Vaccins Covid19: pour une évaluation lucide des bénéfices et des effets secondaires, médicaux et politiques

Jacques HM Cohen  24 07 2021

Avant tout catalogue au crédit ou au débit des vaccins anti-covid, il faut rappeler que les vaccins sont affaire de confiance, dure à gagner et très facile à perdre, pour de raisons totalement non scientifiques. Les mésaventures d’AstraZeneca en témoignent. Ce vaccin étant été liquidé par une complication spectaculaire de thromboses cérébrales ou abdominales avec thrombopénie et anticorps anti héparine sans héparine, survenant à une fréquence totalement acceptable chez les sujets à risque, mais le faisant récuser par l’opinion publique du fait de la gestion chaotique des mesures prises et explications données.

Une grande particularité du sars-cov2, c’est l’extrême sélectivité de son choix de cibles. En Suède 22 morts du covid sur 15 000 ont entre 20 et 30 ans. Et encore parmi eux les sujets à facteur de risque n’ont pas été décomptés !!

Nous allons résolument passer en revue, non pas le catalogue des complications vaccin par vaccin, mais les principaux problèmes posés par chaque type de vaccin.

En commençant cependant par ceux qui leur sont communs: syndromes grippaux, pics d’hypertension, vertiges, dysautonomies, réactions allergiques générales et inflammatoires locales. Fréquentes et très rarement graves, elles n’ont pourtant pas le même poids selon les sujets, une vieille personne ne pouvant parfois pas les supporter. A l’inverse un enfant épileptique peut faire des complications sérieuses d’une forte fièvre s’il ne reçoit pas à temps du paracétamol. 

La déstabilisation ou la révélation de maladies auto-immunes est rare mais préoccupante quand en France  par ex 22 cas de polyarthrite grave dont 7 inaugurales sont rapportées. Quelques Purpura Thrombopéniques Idiopathiques sont également inéluctables comme quelques glomérulonéphrites. Mais tout cela reste à l’échelle du 1/100 000 ou moins. Soit quand même pour les chocs ou les Guillain-Barré bien étudiés de longue date dans les vaccinations, environ 10 fois plus qu’un vaccin classique.  

Les adenovirus

Outre les thromboses atypiques, quelques troubles neurologiques ( paralysies de Guillain-Barré, myélite transverse ) ont été rapportés. Le plus lourdement dosé d’entre eux ( J&J ) pour une seule injection en étant plus affecté qu’AZ. Sputnik parait indemne, que ce soit en apparence seulement, ou lié à un seuil de tolérance d’impuretés en fabrication bien plus bas que ses congénères. Mention à part pour les injections itératives qui ont toute chance de devenir rapidement inefficaces, le sujet s’immunisant contre le vecteur.

Les vaccins à RNA

Ils sont tout d’abord de bien plus forts inducteurs de syndrome général aigu  que les autres vaccins, sans doute du fait d’une forte induction d’interferon (IFN), dont les complications connues autrefois dans l’usage d’IFN en thérapeutique sont toutes retrouvées, à commencer par les poussées de zona, d’herpès ou les paralysies faciales qui sont en fait la complication la plus fréquente des vaccins RNA à 1/5000. Heureusement régressives le plus souvent. A noter curieusement, que les troubles psychiques connus des IFN n’ont pas été rapportés ici, mais peut être faudra-t-il attendre des injections itératives en rappel pour les voir apparaître….

Les troubles du rythme dont des morts subites et surtout les myocardites et péricardites sont ici préoccupants. Ces myocardites frappent les sujets masculins de moins de 30 ans. Avec une fréquence non négligeable jusqu’à 66/M chez les adolescents aux USA. Certes la plupart régressent vite, mais quelques décès ont été signalés et des séquelles d’insuffisance cardiaque dans les formes durables ne peuvent être exclues. Survenant chez des sujets sans risque de la maladie, elles posent la question de la vaccination altruiste  à leur prix. Comme l’indique ce point de vue d’un rythmologue aux USA.

La FDA les a considéré comme d’un prix acceptable chez l’enfant en regard de la mortalité de la maladie certes résiduelle mais non nulle dans cette tranche d’âge. L’argument est faible si on considère que la presque totalité de ces cas graves infantiles étaient porteurs de facteurs de risque aisément décelables et justifiant une vaccination ciblée dès l’âge de 2 ans. Choix israélien récent d’ailleurs. Dans une perspective éradicatrice du virus, la vaccination des jeunes pourrait se justifier. Pour réduire la circulation virale sans espoir de l’annuler, surtout quand des variants à forte contagiosité apparaissent, le jeu ne me parait en valoir la chandelle. Surtout, pourrait on dire froidement, lorsqu’on envisage que quelques décès risqueront de retourner l’opinion publique contre la vaccination, non pas des moins de 30 ans mais en général, dont les sujets plus âgés qui en auraient le plus besoin.

