LR et PS bien malades, mordus par le dragon de Komodo du FN

CHRONIQUE du mercredi 08 mars 2017

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Bonjour à tous, chronique d’actualité avec Jacques COHEN, bonjour Jacques !

Bonjour.

AV : On va parler politique et dragon, vous allez comprendre pourquoi dans cette émission ! Tout d’abord politique, et c’est vrai que l’on peut s’interroger Jacques, quel avenir pour le parti Les Républicains et quel avenir pour le Parti Socialiste ?

En effet, quel que soit le Président, les deux grands partis sont bien malades.

En fait, les deux grands partis ont eu affaire au dragon du Front National, mais le dragon du Front National, ce n’est pas Godzilla, une énorme bête qui crache le feu ou déchiquette tout ce qui passe à portée. C’est le dragon de Komodo, le grand Varan.

Le grand Varan, il ne crache pas le feu, mais il bave. Donc, il s’approche des cerfs ou d’un bétail si on l’introduit sur l’île et il va se contenter de mordre à la cheville.

Mais il a une bave extrêmement venimeuse, c’est-à-dire que la plaie ne coagule pas, elle va saigner, cela va fatiguer l’animal. D’autre part, cette bave comporte des bactéries extrêmement virulentes et au bout de quelques jours, quelques semaines, l’animal va mourir et le dragon va pouvoir se repaître de sa carcasse. Avant, pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, il va suivre paisiblement, les pérégrinations et l’agonie de sa victime.

Donc, on peut effectivement dire que les deux grands partis sont dans cette phase, c’est-à-dire qu’ils ont été mordus, ils continuent à courir, mais ils sont atteints d’une maladie mortelle. Alors, ils vont y réagir différemment l’un de  l’autre.

Tout d’abord, chez Les Républicains, les féodaux ont essayé de sauver les meubles, ils sont ramenés dans la ligne par Fillon et leur principal souci, c’est que ce dernier ne sorte pas du trou. Parce qu’évidemment, s’il est élu, il va préparer une série de crocs de boucher et vouloir être le dirigeant d’un parti national en pulvérisant les féodaux.

Pour eux, il n’en est pas question et pour l’instant, ils peuvent faire des dépenses modérées de cierges, il a peu de chance de sortir du trou. Il faudrait un énorme accident industriel chez Emmanuel Macron pour que Fillon finisse par être élu.

Si Fillon n’est pas élu donc, que va-t-il arriver aux républicains ? Et bien, les féodaux vont chacun essayer de sauver leur territoire avec quand même un sérieux handicap. Parce que même en étant en retrait de campagne, leurs électeurs vont quand même les punir d’avoir désigné un individu pareil, à la fois comme qualité et à la fois comme résultat puisqu’il n’aura pas été élu.

Donc, le périmètre de chaque féodalité va être assez restreint, mais ce sera d’autant plus important pour eux de défendre ce qu’il leur reste comme donjon. Et ce sera sur des lignes extrêmement différentes l’une de l’autre.

Les Républicains ont eu comme héritage gaulliste d’être très longtemps un parti d’une race homogène au point de vue génétique. Où tout le monde est sensible à la même chose, tout le monde a les mêmes qualités, les mêmes défauts. Cela a dérivé peu à peu et maintenant, on arrive au moment de l’éclatement, c’est-à-dire qu’il y aura des féodalités sur des lignes extrêmement différentes. Entre une féodalité dans l’est et une féodalité à Nice, il ne va plus y avoir grand-chose en commun.

Alors selon les recompositions, selon qui est Président, etc., selon qu’il y a ou pas, une majorité parlementaire ou qu’il faut rassembler les morceaux, cela risque d’être des petits morceaux pour faire une majorité, avec des lignes extrêmement opposées…. Donc un parti devenant, du point de vue de son étiquette nationale, de plus en plus virtuel. Sauf sur une chose, le financement de la vie publique qui est attribué au parti, donc à l’étiquette, et cela va commencer à être très compliqué après les législatives de savoir qui avait vraiment l’étiquette et qui n’en a pas voulu, pour savoir à qui l’Etat doit donner l’argent du contribuable qui est de 1,6 euro par électeur et par an. Chacun se dotant d’un micro parti pour éviter de voir « son »argent partir dans la caisse centrale.

Du côté du Parti Socialiste, on est habitué à la diversité, d’ailleurs, le premier Secrétaire a rappelé que l’on n’allait sûrement pas virer les partisans de Macron, ce que réclamaient ses adversaires. Mais que l’on allait quand même dire à ceux qui avaient une investiture qu’il fallait choisir entre l’investiture du PS et celle de Macron, mais qu’on pouvait très bien être candidat investi Macron en renonçant à l’investiture socialiste et rester membre du Parti Socialiste.

Bon, cela montre déjà de sérieuses habitudes de réalisme, mais le principal enjeu, c’est de savoir si les réformistes vont au prochain congrès, prendre le pouvoir et reprendre le parti à la gauche de la gauche et si cela va donc, rester un parti uni et unique dans cette diversité. Ou s’il va y avoir coupure et que l’on finisse par avoir, ce qui me paraîtrait beaucoup plus sain et naturel, un parti protestataire de gauche et un parti réformiste de gauche, avec vocation de s’étendre bien au-delà au centre. Parce que le grand écart entre les positions totalement opposées dans le parti sont ce que les Français ne veulent plus entendre. Donc, là aussi, l’ampleur de la déconfiture électorale dictera les rythmes de l’agonie de la bête que le dragon a mordu depuis, maintenant, un bon bout de temps.

Merci, Jacques, pour cette chronique et cette jolie allusion au dragon de Komodo. Alors, quand vous m’avez dit dragon de Komodo, moi j’ai l’habitude de dire « Varan ». Je dis « c’est un grand Varan ».

C’est le même, vous avez tout à fait raison ! Le dragon de Komodo est une appellation vulgaire du grand Varan et je vous signale que cette bestiole était connue en occident depuis très longtemps, parce que l’empereur Tibère, qui avait des goûts particuliers, avait comme animal de compagnie, un grand Varan qui était probablement un dragon de Komodo.

C’est un peu dur à apprivoiser quand même un varan !

Il était plutôt tenu en laisse. Et puis c’est un animal, quand même, qui est généralement craintif et n’attaque que des proies à sa portée, qui n’est pas un animal spontanément sanguinaire. Il n’attaque que lorsqu’il faut se nourrir, une fois de temps en temps et je suppose que chez Tibère on lui donnait de quoi manger. Et comme tout féodal politique, s’il a à manger, il se tient tranquille.

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