Covid-19: bientôt la fin des illusions françaises

Comme après toutes les guerres; l’illusion s’est répandue que le pic épidémique fini, nous vivrions en paix avec le virus pour longtemps, en tout cas assez pour attendre le vaccin, ou au moins jusqu’à l’hiver.

Nous n’avons pas profité de l’accalmie pour une politique sérieuse d’éradication virale en mettant en place une infrastructure de tests et isolement d’un échelle suffisante.

Faute de mieux le port du masque est sacralisé en panacée. alors qu’il est certes utile mais bien insuffisant à casser à lui seul la transmission virale, si les circonstances de celle-ci, rencontres, rassemblements, activité physique ou repas en lieu confiné, ne sont pas réduites.

nouveau hospi 8 8 20

carte des nouveaux hospitalisés le 8 8 32020

L’incohérence de la politique gouvernementale est perçue par l’opinion, hostile aux masques puis en faisant du masque un fétiche; partisane de la limitation des activités sociales, puis de la réouverture des réunions de plus de 5000 personnes. De l’enseignement à distance, puis de la rentrée scolaire quoiqu’il arrive. De la fermeture des entreprises à l’encouragement à les maintenir ouvertes envers et contre tout.  Du testing des cas cliniques et de leurs sujets contacts puis de qui le voudra. Des entrées en France selon le pays d’arrivée à un test systématique… quand on en a les moyens.

Son rejet conduit à une audience considérable des thèses complotistes du virus pas dangereux avec lequel on veut nous faire tenir tranquille, voire fabriqué dans un labo de chinois maléfiques. Du masque inutile et du confinement plus nuisible qu’utile. Oubliant les succès des pays d’Asie au port du masque habituel, et que le confinement a tué en France le virus dans les zones de faible prévalence,  dans les foyers secondaires chinois et dans l’essentiel de la France rurale et de l’ouest. De la contamination des jeunes souhaitable pour qu’ils ne puissent plus transmettre ensuite le virus. En oubliant que s’ils ne pourront plus contaminer les personnes fragiles une fois guéris, ils l’auront abondamment fait auparavant.

Des sachants entre Diafoirus et le Dr Spalanzani. Peu de nuques raides et beaucoup d’échines souples….

Il faut dire que certains de mes congénères immunologistes, infectiologues ou épidémiologistes ont aidé à l’émergence de ces sornettes en affirmations  aussi péremptoires que finalement fausses sur le virus saisonnier, ou l’hécatombe qu’il allait produire en première vague, l’immunité de groupe quasi au coin de la rue en confondant l’immunité de barrière anti pic épidémique exponentiel et immunité d’éradication, les médicaments miracles.. ( en capacité d’enrayer l’épidémie l’hydroxychloroquine et le remdesivir font match nul zéro à zéro ). L’inutilité de réduire la circulation virale chez les jeunes…

Sans parler de l’intériorisation des pressions politiques en allant au devant des désirs de ces derniers…

Et discussions oiseuses car les discussions savantes sur les tactiques à suivre ont eu l’inconvénient de ne pas tenir compte des moyens ou savoir faire logistiques disponibles. En fait, le virus agit à sa guise chez nous car il n’est pas sensible aux belles paroles ni aux rodomontades…

Circonstances atténuantes, les incertitudes nombreuses sur l’évolution d’un virus nouveau dans notre espèce, qui n’auraient pas dues être masquées. et les débats scientifiques qui pourraient être mieux menés s’ils n’étaient surdéterminés par les enjeux financiers des vaccins ou médicaments.. Sur la durée de l’immunité, les protections croisées éventuelles, la différence entre épitopes des lymphocytes T présents dans le répertoire d’un individu, ne signifiant pas forcément contact préalable avec ce virus ou son cousin mais un simple hasard du répertoire immunologique qui ne fait reconnaître que ce qu’on connait déjà.

Que devient le virus?

En Europe occidentale ou les distanciations sociales ont été réduites trop tôt, trop peu suivie de campagnes d’éradication, le virus revient non pas en inondation cévenole, mais en nappe lente, vers un plateau d’activité élevée ou vers un nouveau pic rapide. La seconde éventualité parait plus probable hélas à quelques semaines de distance. Une différence notable avec la première vague est la moindre hétérogénéité du territoire, même si la région parisienne se distingue à nouveau défavorablement.

Même hors de toute audience complotiste, le désappointement est majeur de voir que le virus revient obligeant à se demander pourquoi freiner sa diffusion. Il faut donc le rappeler. Étaler les pics aide le système de santé à y faire face. Au prix d’une gène économique certes plus importante. Effacer le virus en zone de faible prévalence est certes temporaire mais retarde aussi les résurgences et nouvelles vagues. Mais pourquoi gagner ainsi du temps au lieu de payer son écot inévitable à l’épidémie et être débarrassés ? Pour pouvoir mettre en place une protection des personnes vulnérables, espérer un vaccin ou un médicament efficace. Et structurer nos entreprises et lieux de travail et d’enseignement pour qu’ils puissent au contraire continuer à fonctionner.

Cesser de promettre la lune pour réaliser ce qui reste possible.

Pour sanctuariser  entreprises et ehpads, il faut tester et filtrer les entrées. température chaque matin en arrivant, suivie soit d’un test antigène salivaire en 3 minutes, soit d’un prélèvement salivaire le soir pour test génomique dans la soirée. Le résultat transmis par sms qu’on découvre au réveil, indique de venir travailler ou de rester chez soi pour 3 semaines. Avec une prise en charge à 100% sans jours de carence et une prime pour ceux qui pourront continuer un peu de télétravail à la maison, peu de syndicalistes y seront hostiles. Il faut pour cela des tests par millions. L’impéritie des pouvoirs publics nationalement devrait conduire les pouvoirs régionaux, voire les entreprises elles-mêmes à s’y substituer.

La limitation sérieuse des contacts sociaux est à poursuivre ou reprendre pour éviter les rebonds tels que ceux constatés en Iran et Arabie Saoudite liés aux fêtes religieuses. Avec la contre épreuve dans ce dernier pays d’une politique rigoureuse concernant le pèlerinage, succédant avec succès à la politique laxiste précédente. il n’est que de voir l’évolution des courbes iraniennes et saoudiennes.

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Après des politiques similaires de laxisme religieux, l’Arabie saoudite a pris des mesures d’annulation de fait du pèlerinage de la Mecque

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tandis que l’Iran continue imperturbablement à négliger toute mesure de limitation de la transmission virale

Nous devrons aussi nous donner les moyens de faire survivre au frais de la collectivité notre secteur artistique et culturel pour deux années encore. Plutôt que d’en faire un vecteur de contamination qui sera de toute façon vite déserté.

 

 

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