Covid-19 le coronavirus de WuHan 17/2/20

JHM Cohen 17/2/20

Le coronavirus de WuHan frappé par le politiquement correct devait être nommé de telle sorte de ne discriminer ni ne choquer personne. La vieille habitude du type de virus suivi de la ville et de l’année qui aurait donné CoronaV WuHan 2019 n’est plus dans l’air du temps. Après quelques essais n’ayant pas soulevé l’enthousiasme, covid-19 va sans doute durer.
Aujourd’hui quelques incertitudes sur les modes de transmission du covid-19. On distingue classiquement les Virus des éternuements et les Virus des mains sales. La Grippe est le prototype des virus respiratoires qui ne se transmet épidémiologiquement que par les gouttelettes des éternuements. Au moins mille milliards de virions par éternuement. A vitesse initiale supersonique d’où des aérosols de particules fines.  Même si le virus de la Grippe survit un peu sur les mains atteintes par les éternuements.
Le rotavirus, la poliomyélite, la typhoide ou le choléra sont des maladies des mains sales parce qu’excrétés dans les selles, et relativement solides ainsi, dans les eaux ou les déjections, avec une diffusion aqueuse ou manuportée.
Les coronaV sont habituellement des virus respiratoires. Mais on a trouvé du covid-19 dans les selles. Et des tests de survie ex vivo ont montré que la survie du virus peut s’y compter en jours. Les dirigeants chinois semblent prendre très au sérieux un risque manuporté. Ils prennent des mesures en conséquence, comme la stérilisation des billets de banque, ou les arrosages et vaporisations d’eau de javel à l’échelle de villes entières. Pour éviter l’emport par les chaussures, sans communiquer sur le rationnel de ces mesures.
Comme l’enjeu économique est énorme, aussi longtemps que le risque n’est pas avéré, la direction chinoise a intérêt à se taire et à ne pas expliquer ce qu’elle fait. L’amusant, si l’on peut dire, c’est que personne ne semble l’avoir remarqué en Occident. Sauf pour s’en moquer. Oculos habent and nihil videbunt !!
Mais il y a aussi un enjeu de diffusion épidémique. En climat sec, comme une large partie de l’Afrique, la diffusion aérienne a peu de chance. En revanche la contamination des eaux peut y être catastrophique vu l’état des réseaux et des stations d’épuration quand elles existent.
Aucun test in vitro ne peut prédire réellement le potentiel épidémique  des mains sales ou des objets contaminés par le Covid-19. Il peut être nul ou significatif. La direction chinoise semble dans le doute choisir de le prendre au sérieux.
C Nicolle 1933 Le destin des maladies infectieuses:
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Jamais, nous ne devons oublier que les faits dont nous nous occupons sont mouvants, qu’aucune formule ne peut les fixer, les définir, que nous n’en apercevons qu’un tronçon, que
les commencements nous échappent, que le phénomène se modifie entre nos mains et, par conséquent, que ce que nous prononçons, ce que nous imprimons, n’est qu’une traduction maladroite, incomplète d’un aspect momentané, d’une seconde au cadran illimité du temps.
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CoronaVirus de WuHan. Des nouvelles du front….

JHM Cohen 15 2 20

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2309969

Les nouvelles du coronavirus de WuHan sont globalement positives. Mais avec quelques nuances plus sombres.

Les péripéties statistiques chinoises semblent pour l’essentiel le rattrapage à WuHan des malades ayant évité l’hôpital, soit volontairement, soit du fait de la saturation des structures de santé. Et donc des décès à domicile. Plus des incidents de déclaration des cas et des décès, le personnel de santé ayant plus de malades que d’écrans informatiques à soigner.
quarantaine maritime

C’est l’association des deux pavillons, LQ qui indique la quarantaine maritime. Le pavillon jaune, signifiant, » j’attends l’autorisation pour débarquer », tandis que le damier jaune et noir intime au bateau approchant l’ordre de stopper immédiatement.

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Le coronavirus de WuHan : enfin de bonnes nouvelles de Chine !