Le cas des femmes enceintes et les vaccins RNA

Un léger excès d’avortements spontanés ( FCS ) a été proposé. D’autres publications ne les ont pas retrouvés. Une légende obscure ou erronée d’un tableau d’une publication du NEJM concluant d’ailleurs à l’absence de risque spécifique a conduit de nombreuses personnes à la conclusion inverse sans voir l’énormité confinant à l’absurde de cette interprétation des données.   Rappelons d’abord que la grossesse humaine n’est pas un processus zéro défaut. Le taux de FCS est de 12%, 9/10 survenant dans le premier trimestre. L’interprétation pessimiste de cette légende de figure conduit à considérer que tout simplement plus de 90% des grossesses chez les vaccinées du premier trimestre aboutissaient à une FCS. Sans remarquer que le nombre total de FCS ne laissait dans cette lecture aucune place à des avortements plus tardifs, le vaccin devenant ainsi un excellent protecteur des FCS tardives !!! Aucune explication scientifique, ne pourra convaincre des femmes vaccinées ayant perdu leur enfant qu’il s’agit d’une coïncidence. Et vu l’âge des femmes enceintes, il serait prudent, bien plus politiquement que médicalement, de ne pas les vacciner pour le moment avec les vaccins RNA disponibles, au moins durant le premier trimestre, sauf facteurs de risque, dont l’obésité et le diabète qui sont par eux-mêmes des risques d’avortement.

Les vaccins inertes virus entiers ou sub-unitaires

Mal vus pour une immunisation moindre et moins rapide que les précédents. Ils ont pourtant de nombreux avantages, pour peu d’on les emploie dans un schéma à 3 injections à dose suffisante espacées d’un mois à 6 semaines. Leur  immunité a ainsi de bonnes chances d’être plus durable que celle des vaccins à pics aigus d’anticorps. Et surtout leurs effets secondaires sont minimes, de l’ordre de ceux d’un vaccin multivalent banal. et leurs injections pourront être répétées sans risques à mesure de l’évolution du virus.  Ils devraient être privilégiés dès maintenant chez les sujets de moins de 30 ans. Pourtant la FDA a refusé l’ATU au vaccin de  Novavax dont la phase 3 était tout à fait convenable et l’EMA européenne ne s’est pas précipitée pour le repêcher, pas plus que Valneva (virus entier ) n’a eu de commande européenne ou française…

Sans doute sur le raisonnement d’attendre à nouveau le vaccin sub-unitaire de Sanofi/GSK…

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Première édition française de l’ouvrage de Jenner. Pour aider à la diffusion de la vaccination en Europe continentale, Napoléon acceptera en pleine guerre et blocus les allers et venues entre l’Angleterre et le continent des médecins concernés et de leurs réactifs…. Le traducteur Comte étant encore officiellement proscrit, même s’il voyageait déjà en France sans souci, seules ses initiales apparaissent.

L’exemple Napoléonien !

Fervent partisan de la vaccination, Napoléon a été confronté à la gestion de la vaccination anti-variolique. Il impulsa la mise en place d’une véritable infrastructure logistique du vaccin qui a l’époque posait de gros problèmes de qualité de conservation, avec 25 dépôts régionaux, d’une infrastructure de santé publique avec des centres de vaccination gratuite, une forte propagande en faveur de la vaccination, dont des démonstrations d’exposition au virus post vaccination et la vaccination de son fils. ( comme d’ailleurs sur ce dernier point Louis XVI qui partageait le même raisonnement scientifique ). Mais il géra l’aspect dissuasif voire coercitif avec prudence. Écartant la tentation initiale de passage en force de Chaptal et Pinel. Et préférant une pression croissante progressive, sans affrontement direct trop rapide. Concernant ses soldats, la campagne de vaccination volontaire au camp de Boulogne fut un échec ( 6000 sur 100 000 ), mais dix ans plus tard, la vaccination des conscrits a pu être rendue obligatoire. L’orientation pédiatrique incitative puis dissuasive a permis obtenir une couverture d’environ 50% des enfants à la fin de l’Empire. Où les aides sociales et accès scolaires etc exigeaient la vaccination.

Il trouva également un moyen de lutte original contre les fake-news. La presse était soumise à l’époque à la censure. Mais il choisit de réclamer des journaux de soumettre préalablement les articles sur le sujet, non pas aux préfets, mais à l’Académie de Médecine, nouvellement créée et considérée comme autorité indépendante.

De nos jours dans le système de santé, des mesures coercitives sont faciles à mettre en place avec une bonne acceptabilité générale.

Mais si on exclut les moins de 30 ans, il reste plus d’un quart de la population française non vaccinée dont  5 millions de personnes à fort risque. Pour aller les chercher il faut convaincre.

Avec la citation de Lucrèce « De natura Rerum » qui figure en incipit de la publication princeps de Jenner sur la vaccination:

Quo referemus enim ? Quid nobis certius ipsis sensibus esse potest, qui vera ac falsa notemus ?

( Sur quoi donc nous fonder ? Rien n’est-il plus certain que nos sens, pour distinguer le vrai et le faux ?)

Malheureusement, l’homme n’est pas qu'un animal scientifique doué de raison. Et il croit à ses sens, qui peuvent être abusés. Donc il faut convaincre par la science mais pas seulement. Il faut aussi créer de la confiance. Par la franchise et des choix compréhensibles.

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