L’Europe, les cabris……et le FN

JHMC

Les trois sortes de  cabris….

Le Général De Gaulle se moquait en son temps de ceux qui s’agitaient sur leur chaise comme des cabris en pensant que l’Europe était la solution à tout problème.  Des cabris plus contemporains s’agitent au contraire pour attribuer à l’Europe, toute difficulté. Une troisième variété s’agite régulièrement en prenant le FN pour les SA nazies et crie à chaque revers de la gauche que la nuit de cristal est pour demain soir.  D’une façon générale, les cabris ne sont pas des animaux politiques efficaces….

trois cabris....

Trois cabris….

Le FN a progressé aux élections européennes, mais dans un contexte où chacun de ses adversaires s’est ingénié à se mettre lui-même dans la pire configuration, en terme de scrutin, de message, d’absence d’alliances, et de candidats..

Une défaite sans combattre n’en est pas moins une défaite, mais elle n’entraine pas forcément d’avoir perdu la guerre…lorsqu’on a des réserves stratégiques.

 Un scrutin européen repoussoir…

Le scrutin de liste par région improbable ( qui énonce d’ailleurs à l’avance le résultat d’une réforme des régions du même gabarit ) en proportionnelle intégrale, sans rayure, ni vote privilégié ni panachage, permet l’archétype du vote contrôlé par les partis, avec des candidats virtuoses des couloirs de Solférino ou de la rue de Lille, mais généralement recalés préalablement dans la vraie vie.

Le phénomêne est connu de longue date, mais les remèdes repoussés par de doctes rapports ( par ex , http://www.senat.fr/rap/r96-123/r96-1230.html )

En particulier le classement des candidats par ratures dans la liste, pratiqué en France pendant presque un siècle est aujourd’hui considéré comme archaïque, Boulangisme, et autres horreurs…

Les deux France pauvres

Il y a deux France pauvres : celle des descendants d’immigrés nord africains et africains à laquelle chacun pense immédiatement, presque exclusivement urbaine ou péri-urbaine. Et la France des « petits blancs ». Cette dernière vote contrairement à la première. Pour sa partie urbaine, elle n’est électoralement perceptible que dans les villes en dessous de la moyenne nationale de richesse. En revanche et de façon très spectaculaire, elle est aujourd’hui rurale. Non pas comme agricole. La population rurale réellement agricole est plus riche, intégrée à l’Europe, à sa politique, ses aides, et ses règles.  Mais la population rurale majoritaire de nos jours est une population de laissés pour compte ou d’ouvriers et employés chassés des grandes villes par le coût de l’immobilier, qui travaillent en ville sauf chômage, à quelques dizaines de km de son lieu de résidence.

Cette population prend de plein fouet l’augmentation du coût des transports, comme toute les gênes à ceux-ci. Les limitations de circulation dans les centre-villes, la dégradation des transports en commun régionaux, l’anathème sur la voiture pour eux indispensable, et l’apologie du vélo par les bobos du centre ville, leur donnent l’envie de finir vampires.

Il y a un « plafond de verre » à la montée du FN en zone urbaine: il n’y a pas assez de pauvres, et sauf crise majeure, ceci devrait perdurer dans toutes les viles économiquement dynamiques. Mais pas en zone rurale où les campagnes et bourgades devraient devenir son hinterland… Cependant, compte-tenu de la démographie et de la sociologie française actuelle, le FN ne peut espérer monter beaucoup plus haut qu’aujourd’hui nationalement, s’il reste le parti des pauvres blancs, des campagnes et des bourgades. D’où son débat idéologique…

Le dilemme du FN

La direction du FN a réussi à éliminer politiquement ses nazillons, même si ses militants en sont encore largement issus et croient à une dissimulation tactique. Mais elle a un choix stratégique à faire fort délicat: « identitaire » ou « souverainiste ». Les « identitaires » veulent le retour à la France blanche, de l’occident chrétien, de la terre qui ne ment pas, de la famille….. Les « souverainistes » sont partisans de la grandeur du pays, nationalistes, voire expansionnistes pour une certaine Europe, chaud partisans de l’état fort et de son interventionisme. Il est amusant, compte-tenu de l’histoire de l’extrême droite et du FN, de voir ce dernier en héritier colberto-gaulliste!!

Si les deux ambitions sont irréalistes, elles ne le sont pas également, sur le fond comme sur la surface de la cible politique et électorale. Les « identitaires » voudraient raser les banlieues, virer les immigrés, qui n’en sont plus depuis deux générations etc..

Les « souverainistes » si par malheur au pouvoir peuvent aller jusqu’à approuver une Europe des nations, lancer une politique économique  rapidement catastrophique, puis serrer les dents quand la mondialisation les rattrapera, et commencer l’engrenage des compromis au nom des intérêts de la nation… qui aura bien des sacrifices à faire pour remonter la pente qu’ils lui auront fait dévaler… A noter dans ce sens, les déclarations de Phillipot au soir des européennes, contre l’euro fort et non plus contre l’euro tout court….

Clairement le potentiel de croissance des « souverainistes » est bien plus important. Mais… la clientèle électorale actuelle du FN est surtout « identitaire ». Et le dilemme du FN est de trouver comment gagner l’électorat « souverainiste » sans perdre sa base sociale « identitaire » qui peut facilement cesser tout simplement de voter….. comme déjà l’autre France pauvre issue de l’immigration après laquelle a couru en vain le PS lors de dernières municipales..

Pour une politique social-démocrate mondialiste assumée

La droite traditionnelle est en crise et l’UMP moribonde à ne pas vouloir proposer une politique de compétitivité économique y compris hostile aux entreprises retardataires, ni lâcher la clientèle « traditionaliste ».

Le PS est englué à vouloir faire le grand écart interne entre une ligne de compétitivité social démocrate assortie d’un protectionnisme social, et une extrême gauche, au fond peu différente des « souverainistes ».  Il n’agit donc pas, quoiqu’ ayant le mistrigri du pouvoir.

Faute d’une extrême gauche protestataire, le FN grignotera de toute façon les « souverainistes » de ses adversaires, s’il ne s’enferme pas chez ses « identitaires ».

Mais il sera contenu dans la France qui gagne et va de l’avant si une politique efficace est mise en place et récolte des résultats. Par quelles forces et quels partis lorsque le paysage politique actuel aura explosé? Il est trop tôt pour en avoir une vue claire.

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