Terrorisme: « d’excellents Français » sauront ils faire la guerre ?

Une piqûre de moustique sur la peau burinée d’un paysan, ne se voyait guère. Sur  celle d’un mannequin diaphane posant pour des photos, elle rend Photoshop indispensable. La disparition de la violence en politique dans les pays occidentaux nous rend paradoxalement vulnérables à la moindre violence terroriste. L’attentat de Nice ne représente que 2% de la mortalité routière annuelle française. Et pourtant son impact est considérable. 

Nous sommes en guerre?

Il y a en France deux attitudes: de dire que nous sommes en guerre ou de dire qu’il faut faire comme si de rien n’était. Si la seconde perd du terrain, la première n’engage guère plus quand la guerre n’est pensée que lointaine et par procuration, aérienne, sans pertes ou presque. Etre en guerre, c’est hélas la faire. Jusqu’à anéantir l’ennemi. Avec un coût matériel, humain et politique, sans comparaison avec les piqûres de moustiques qui nous ont chatouillés jusqu’ici. Et bien loin d’une promenade militaire exotique.   Il est hélas peu probable que sa nécessité ne soit comprise avant que la Turquie n’ait basculé dans le croissant des états déstructurés en miettes et en guerre civile perpétuelle.

l’ennemi extérieur et l’ennemi de l’intérieur. Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas..

On peut schématiquement distinguer 3 sortes de terroristes. Parmi ceux de l’intérieur, le psychotique qui agit seul n’a généralement pas même voyagé. On retrouve néanmoins le bon copain ou la bande de copains beaucoup moins fous qui l’ont poussé au crime.

Plus sophistiquées, l’action relativement organisée d’un groupe d’amis ayant séjourné dans un territoire contrôlé par les islamistes radicaux mais rentré au pays. Après en fait s’être fait virer comme « réformés » inaptes voire dangereux sur place. Dont Daech considère qu’ils sont juste bons à agir à la maison. On a vu dans les attentats de Paris au stade de France par exemple que ces individus sont en effet capables de faire capoter des plans d’action de très bon niveau, destinés à faire encore bien plus de victimes qu’il n’y en a eu, confiés à un coordinateur de terrain médiocre et à des exécutants assez lamentables.

Le troisième niveau de l’infiltration d’un réseau de bon niveau, allant de pair avec une logistique capable de fournir du matériel dépassant les armes légères ou même capable de fournir du matériel de terreur Nucléaire, Biologique ou Chimique, n’a pour l’instant pas été mis en place ou en action.

 Dans tous les cas, même pour des réseaux « pros » la durée de survie dépend de l’existence d’un tissu social favorable, qui détourne les yeux ou ne se pose pas de question. Si les taupes dormantes peuvent rester indétectables, des taupes qui commencent à bouger et font des taupinières se font remarquer…..

La France maillon faible ?

La France se révèle un maillon faible dans cette guerre, non pas seulement pour le nombre de personnes originaires d’Afrique du Nord, mais surtout par son désarroi idéologique et ses divisions. La politique traditionnelle de laïcité reléguant la religion dans la sphère privée a été ébréchée dans de nombreuses villes. Certains pensent la solution multiculturelle anglaise préférable ( alors même qu’en UK, son échec fait proposer à certains sur place une laïcité à la française…). D’autres chez nous penchent au contraire pour son durcissement. Mais surtout c’est sur l’attitude vis-à-vis de la population originaire d’Afrique du nord et souvent musulmane que les divergences sont les plus fortes: elles vont de renforcer son intégration à l’exception d’une faible strate extrémiste à la grande expulsion que prone l’extrême droite. Il en est de même pour l’action internationale où les attitudes vont d’aller faire la guerre à nos ennemis jusqu’à relever le pont-levis et chacun chez soi.

Les inquiétudes nourrissant la division et réciproquement, la polémique sur le dispositif de sécurité du 14 Juillet niçois et l’attitude extravagante de parti-pris anti-gouvernemental des responsables de la police municipale locale ne peuvent que conforter nos ennemis dans l’idée qu’il suffit de continuer à taper pour que la société française finisse par craquer. Et c’est en effet un problème qu’une société déshabituée du malheur depuis la fin de la guerre d’Algérie et de l’OAS, ne sache plus serrer les dents et se révèle aussi fragile, dans sa quête illusoire de tranquillité chez soi, dans un monde qui ne la permet pas.

La polémique des moyens de la lutte antiterroriste et des garanties légales des droits individuels.

Une joute oratoire classique est entamée sur le thème de la loi, voire de la constitution qu’on doit adapter, contre les tenants de nos valeurs et de notre société qu’on ne doit pas dégrader, faute de quoi nous aurons perdu nos raisons de nous battre.  Au delà de ce rituel, le Président de la République a rappelé que la loi nous donne tous les moyens de combattre le terrorisme. A condition de s’en servir.