Dr JHM Cohen Professeur émérite d’Immunologie 8 2 20

Charles Nicolle prix Nobel de Médecine 1928 a écrit en 1933 :

« «  Les maladies infectieuses, leçon de solidarité entre les hommes :

La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables. » »

Quand la caisse de résonance médiatique donne de l’écho aux pires inquiétudes et relaie les pires accusations, il faut raison garder et revenir aux bases scientifiques du raisonnement concernant les maladies infectieuses et les épidémies. Charles Nicolle, le découvreur entre autre du toxoplasme et de la transmission du typhus par les poux, les avaient théorisées dès 1933 dans ses leçons du Collège de France, : « le Destin des maladies infectieuses ». Les agents infectieux, et les espèces animales comme l’homme vivent ensemble depuis la nuit des temps, le plus souvent en bonne intelligence, mais avec parfois des scènes de ménages. Les épidémies sont inéluctables et les maladies infectieuses évoluent en permanence dans l’interaction avec leurs hôtes.

C’est ce dernier aspect qu’il faut regarder pour mieux comprendre les épidémies de coronavirus.

Nos coronavirus à nous les humains.

Nous sommes les hôtes habituels de coronavirus, il y en a quatre types, qui donnent 10-15 % des rhumes subis par tout un chacun, et des pneumonies chez les gens fragiles ou immunodéprimés, dont ils tuent quelques centaines par an dans notre pays. Une certaine A Buzyn a publié à ce sujet en 2003.

Des coronavirus animaux peuvent à l’occasion faire une excursion dans notre espèce qui n’en est pas l’hôte habituel. Ce furent les cas du SRAS à Hong-Kong et du MESR en Arabie Saoudite. La plupart du temps dans cette situation ils sont très mortels mais peu contagieux, ce qui conduit à un foyer relativement local et relativement vite éteint. Le coronavirus de Wuhan, a la particularité d’être assez contagieux, de l’ordre de la contagiosité de la grippe. Mais initialement il tuait autour du marché d’animaux de WuHan bien plus que la grippe.

liwenliang

Dr LiWenJiang in Memoriam

L’évolution du coronavirus de WuHan et l’avenir de l’épidémie.

Le coronavirus de Wuhan a un potentiel épidémique car il est transmissible non plus par la chauve-souris, le serpent ou le pangolin, mais d’homme à homme. Comme virus respiratoire banal. Mais il est déjà bien visible que sa virulence s’atténue de passage en passage dans un hôte inhabituel pour lui. Jusqu’où ? c’est la principale question sans réponse. Car une pandémie d’un rhume banal, ne justifierait plus les mesures draconiennes prises pour l’instant en Chine.

D’autres éléments conditionnant son avenir se dessinent également : comme la plupart des autres coronavirus, il n’aime pas le froid. D’où le petit nombre de cas à Pékin où il gèle fort en cette saison. Il n’aime pas non plus l’air sec, même chaud.

La gestion de crise en Chine et les mesures de confinement.

Après un cafouillage initial, où, en niant le problème, les autorités locales ont laissé passé la chance d’étouffer l’épidémie dans l’œuf, comme d’en trouver l’origine par prélèvements multiples dans le marché avant de tout brûler, l’attitude des autorités chinoises a été exemplaire de détermination et d’efficacité logistique.

Le choix des quarantaines et confinement a été poussé à une échelle inégalée de plusieurs dizaines de millions de personnes. Seul une population aussi disciplinée que les citoyens de la RPC pouvait accepter un confinement installant un couvre-feu limitant les sorties à 2h par 2jours !!

Lors de l’épidémie d’Ebola en d’autres lieux, les tentatives de fermeture de magasins et lieux publics ont rapidement conduit à des attroupements devant eux, totalement contre-productifs tandis que le blocage d’un quartier a conduit à des affrontements sur les barrages qui ont vite fait abandonner ce type de mesures.

Disons le tout net, le confinement ne peut empêcher la diffusion d’une épidémie dont les porteurs inapparents sont déjà contagieux, et le potentiel de diffusion de l’ordre de celui de la grippe ou des rhumes. En revanche, il ralentit géographiquement la diffusion de l’épidémie, laissant au virus le temps de perdre de la virulence de passage en passage sans avoir diffusé loin de son épicentre.

