Sur les Ondes : le tiers payant, une bonne mesure si on réduit le paiement à l’acte

Emission du 24 décembre sur RCF Reims  http://rcf.fr/radio/rcf51reims/emission/derniere/902350

 

Rappelez-nous ce qu’est le tiers payant ?

Le tiers payant, cela veut dire qu’un tiers paie. Ca veut dire qu’on ne paie pas directement le médecin mais qu’un organisme social ou d’assurance le paie en votre nom, pas tout à fait à votre place puisque vous payez vos cotisations par ailleurs.

Le tiers payant existe déjà, non ?

Ce qui est proposé, c’est la généralisation. On entend une opposition virulente. Que disent les opposants du tiers payant ? Que puisque que les gens n’avanceront plus d’argent, ils vont considérer que ce sont des parties gratuites et qu’ils peuvent défiler régulièrement chez le médecin. Il faut rappeler que c’est déjà vrai pour les très pauvres et pour les riches. Pour les pauvres les prises en charge sont en tiers payant, et pour les riches grâce à une bonne mutuelle qui est également centre de paiement pour la sécurité sociale et que donc là aussi on a son tiers payant depuis longtemps. Et on l’a également chez les spécialistes malgré leurs dépassements d’honoraires quand c’est une mutuelle qui prend en charge ces dépassements. Donc on a des riches bien couverts, des un peu moins riches couverts puis les pauvres qui sont couverts. Ce qui est proposé par la loi de Marisol Touraine, c’est la généralisation du tiers payant. L’avantage qu’il va y avoir, c’est que en secteur 1, donc en pratique chez les généralistes, le tiers payant va être pour tout le monde. En revanche en ville, aller voir des spécialistes qui sont quasiment tous en secteur 2, par définition cela ne couvrira pas les dépassements d’honoraires pour ceux qui ont du mal à les payer. C’est dommage. On aurait pu aussi imaginer que l’ensemble passe en tiers payant, ce qui impliquerait la transparence totale des dépassements d’honoraires puisqu’ils seraient réglés par les organismes payeurs, ce qu’un certain nombre de spécialistes ne souhaitent pas.

L’autre argument des opposants sur l’évolution inflationniste des consultations chez le généraliste, le tiers payant aurait pu aussi être couplé avec la limitation du paiement à l’acte, c’est-à-dire avec l’augmentation des paiement par forfait, par nombre de malades inscrits chez le généraliste. C’est le cas par exemple en Angleterre. Dans les pays autour de nous où il y a ce genre de liste, les médecins sont mieux payés qu’en France. L’histoire du tiroir caisse à chaque consultation n’est pas du tout une garantie de ressource. Tout le secteur de la santé ne se régule pas sur le marché, il se régule en fait des couvertures de l’Etat ou privé mais on n’est pas sur les prix du marché et donc l’illusion que le paiement à l’acte est une vérité des prix est fausse. D’ailleurs la plupart des généralistes, contrairement à ce que serinent les organisations plus ou moins représentatives, n’auraient pas d’objection à ce que la plus grande partie de leurs revenus ne soit plus liée au nombre d’actes mais aux gens qu’ils prennent en charge. Et ca serait certainement beaucoup plus raisonnable. Le tiers payant de ce point de vue là est un élément de base de cette logique. Ce qu’on peut simplement regretter, c’est que le gouvernement, avançant par petits pas, se contente du tiers payant sans s’occuper des forfaits.

Question d’un auditeur : c’est aussi une simplification administrative le tiers payant ?

Oui et non. Tout dépend comment c’est organisé. C’est une des inquiétudes des professionnels. Est-ce que ce sera quelque chose de transparent de la part des caisses de remboursement ou est-ce qu’ils devront remplir des bordereaux, des comptes, des états, des tableurs pour chacune de leurs consultations, d’une façon qui leur ferait perdre du temps. Les deux versions sont possibles. La version simplifiée où tout le monde serait content et la version bureaucratique augmentant le nombre de gratte papier. Rien n’interdit de choisir la version simple, d’autant plus si on finissait par ne plus compter à l’unité mais de faire un système de chambre de compensation pour avoir simplement des volumes globaux rapportés au nombre de consultations sans entrer dans le détail. Ce qui existe déjà dans d’autres secteurs d’assurances!

Une réflexion sur “Sur les Ondes : le tiers payant, une bonne mesure si on réduit le paiement à l’acte

  1. Bonjour Jacques !
    On risque de créer une usine à gaz de mieux, très française.
    Moi je me souviens du temps où je travaillais en Espagne :j’avais un carnet semblable à nos carnets de chèques bancaires : j’allais chez le médecin, il inscrivait la somme sur le bon que je détachais, et se chargeait de l’expédier. Idem ensuite à la farmacia. En tant qu’étranger je n’avais pas de mutuelle ni de SS mais une inscription dans un cabinet d’assurance (celui d’ailleurs de ma Seat Marbella).
    Je trouvais alors que leur système était terriblement plus simple que le notre.

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