Covid-19: les obstacles au vaccin

JHMCOHEN 24/07/2020

A l’heure où le virus reprend une phase rampante ascendante après son premier pic, et de notre échec à l’éradiquer comme les chinois l’ont fait, beaucoup d’espoirs sont reportés sur le vaccin. Bien plus d’ailleurs que sur la recherche de médicaments anti-viraux alors que l’histoire du SIDA nous enseignerait le contraire.

Cet espoir, nous le partageons tous, mais il faut comprendre combien les premières étapes publiées sont loin du but final.

Des anticorps délétères

Dans des essais de vaccination vétérinaire contre des coronavirus animaux, un résultat inverse d’aggravation de la maladie a été constaté. Dû à des anticorps préformés par le vaccin exacerbant les signes cliniques. C’est une phénomène connu chez l’homme pour d’autres virus comme la Dengue. Aucune donnée à ce sujet n’est connue pour le Sars-Cov2 pour l’instant. Mais ce serait une catastrophe majeure bloquant la possibilité d’un vaccin rapide.

Des anticorps trop fugaces

De nombreux virus respiratoires n’induisent qu’une immunité transitoire fugace reposant sur des anticorps ne durant que quelques semaines à quelques mois. La réponse vaccinale peut être de la même durée. Rendant délicat ou impraticable l’usage de ce vaccin.

Pas assez d’anticorps sur les muqueuses

La bataille vaccinale pour le Covid-19 se joue sur les plages ou plus sérieusement sur les muqueuses en empêchant les premiers cycles de reproduction virale. Au contraire du virus polio par exemple inoffensif sur les muqueuses digestives, mais toxique pour la moelle épinière. Le premier vaccin anti polio, un vaccin dit « tué » empêchait valablement les complications neurologiques mais laissait persister le portage digestif et la diffusion du virus. Pour le Sars-Cov2 un vaccin induisant une immunité et surtout des anticorps mais incapable de tapisser préventivement les muqueuses n’aurait aucune efficacité.

Le virus peut il se passer du spike ?

Le récepteur du Sars-Cov2, le récepteur de l’angiotensine, est bien identifié et sa protéine de liaison le trimère « Spike », bien étudié. Au point de savoir éviter sa dégradation s’il est employé comme antigène vaccinal. Reste à savoir si le virus dans la vraie vie et non pas en culture de cellule, pourrait s’adapter à utiliser un second récepteur s’il est empêché d’utiliser celui là.

Les obstacles industriels en production

La production de masse d’un vaccin est souvent considérée comme éventuellement coûteuse mais sans problème sérieux. C’est tout à fait faux pour plusieurs des types de vaccin envisagés. S’il est relativement stable dans son épidémie, le Sars-Cov2 mute considérablement en culture. Sa production stable à grande échelle sera très difficile. Les vaccins basés au contraire sur des protéines isolées sont beaucoup moins immunogènes que du virus entier et demandent donc de plus grosses quantités d’immunogène dans chaque dose… Les vecteurs viraux dits recombinants auquel on fait produire des antigènes du sars-cov2 seraient facile à produire si on les laisse se multiplier dans l’individu. Mais ils peuvent alors se propager voire recombiner dans la nature. Si bien qu’on préfère des formes non replicatives capables d’infecter des  cellules de l’individu qu’on veut vacciner mais incapables d’aller plus loin.  Il faut alors des doses de vaccin vivant bien plus considérable.

Comment savoir si un vaccin est efficace ? in-vitro, chez l’animal et chez l’homme..

Les tests préliminaires in vitro sont prédictifs lorsqu’ils sont négatifs!! On peut alors passer à un autre essai. Mais positifs, il ne sont qu’un encouragement à continuer. Dans ces tests, les dérivés de la quinine ou l’ivermectine sont des armes antivirales absolues d’efficacité totale. Ce qui n’est pourtant pas le cas in vivo….

Les tests animaux sont déjà plus intéressants, mais même chez les primates comme le macaque, la maladie n’a pas exactement la même histoire naturelle, les mêmes complications que chez l’homme. Accessoirement, les taux de prise de vaccin et les durées de protection peuvent largement différer.

La qualité de la protection chez l’homme, ne peut être étudiée que de deux façons. En vraie grandeur dans un foyer épidémique ou par tests d’inoculation. Le test épidémique peut être très difficile à valider: s’il faut plusieurs injections sur 3 mois, la météo de l’épidémie ne permettra pas de choisir où le réaliser. S’il faut étudier non pas la disparition de toute maladie mais celle des formes graves mortelles, ce sera encore plus difficile de juger de l’efficacité d’un vaccin contre un virus qui tue de 80 à 1800 personnes par million selon les pays !

Les tests d’inoculation, parfaitement admis du temps de Pinel pour la variole, du temps de Pasteur pour la rage, sont de nos jours tenus comme non éthiques dans la plupart de pays, qui pourtant admettent voire exigent des tests de médicaments dans des études aveugles comportant un bras placebo quand il n’y a pas de meilleur traitement antérieur auquel comparer le nouveau produit.