L’article 411 du code pénal traite de la trahison, il ne demande pas de servir un état étranger et hostile, toute entité agissant contre notre pays peut suffire. De relayer sa propagande suffit à encourir 30 ans de prison. Sans avoir besoin de démontrer une entreprise terroriste en bande organisée. Si les lieux habituel de détention sont peu sûrs pour isoler les terroristes ou présumés tels des autres détenus, construire des structures spécifiques n’est en rien contraire à la constitution. Certains sympathisants de l’OAS qui firent un séjour à Saint Maurice l’Ardière, lui doivent aujourd’hui de ne pas avoir fait plus de bêtises et même d’être vivants . C’est tout le mal à souhaiter à d’actuels sympathisants du Djihad, qui seront ainsi en vie et auront pu mûrir quand nous aurons gagné la guerre. Et dont on pourra alors reconsidérer les peines.

 

Ramener des régions au moyen-âge en ramène les idéologies.

La politique des USA de destruction des états qui ne leur conviennent pas et de leur balkanisation les ramenant au moyen-âge, a certes l’avantage de supprimer tout danger conventionnel qu’ils pouvaient représenter. Mais avec des conséquences bien plus inacceptables. Non seulement pour les populations concernées, à commencer par la disparition des droits de la femme. Mais par le retour des idéologies du moyen-âge dont le fanatisme religieux. Aboutissant à un messianisme de croisade, puisque c’est le sens de « Djihad », exutoire des malheurs locaux dans ces pays, et aimant de tous les délires de sublimation des difficultés des esprits fragiles dans les pays développés.

Croisade contre la croisade ou chacun chez soi ? Définir ses buts de guerre.

Tout d’abord, les moyens de la guerre « propre » et du « no touch » ne le sont que pour les occidentaux dans des guerres asymétriques. Tuer du ciel régulièrement les chefs ne conduit qu’à l’émergence de chefs encore plus obtus et ainsi de suite. Sans parler des manipulations par intoxication des services de renseignements, permettant de faire abattre… ceux qui auraient dû être au contraire soutenus. Et de bavure en bavure, on nourrit la haine croissante de la population. Cette politique de « containment » est aux antipodes d’une solution militaire.

IL faut définir des buts de guerre qui ne soient pas du vague et de la vacuité du « on bombarde en représaille ».  Les buts de guerre actuels, de « containment » au chacun chez soi en limitant les capacités opérationnelles de l’ennemi, en espérant qu’il finira par comprendre qu’une coexistence plus ou moins pacifique peut lui être rentable, sont illusoires. Car le messianisme djihadiste continuera à vouloir s’étendre hors des zones contrôlées et si possible en Europe. En commençant par une progression en tâche d’huile en Turquie et en Tunisie. De ce point de vue, Al Nostra qui se déaffilie d’Al Queida, avec son accord !, pour devenir plus présentable est plus dangereux que Daech qui ne survivra pas à sa politique d’affrontement direct partout où il le peut, sans consolider d’emprise sur les populations en dehors de la terreur.

Une campagne militaire au sol peut casser les reins aux organisations terroristes. Elle ne servira pourtant à rien, si la restructuration  des pays n’est pas menée dans la foulée.

Gestion directe ou dictateurs utiles ?

Après la première guerre mondiale, la SDN donna des mandats  de gestion civile à des puissances occupantes dans plusieurs pays. dont la Syrie. L’ONU ne pourrait de nos jours assurer cette fonction que si tous les pays développés en sont d’accord. Sinon, il faudra revenir à la gestion indirecte avec des dictateurs utiles façon  Amérique centrale pour les USA ou Afrique pour la France autrefois… la démocratie étant une perspective hélas à long terme.

Les conséquences en Russie et jusqu’en Chine !

Il ne peut être envisagé de stabiliser moyen-orient, Libye et Sahel en maintenant la Russie hors du jeu. La Chine parait loin. Mais ses investissements en Afrique la rapprochent. Elle  a sans doute intérêt à laisser faire, …pourvu qu’on la laisse faire en mer de Chine.. mais les USA accepteront ils ce marchandage ?

« D’excellents français »

….. qui ne demandent qu’une seule chose: qu’on leur fiche une bonne fois la paix » chantait M Chevalier en  1939. Pour une armée de la drôle de guerre, d’un peuple bien peu belliqueux. Quand on constate les palinodies du monde politique français, « c’est pas moi, c’est l’autre » et le côté ubuesque des propositions jaillissant de tous côtés, la première priorité semble le réarmement moral de notre pays. Les civils du Thalys ou de Nice s’opposant spontanément à mains nues à l’action du terroriste en sont les prémices ou l’espoir.

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