout l’aspect interactif, l’aspect mise en situation, l’aspect audiovisuel moderne, est renvoyé aux calendes grecques et le centenaire de 18, de l’armistice, approche à vue d’oeil. Nous avons cette année le centenaire de la bataille de Verdun. Nous avons le musée de Verdun, dont la rénovation se termine, qui va être rouvert. Et donc nous récupérons à nouveau une concurrence touristique et nous n’avons pas fait grand-chose.

Nous nous mettons déjà en roue libre au moment où il faudrait au contraire mettre les bouchées doubles pour que la Pompelle soit ce qui peut se faire de mieux.

Alors il y aurait beaucoup d’autres sujets sur la cohérence qu’il pourrait avoir entre les musées de site et les musées généraux à Reims.

Un directeur des musées on nous a annoncé ?

Pourquoi pas. Mais la question n’est pas tellement celle du directeur, c’est celle de la direction qu’il faudra suivre. Et là je n’ai pas l’impression qu’il y ait une impulsion centrale considérable.

Alors quelle politique culturelle ? Malheureusement je crois que nous avons usé notre temps aujourd’hui.

Peut-être peut-on renvoyer vers votre blog ?

Je ferai quelque chose…. Mais je voudrais quand même faire réfléchir  tout un chacun pour finir au fait que le prix des places dans tous les spectacles est infime par rapport au coût réel. Dans le meilleur des cas ils sont de 10-20 %. quelques fois c’est encore moins. C’est-à-dire qu’une place de spectacle, quand on compte tout, ne coûte pas 10 ou 20 euros, elle en coûte 100, 300, 500… et si on ne le paye pas en payant son billet, on le paye comme contribuable. Donc il faudra peut-être un jour que l’on réfléchisse globalement à une vérité des prix ou à des révisions déchirantes. A assumer certaines choses et à en abandonner d’autres.

Mais l’attitude actuelle qui est de faire l’autruche ne pourra pas durer si nous avons à nouveau un ralentissement économique et une crise sérieuse bientôt.

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