Pour démontrer que la grippe n’était pas due au bacille de löffler ( Hemophilius Influenzae nommé ainsi à la suite de l’épidémie de grippe de 1889-90 ) qui la surinfectait, Dujarric de la Rivière à l’Institut Pasteur en 1918 a préparé un ultra-filtrat à travers un filtre de porcelaine qui retenait les bactéries et montré que cet ultra-filtrat était contagieux, en le buvant lui même.

dujarric IP

Dujarric de la Rivière 1915 manifestement pas très content qu’on l’embête pour une photo  au labo où le bec Bunsen  brûle encore.  La paillasse est sans doute la grande table de l’Instituteur avec un encrier incrusté en bas à droite. Comme elle est inclinée, un support horizontal a été bricolé pour le microscope. On pouvait encore à l’époque décorer la paillasse de quelques fleurs.  Crédit Institut Pasteur

dujarric de la rivière

Le même René Dujarric de la Rivière plus âgé et plus détendu sur le perron de l’Institut Pasteur

Dans les années 50, les promoteurs des premiers vaccins contre la poliomyelite les ont administrés à leurs propres enfants.

Il est possible que certains pays testent leurs vaccins sur des volontaires avec épreuve d’inoculation. Mais dans le monde occidental, un motif pour ne pas le faire va s’ajouter ou se surajouter aux questions éthiques. Il est très peu probable qu’un vaccin de type vaccin contre le tétanos, conférant une protection absolue à tout âge soit développé en urgence. Les vaccins anti-grippe par exemple cassent les épidémies lorsqu’ils procurent une protection de 50%. du fait d’une contagiosité virale de l’ordre de celle du Sars-cov2.

Parmi les nombreux essais en cours, on peut prédire de nombreuses nuances d’efficacité.

Et les firmes qui se battent déjà à coup d’annonces totalement prématurées sur leurs résultats préliminaires, continueront à promouvoir leurs bébés avec les yeux de la foi, voire parfois de la mauvaise foi…

Il a fallu 80 ans en médecine pourtant vétérinaire pour admettre que le vaccin initial contre la fièvre aphteuse n’était efficace que par les mesures sanitaires qui accompagnaient son administration….

Une difficulté majeure pour un virus à la pathologie et la mortalité aussi différentiées et liées à des facteurs de risques inhabituels, sera de valider son action dans telle ou telle population. Il n’est que de constater la situation des vaccins anti grippaux moins efficaces chez les personnes âgées et les stratégies vaccinales opposées en découlant dans différents pays.  Nous vaccinons préférentiellement en France les personnes âgées quand d’autres constatent que ce sont les jeunes qui sont les vecteurs des épidémies de grippe, et que comme ils répondent très bien au vaccin, le leur administrer casse l’épidémie d’un virus saisonnier.

Les périls particuliers de quelques voies vaccinales envisagées

La voie la plus sûre en terme d’efficacité est aussi celle dont la mise en oeuvre est la moins probable. Il s’agit d’un  coronavirus atténué ou d’un cousin bricolé dont on bloquerait la capacité à empêcher le sujet infecté de produire de l’interféron par exemple. On doit constater que même si des vaccins courants comme ceux contre la rubéole, la rougeole… sont des vaccins vivants atténués, il y a dans nos sociétés frileuses une crainte d’un virus redevenant plus méchant, comme d’une modification de l’écosystème, qui prohibe ces vaccins. Si le virus devient durablement annuel et si les autres vaccins sont des échecs, la question reviendra peut-être sur le tapis. La diffusion d’un autre virus vivant destiné à interférer avec l’épidémie de Sars-cov2 et à l’étouffer  est tout autant hors de saison. Ceux aux USA qui comme R Gallo qui  ont proposé de diffuser du vaccin vivant anti polio pour cela n’ont aucune chance d’être écoutés pour l’instant.

Le vaccin qui court en tête, du moins des cours de Bourse et des annonces médiatiques, est le vaccin de Moderna, mRNA encapsulés dans un mélange lipidique. Son tendon d’Achille est déjà connu: ces lipidiques sont très immunogènes et pro-inflammatoires, limitant le nombre d’injection. Et proscrivant un usage annuel.

Les vaccins recombinants basés sur un adenovirus donnent parfois une réaction inflammatoire significative ressemblant à un très gros rhume, comme finalement le sars-cov2 lui-même chez les sujets jeunes.

 

La stratégie vaccinale. L’annonce de choix est prématurée

Il est stupéfiant de voir le conseil scientifique français devenu spécialiste en peau d’ours après l’avoir été en mesures à l’eau tiède, donner dès maintenant des préconisations de politique vaccinale. Ni le ciblage de la population à vacciner ni le taux de couverture à atteindre ne peuvent être déterminés pour l’instant. Faudra t il vacciner tout le monde ou les seules victimes potentielles ? faudra t il rendre le vaccin obligatoire pour atteindre le taux de couverture souhaitable ? Personne ne peut le dire pour l’instant.

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