Covid-19: USA terre de contrastes !

 

L’épidémie dans ce pays non seulement de paysages mais d’habitats et même d’habitants divers, dure depuis plus de 2 mois. Elle ne semble pas près de finir. Elle se déroule de façon très différente d’un endroit à l’autre. Des politiques très diverses lui sont opposées. Tout cela nous fournit de nombreux enseignements.

cas par jour USA
cas journaliers aux USA: pic + plateau Il faut noter que c’est également la situation en Russie.
morts par jour USA
Mortalité journalière du Covid-19 aux USA

Tout d’abord il est frappant de confronter les nouveaux cas par jour aux décès journaliers. Bien sûr, il y a de nombreuses limites à cette comparaison. Non seulement les décès témoignent de l’histoire de l’épidémie avec un retard de une à trois semaines, mais la proportion de dépistés plus ou moins symptomatiques peut faire varier le nombre de nouveaux cas. Cependant des écarts importants survenant progressivement dépassent ces artefacts: le ratio des décès par cas est passé de 7% à moins de la moitié. Deux explications non exclusives, une meilleure réponse du système de santé  et une atténuation du virus. La faiblesse du système de santé US n’est pas seulement quantitative. Elle est faite aussi de sa rigidité, les soignants ayant l’habitude de protocoles optimisés et intangibles, ont pour la plupart du mal à s’adapter à l’imprévu. Par exemple à tâtonner en modifiant les paramètres de réanimation respiratoire et les traitements connexes pour des patients ne réagissant pas comme la plupart des syndromes de détresse respiratoire aiguë habituelle…

L’atténuation du virus est aux USA comme ailleurs un pb politique susceptible d’influer sur les choix de santé publique et donc un sujet scientifiquement incorrect et périlleux à évoquer.

new york cas par jour

Plus de 2 mois après le pic épidémique, il subsiste toujours plus de 500 cas par jour soit environ 5/100 000 conduisant à un « réservoir » d’au moins 10 fois plus soit 5/10 000 très supérieur à celui de Wuhan en enquête exhaustive ( 3/100 000 ).

new york new cases
Malgré un pic épidémique franc, une traînée est constatée ainsi qu’une circulation virale résiduelle qui conduit toujours à des décès
ohio new cases
Pic et plateau dans l’Ohio
floride new cases
Rebond en Floride dépassant le pic initial
california new cases
Épidémie très progressive en « courbe aplatie » chez le bon élève épidémiologique des USA

L’allure de l’épidémie varie grandement d’un lieu à l’autre. La forte densité de population étant le principal paramètre des explosions épidémiques. Les nombreuses personnes entassées dans de tous petits appartements, donc les pauvres, sont particulièrement frappés. Les pics épidémiques comme celui de New York par exemple semblent une fois enclenchés insensibles à un quelconque confinement. Voire même aggravés quand des travailleurs immigrés sont entassés dans des logements exigus comme déjà remarqué dans les pays du Golfe arabo-persique et en Espagne. Seuls les confinements suffisamment précoces peuvent  prévenir les pics.

En post pic ou en épidémie rampante, les mesures de distanciation reprennent une valeur décisive lorsqu’elles sont rompues. Les grands événements étant tout à fait délétères. Les États à déconfinement trop précoce comme les grands États du sud ( Texas Floride ) voient l’épidémie reprendre vigueur chez eux.

Le bon élève californien n’a pas de pic mais une épidémie continue dont il n’est pas encore possible de savoir si elle tuera moins qu’un pic.

Nulle part la circulation virale ne disparaît. Même là où il y a eu des pics importants. Ce qui confirme qu’on y est loin d’une immunité d’éradication. Même s’il est encore difficile de dire si une immunité relative de barrière y permettra à nouveau des pics, des foyers ou une épidémie en plateau à bas bruit.

Le modèle du virus à passage unique comme le Sars de Hong Kong semble s’éloigner, puisque le virus persiste même là où le pic fut le plus typiquement explosif.

Le modèle du virus saisonnier comme les grippes habituelles semble lui aussi s’éloigner, le virus aux USA comme ailleurs, ne semblant pas se préparer à prendre ses vacances au  solstice de printemps.

Spanish-Flu-mortality-from-the-1918-and-1919-influenza-pandemic-Source-National-Museum
La courbe parisienne est la plus informative: Pic Rebond  Résurgence et seconde Vague

Le modèle de la grippe « espagnole » de 1918-1919 capable de frapper à Brest au mois d’Août, de provoquer rebonds, résurgences en foyers et vagues secondaires avec nouveaux pics pendant au moins 2 ans devient le plus probable. alors qu’il paraissait peu crédible à l’émergence de la maladie, lorsque les chinois avaient pu éteindre une vingtaine de foyers secondaires. La seule consolation relative étant de se rappeler que le Sars-Cov 2 tue beaucoup moins ses malades que cette grippe.

Rien n’est cependant encore formel. Le prochain jalon étant le 14 Juillet. Trois semaines après le solstice de printemps.

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