Sur les ondes… Primaires aux USA: Hillary Clinton gagne aux dés, Cruz double Trump et Rubio sort du bois…

Emission enregistrée sur RCF Reims mercredi 3 février 2016 : https://rcf.fr/actualite/hillary-championne-du-coin-flip

AV/ Chronique d’actualité avec Jacques Cohen, bonjour Jacques, je vais vous appeler Jack aujourd’hui, à l’américaine, puisqu’on va évoquer ce qui se passe du côté de l’Iowa, ce fameux Etat qui a connu les primaires. On va s’intéresser aux résultats. On commence par les démocrates, Hillary Clinton, qui est devant, en nombre de délégués, Bernie Sanders, son challenger ?

Elle a démontré qu’elle était la meilleure pour lancer les dés. Parce que, au coude à coude, s’il n’y avait pas le coup de dés, elle devrait avoir un délégué de retard. Il n’y avait que 4 virgule quelque chose délégués comme équivalent-délégués d’écart. Dans 6 cas, le dernier poste de délégué dans une ville a été distribué par tirage au sort. Le tirage au sort se fait un jetant une pièce. Et bien Hillary a gagné 6 fois sur 6.

Probabilité quand même ?

Elle est meilleure, ou l’appareil du parti démocrate est meilleur, au lancer de pièces que ne l’est Bernie Sanders.

L’important c’est qu’elle a besoin d’une dynamique dans les primaires pour pouvoir être élue. Et là elle a quand même du mal. Elle incarne l’establishment, elle incarne les appareils politiques pour les Américains. Il faut bien voir que les élections américaines se jouent avec des participations qui sont en-dessous de 50%. Et là, que ce soit chez les démocrates ou chez les républicains, le succès des candidats anti-système montre que justement le système commence à s’user, à s’épuiser. De ce point de vue là, c’est elle qui représente le plus le système puisqu’elle a été secrétaire d’Etat, femme de Président etc.

Loin d’être pour elle un atout comme la personne d’expérience qui a géré, elle n’a pas grand-chose de son bilan à montrer en vitrine, et elle a tous les ennuis du pouvoir, toutes les casseroles, toutes les crasses qu’elle a dû faire à tel ou tel moment pour s’en sortir. Donc elle ne part pas avec un élan considérable. Sur le premier caucus, elle passe de justesse et au tirage au sort en quelque sorte devant Sanders. La semaine prochaine c’est le New Hampshire où là il est plus que probable que Sanders sera devant. La question c’est de combien.

Si l’écart est du même ordre que cette fois ci mais dans l’autre sens, ce sara un gros succès pour Hillary. Si elle a 10, 15 points de retard, cela va commencer à montrer qu’elle va avoir du mal à tenir la distance.

D’autant qu’en face, la situation chez les Républicains est aussi un peu curieuse.

On va l’évoquer dans un instant mais, juste une précision pour les auditeurs qui ne connaissent pas forcément le fonctionnement. Chaque Etat vote à tour de rôle même s’il y a des jours où il y a plusieurs Etats. Pour élire des délégués qui vont ensuite lors d’une grande convention à la fois chez les démocrates et chez les républicains élire le grand gagnant qui à ce moment là est connu. En fait, c’est un marathon, c’est un écrémage qui se fait au fur et à mesure puisqu’il avait un autre candidat chez les démocrates, Martin O’Malley qui avait fait moins de 3 % et va se retirer. Chez les républicains, il y en a beaucoup plus et là il y a un trio qui se dégage ?

C’est un quatuor qui se terminera quand même par un trio. Il y a un candidat anti système qui est Trump, un individu haut en couleur qui raconte volontiers qu’il n’est pas soutenu par l’establishment du parti républicain et qui fait une campagne systématique à destination d’une clientèle populaire par une attitude populiste. Il n’avait peut-être pas prévu qu’il n’avait pas une marge suffisante dans cet électorat pour encaisser le premier caucus et il passe second. Ce qui n’est pas terrible.

Alors que tous les sondages le donnaient devant ?

Vous voyez que les sondages ne sont pas plus justes là-bas qu’ici!

L’Iowa, c’est 3 millions, il n’y a pas 3 millions de votants mais c’est un Etat rural et finalement il y a peu de votants…

… dans chaque partis oui. Il n’y a pas grand monde d’encartés si je puis dire, ou de sympathisants. Et puis qu’ils soient démocrates ou républicains, ils sont quand même très traditionalistes. Ce n’est pas le New Hampshire, le Vermont, même en terme de mode de vie, d’attitude. Et Trump qui ne s’affiche pas trop souvent à l’église a dans cet Etat un gros handicap

Par rapport à Cruz qui est arrivé en tête ?

Qui est arrivé en tête, qui, lui, est très propre sur lui si je puis dire, extrêmement croyant, multipratiquant, avec des idées auxquelles il croit qui sont des idées redoutables. C’est un individu dont on espère bien qu’il ne sera jamais élu président. C’est même un idéologue ce qui est très dangereux pour un président qui doit quand même composer avec la réalité. Et donc en tout cas pour ce premier caucus il est passé devant.

Derrière il y a Rubio, le plus jeune. Tout l’establishment des républicains va essayer de le soutenir. Et encourager que Bush, le junior junior, dégage, comme très loin.

Rubio fut l’un de ses disciples…

Il a travaillé avec lui. C’est généralement comme cela que cela se termine. En prenant la place de celui qui croyait l’avoir comme appui.

Rubio a deux avantages. C’est quelqu’un de raisonnable du point de vue de l’appareil du parti, qui lui-même a les liens avec les industriels, avec tous les différents establishments et réseaux américains. Deuxième avantage, il est le mieux placé pour capter le vote dit hispanique c’est-à-dire celui des Cubains, immigrés etc. Tous les immigrés latinos arrivés aux Etats-Unis, légalement ou pas. C’est un gros avantage parce que les rapports de force démocrates/républicains, lors de la vraie élection, est défavorable aux républicains dans la configuration actuelle. Sauf s’il y a un candidat qui racle significativement l’une des communautés traditionnellement démocrates. Et là c’est le cas pour les hispaniques.

S’il est le candidat, il a une chance d’être élu. Mais pour être candidat il faut gagner les primaires et ces primaires sont un dispositif très compliqué puisqu’avec un parcours rituel d’un seul Etat dans les premiers tours, puis plusieurs Etats à la fois. Certains Etats donnent des délégués à la proportionnelle, d’autres vont donner tous les délégués d’un coup au gagnant. En plus c’est un système indirect. On a vu il n’y pas si longtemps que celui qui était élu n’avait pas eu le plus de voix.

Et puis il y a des délégués qui peuvent retourner leur veste aussi ?

On peut aussi retourner quelques vestes mais l’élément le plus frappant qui a été visible au XXIe siècle, c’est qu’on peut être élu avec une majorité de délégués alors qu’on n’est pas lui qui avait le plus de voix: Al Gore versus Bush.

La preuve, il y a des rumeurs où on voit des urnes retrouvées en Normandie aussi ! Merci beaucoup Jacques. On en reparlera parce qu’il y a un parallèle à faire avec ce qui se passe en Europe et le vote populiste qui touche énormément de gens. Et c’est peut-être étonnant que cela arrive aussi aux Etats-Unis

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