ZAD et facs, soyez réaliste, demandez l’impossible

Chronique du 20 avril 2018

Sur RCF: https://rcf.fr/embed/1807488

 

JPB: Jacques Cohen, alors c’est vrai que l’on a vu depuis quelques semaines des mouvements dans les facs. Même si toutes les facs ne sont pas touchées, un certain nombre d’entre elles l’ont été. Mais on a vu que c’était des mouvements qui étaient très contestataires et parfois qui ne reflétaient peut-être pas forcément la vie de tous les étudiants, en tout cas, ils existent.

Ce sont des mouvements utopistes. Là, il y a une ressemblance parfaite avec mai 68. Ces mouvements utopistes, par définition, sont extrêmement minoritaires. Ils peuvent, dans certaines circonstances, entraîner avec eux beaucoup de monde, mais ce n’est pas tout à fait, semble-t-il, la saison pour cela. Ce qu’il faut regarder, c’est à quoi correspondent-ils, d’où viennent-ils. Les mouvements utopistes sont des mouvements qui rejettent la société dans laquelle nous vivons, et qui espèrent une autre société. En 68, ils arrivaient à définir un certain nombre de choses contre lesquelles ils étaient. Ils pouvaient imaginer une société où la parole serait plus libre, une société où les mœurs seraient plus libres, etc., et où la concurrence économique serait moins marquée.

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Mai 68 en Italie

La situation actuelle est un peu différente. Ils sont en opposition avec un certain nombre de développements, qu’il s’agisse de l’énergie, qu’il s’agisse de l’agriculture, avec une espèce d’aspect naïf de retour à la terre et de cultiver 3 carottes et d’élever deux lapins. Mais ils sont en fait le reflet des insatisfactions qu’induit la société actuelle dans son développement , dans ses contradictions ou ses difficultés.

Ce que vous vouliez dire, je vous interromps Jacques, il y a les facs, mais quand vous aviez parlé de lapins et choses comme cela, je ne pensais pas forcément à Tolbiac, mais peut-être à la ZAD de Notre-Dame des Landes. Est-ce que vous faites un parallèle entre un mouvement qui se durcit dans les universités et les mouvements d’extrême gauche ou des mouvements de contestation comme à Notre-Dame des Landes ?

Ce sont les mêmes, ce sont absolument les mêmes en effet. Le côté « rejet absolu » est plus visible avec l’affaire de Notre-Dame des Landes puisqu’ils ont gagné sans le faire exprès, si je puis dire, par l’abandon de l’aérodrome prévu. On leur demande 3 bricoles du genre « dites votre nom et ce que vous voulez en une seule page et on vous donne le terrain », et la plupart refusent en disant « nous avons un projet collectif, nous ne voulons pas nous abaisser à des choses pareilles », etc. Donc, l’aspect rejet de la société est encore plus marqué dans le cas de la ZAD que dans le cas des facs. Mais c’est la même chose, c’est un tout petit nombre d’étudiants, ou de pas étudiants d’ailleurs, qui rejettent la situation de la société. Et pour ce qui est des facs, qui entraînent plus ou moins une population étudiante confrontée à l’existence des facs parkings, comme on en a parlé la semaine dernière, qui font qu’une grande partie des gens sont là de façon transitoire pour un an ou deux, voire trois, sans qu’ils puissent dans la société actuelle espérer un débouché, qui était beaucoup plus facile en 68.

On poursuit avec vous tout de suite, Jacques Cohen, mais on précise avec vous, Alexis, qu’actuellement, si vous voulez suivre Jacques Cohen en vidéo, vous pouvez le faire sur Facebook Live, comme si vous y étiez, dans notre studio, c’est bien ça Alexis ?

Vous allez sur la page facebook@rcffranceardennes, et vous voyez Jacques Cohen. Et puis comme cette émission est utilisée à d’autres moments, elle est réexploitée également, et bien, même si vous ne l’entendez pas directement au moment où elle est enregistrée, vous pouvez la retrouver encore au moment où vous entendez l’émission, vous allez toujours sur la page Facebook RCF France-Ardennes, vous descendez une, deux, trois publications, et puis vous voyez la tête de Jacques apparaître et vous retrouvez la chronique en entier.

Eh bien il est avec nous, Jacques Cohen !

Gaudeamus igitur !

https://mail.google.com/mail/u/0/#sent/162f3c577009fce7?projector=1

Alors là, absolument, si le latin est au rendez-vous sur RCF, où va-t-on ?!
Alors Jacques, il y a ces mouvements revendicatifs, mais plus généralement, ces mouvements de contestation qui naissent ici et là. Comme l’on s’approche du mois de mai, etc., chacun a dit « il n’y aura pas de mai 68, comme de toute façon l’histoire ne bégaye pas comme ça », mais quel est votre sentiment sur un mouvement qui est quand même varié, contestataire, un peu partout, à la SNCF, ou dans d’autres domaines ?

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Une convergence des luttes bien improbable en 2018

Ce mouvement est un témoin, c’est un témoin de l’insatisfaction que crée, vis-à-vis de la jeunesse, la société actuelle. Les débouchés peuvent être infiniment variés, ils peuvent être violents avec un terrorisme d’extrême gauche, c’est ce qui a eu lieu autrefois, non seulement en Allemagne avec la bande à Baader. Au Japon, à partir d’une querelle, en quelque sorte précurseure écologique pour un aérodrome, c’était celui de Narita. Il peut aussi se concrétiser complètement à l’opposé, en réaction, dans un mouvement autoritaire et pseudo anticapitaliste tel que l’étaient les mouvements nationaux socialistes ou différents mouvements fascistes. Rien n’est écrit sur le débouché d’un mouvement qui par lui-même n’en cherche pas.

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A la fin du rêve….

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