Lorsque l’atténuation du virus sera acquise, le confinement peut en revanche devenir contre-productif vis-à-vis de l’émergence de mutants revertants récupérant une forte virulence qui n’est bloquée que par l’immunité de la population générale, donc la diffusion préalable du virus « atténué ».

Vers une pandémie ?

Sauf intervention du Général « coup de froid » ou autre obstacle météo, la pandémie est inévitable. Le cycle de contamination/incubation/transmission étant de l’ordre de 10-15j, il ne faut pas attendre un phénomène rapide dans les prochaines jours, mais une diffusion lente n’explosant pas chez nous avant la fin de l’hiver ou de ce qui en tient lieu insuffisamment en cette période de réchauffement.

Deux questions sans réponses fermes : fera t il chaud assez tôt pour qu’un rhume ne soit plus de saison, nous épargnant l’épidémie ? Et quelle mortalité résiduelle aura cette pandémie ? Même si les éléments d’atténuation sont déjà indiscutables, il faut encore attendre un mois pour le savoir.

Les traitements.

= L’acuité et donc les financements de la recherche vaccinale avaient été limités par le caractère somme toute ponctuelle du sras et du mesr. Le potentiel épidémique du nouveau coronaVirus de WuHan devrait cette fois servir de leçon et pousser à la roue. Si un vaccin d’efficacité courte anti épidémique pourra être mis au point en 18 mois deux ans, un vaccin plus ambitieux d’immunité durable et de spectre étendu à tous les coronavirus devrait être également fixé comme objectif.

= La recherche des médicaments antiviraux est une quête ingrate, mais qui ne doit pas pour autant être abandonnée

= Le potentiel de l’antique sérothérapie, oubliée depuis l’apparition des antibiotiques, à partir du plasma frais congelé de convalescents devrait être testé chez les porteurs de pneumonies chroniques qui sont les patients qui finissent par mourir. Elle pourrait être efficace.

Citons enfin pour finir Charles Nicolle in extenso :

« « «  Les maladies infectieuses, leçon de solidarité entre les hommes :

La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables.

Nous sommes aussi, à ce point de vue, quels que soient nos sentiments vis-à-vis d’eux, solidaires des animaux, surtout des bêtes domestiques. Les animaux portent souvent les germes de nos infections et, d’autre part, les pertes que causent les maladies du bétail frappent durement l’économie humaine.

Ne serait-ce pas une raison suffisante, terre à terre, égoïste, pour que les hommes regardent avec sollicitude les êtres qui les entourent, une raison majeure pour qu’ils fassent trêve à leurs propres discordes et s’unissent fraternellement contre l’ennemi commun.

« « «

Un écologiste méconnu !

CoronaVirus et grippe: la grippe fait la course en tête

Chronique du 31 janvier 2020

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2299016

Avec nous en direct par téléphone Jacques Cohen. Bonjour Jacques.

Bonjour.

La semaine dernière, on parlait de ce coronavirus qui était en train d’envahir la Chine, d’envahir le monde, une semaine plus tard, il est l’heure d’un nouveau bilan. Avec un bilan qui s’alourdit, des cas mortels, des personnes incubées, des personnes qui ne le savent pas. Où en est-on Jacques Cohen si on fait le point ?

Alors, il y a une présentation catastrophique qui est la présentation par le nombre de morts, mais celui-ci doit toujours être mis en comparaison du tableau général, parce que l’on ne voit que la pointe de l’iceberg. Les morts sont donnés par rapport au nombre de malades déclarés hospitalisés, on est dans l’ordre de 2-3%. On est très en dessous du SRAS initial celui de Hong-Kong, et encore plus de celui du Moyen-Orient, mais ce n’est pas le paramètre le plus pertinent. Il y a probablement, comme dans la plupart des maladies infectieuses virales, des porteurs sains et des formes très bénignes. Entre les porteurs sains et les formes très bénignes, il y en a souvent un grand nombre de contaminés.

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Sources de rhume bénin ou redoutables tueurs, tous les CoronaVirus ont la même tête !

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