Covid-19: début chez nous, début de sa fin en Chine

JHM COHEN 27 Février 2020

Charles Nicolle 1933: «  » La maladie infectieuse, phénomène biologique, porte les caractères de ces phénomènes. Elle tend, à la fois, à se perpétuer et, pour assurer cette perpétuité, à se modifier suivant les circonstances. Une maladie infectieuse change, évolue sans cesse.«  »

Au moment où le SARS-COVID-19 frappe à notre porte, à coups encore mesurés, il convient de rappeler l’adage boursier : Ni les arbres ni les virus ne montent jusqu’au ciel. Et de se rappeler la bonne nouvelle, l’épidémie est clairement en régression en Chine. Chez nous l’épidémie est à venir, elle sera certainement moins dramatique qu’à WuHan, de l’échelle de l’épidémie de grippe et de virus respiratoire syncitial VRS qui se déroulent actuellement, ou un peu supérieure. Mais bien loin des grandes pestes ou des rougeoles d’autrefois. On ne sait si le virus se répandra sous forme d’une vague épidémique rapide, ou de foyers limités multiples, mais on sait déjà qu’il frappe bien plus les esprits que son potentiel objectif ne le justifierait.

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Après la Grippe de 1780 et avant celle de 1802…

Comment finit une épidémie ?

= La fin la plus classique est que l’agent infectieux ne peut plus se transmettre quand la population est suffisamment immunisée par ses formes apparentes et surtout inapparentes pour que le virus ne trouve plus de gens à contaminer. Pour un virus très contagieux comme la rougeole, cela déterminait un cycle triannuel pour atteindre une population sensible d’un volume critique, permettant une vague épidémique. La fin de l’épidémie chinoise est trop rapide pour que ce mécanisme soit la principale cause de la perte d’élan de l’épidémie.

= les conditions de transmission peuvent changer inopinément et l’interdire. Pour la peste ou le typhus, transmis par les puces, l’éradication du vecteur suffit. C’est ce qui s’est passé en 1945 à Ajaccio ou une bouffée épidémique de peste a été stoppée net par le nouveau désinfectant anti vermine radical apporté par les troupes américaines, le DDT. Plus de puces plus de peste. Pour un virus de transmission aérienne, dont la survie dépend de l’humidité et de la température de l’air des voies aériennes supérieures de porteur du virus, la fin du climat doux et humide qui s’éternise en guise d’hiver pourrait stopper net la propagation virale.

= L’instabilité virale. Un virus inhabituel dans une espèce commence toujours par y être très mortel, mais souvent peu contagieux au sens épidémiologique du terme. Lorsqu’il n’y a pas de passage secondaire interhumain l’infection de quelques individus passe inaperçue , ou si le virus périclite après un seul passage inter-humain comme le virus de Marbourg, l’épidémie ne prend jamais d’ampleur. Lorsque des passages interhumains secondaires sont possibles, il reste une antinomie entre la virulence et la contagiosité, la grippe aviaire ( et porcine ) H1N1 était d’une létalité largement supérieure à celle d’une grippe courante, mais sa contagiosité s’est vite effondrée et il n’y a pas eu de pandémie. Le précédent SARS de Hong Kong comme le MESR d’Arabie ont été plus mortels mais d’emblée moins contagieux que le SARS-COVID-19. D’où leur faible diffusion.

Dans le cas du SARS-COVID-19 il est très net que le virus a tué beaucoup moins au bout de 5 à 6 semaines soit 3 ou 4 passages inter-humains. Va t il se domestiquer jusqu’au niveau des coronavirus humains habituels sources de rhumes en gardant un potentiel infectieux, ou disparaître faute de nouveaux passages ? Les virologues séquenceurs ne voient pas de mutations significatives dans les formes circulantes du virus. Si leur survenue signifie la mort rapide du virus, ils n’en verront jamais. Et pourtant l’épidémie se sera arrêtée.

Les confinements, je confine tu confines ils confinent…..

Le choix des autorités chinoises d’un confinement de type couvre-feu à WuHan puis dans les autres foyers a suscité le scepticisme discret des infectiologues occidentaux, ayant constaté la fuite hautement contaminante de plusieurs millions d’habitants durant la mise en place du bouclage. Puis une modélisation constatant un retard de diffusion d’un cycle viral environ. Pourtant le confinement de type bouclage et coure-feu a eu un grand mérite, un peu inattendu. Il a retardé sa diffusion laissant le temps au virus de perdre largement en virulence avant de se répandre au-delà.

Un second type de confinement a été réalisé à WuHan, en dépistage systématique débusquant les patients et porteurs restés à la maison : c’est le confinement par écrémage. Il a aussi été réalisé chez nous autour des cas index, dont on confine l’entourage ou les sujets contacts de principe ou sur la base de tests.

Un troisième type de confinement est la suppression des circonstances de contacts contaminants, en supprimant leur opportunité. Suppression des rassemblements, des matchs, festivals, etc, éviction scolaire suite à un passage en zone à risque. Cette tactique de ralentissement de la diffusion virale comporte une spectre plus large jusqu’à la fermeture des établissements scolaires, du RER….

Pourquoi ralentir une diffusion virale qui semble inéluctable ? Pour tenter d’éviter une épidémie en une seule vague rapide submergeant le système de santé pour l’échanger contre une épidémie plus lente et de vagues moins hautes. Ce qui permet par exemple de soigner plus de malades ayant besoin d’une assistance respiratoire par exemple. Mais au prix d’une désorganisation économique nettement plus longue.

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