Covid19 virus variant, épidémie variable, vaccins…..

Chronique du 08 janvier 2020

sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2554834″ 

Et nous, on commence par retrouver le professeur Cohen, lui souhaiter une bonne année, meilleurs vœux, une bonne santé surtout, Jacques bonjour.

Bonjour.

JC avec vous, après 15 jours de repos, on va parler de l’évolution de l’épidémie de la Covid-19. Un virus qui mute notamment, on parle de cette variante qui est arrivée du Royaume-Uni et qui, ça y est, est sur le territoire Français JC. Faut-il s’en inquiéter ?

C’en est une parmi les mauvaises nouvelles, c’est un élément inquiétant, mais qu’il faut relativiser, parce qu’il semble que ce variant ne puisse pas échapper aux vaccins dirigés contre le spike, contre les épines de la couronne du virus, ce n’est pas la même couronne d’épines que celle plus connue sur cette antenne…. Et donc s’il ne peut pas échapper au vaccin, cela veut dire qu’il n’échappera pas à l’immunité acquise par l’infection naturelle. Il ira peut-être un peu plus loin que n’allait la forme classique, parce qu’il est un peu plus contagieux. Alors il faut voir. Quand on dit que c’est de 50 % à 75 % plus contagieux, cela veut dire que parmi les sujets contacts, avec la forme classique, c’est 9,5 % d’infectés, c’est 14 % avec cette forme-là dans une étude anglaise. Il est un peu plus contagieux, il ira peut-être un peu plus loin, mais à mon avis il ne peut pas aller bien loin, il va se briser comme les autres sur le mur de l’immunité acquise de la population – qui va finir par arriver – de l’immunité de barrière, pas encore l’immunité d’éradication. Autre élément, il semble donner beaucoup plus de cas en grande Bretagne, mais il ne donne pas beaucoup plus d’hospitalisés, il ne donne pas beaucoup plus de morts. Ce serait dans la ligne générale de ces variants viraux en fin de pandémie qui sont plus adaptés, donc plus contagieux, mais un peu moins mortels et qui présagent de la génération suivante du virus qui s’adaptera à notre espèce qui donnera un rhume de temps en temps et qui restera chez nous ou qui disparaîtra, on ne le sait pas encore.

JC, est-ce que cette variante est du même type que cette autre variante dont on a tendance à commencer à parler, celle qui vient d’Afrique du Sud ?

Là, il y a une nette différence ! Le variant d’Afrique du Sud a beaucoup plus de modifications du spike, il a un gros risque d’échapper au vaccin, donc d’échapper à l’immunité. Lui a un potentiel d’une nouvelle épidémie, sauf si les anticorps ou la réactivité cellulaire contre le reste du virus, hors du spike, est efficace ou pas. Cela on le verra d’ailleurs par les différents vaccins, parce qu’en dehors de ceux qui sont basés sur le spike qu’ils soient en ARN, en protéine, en virus vecteur, etc., il y a quand même les vaccins virus entiers. Donc si les vaccins virus entiers protègent contre ce variant, on le saura très vite et on saura que c’est finalement ce qu’il faut faire.

Cependant, vous commenciez à nous le dire au tout début de cet interview, JC, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles et notamment vous entendez dire on va peut-être atteindre l’immunité barrière. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Alors on n’y est pas encore, il faut déjà limiter l’optimisme, mais on s’en rapproche. Si vous regardez en France, on attendait un pic de Noël, il n’y en a pas, on attend encore le pic de Nouvel An, mais j’ai l’impression qu’il n’y en a pas. En revanche, on a un plateau avec de la houle, des oscillations qui se mettent en place, et ce plateau risque de durer. Il risque de durer jusqu’à l’immunité de barrière ou l’épuisement de l’épidémie. Pourquoi parler de barrière ? C’est qu’à ce niveau-là, on n’a plus de pics aigus, c’est-à-dire qu’on a un grand plateau avec des bosses, cela ne veut pas dire qu’il y a moins de malades, cela ne veut pas dire que cela ne dure pas plus longtemps en fait que quand il y a des pics, mais on n’a pas de vagues sur laquelle le virus peut surfer, si j’ose dire. Et cela on pouvait le prédire dès décembre, parce qu’on a vu très vite que selon les régions de France, la seconde vague et la suite de secondes vagues n’avaient pas la même tête selon l’ampleur qu’avait eu la première. Dans les zones où il n’y a pas eu beaucoup de premières vagues ou pas du tout, on a une vague aiguë classique, un pic étroit et qui redescend assez vite. Dans les zones où il y a eu beaucoup de choses, par exemple en Alsace, la seconde vague monte très peu, lentement, elle n’a d’ailleurs pas fini de monter et elle va durer 3-4 mois facilement. On a un comportement différent selon les régions, et pas seulement à Mulhouse, de même en Seine Saint-Denis, on peut donc penser que l’on arrive à la première immunité, celle de barrière qui empêche les pics aigus. Et après, on peut dire aussi que c’est désagréable, parce que cela va durer plus longtemps, mais on peut noter aussi que la mortalité a nettement diminué quand on la compare à la première vague. Alors certes, on fait moins de bêtises, mais peut-être que le virus aussi fait moins de bêtises. Donc voilà un aspect « bonne nouvelle ». Alors évidemment, tout cela peut être effacé s’il y avait un nouveau variant sud-africain ou brésilien ou autre qui échappe à l’immunité acquise. Mais pour le variant anglais qui est présent en France, mais qui n’a pas encore remplacé, de loin, les formes les plus courantes de Sars-CoV-2, il est assez peu probable que même s’il prend la place il pourra aller plus loin que les limites naturelles fixées au virus.

JC, on imagine que la campagne de vaccination qui vient de commencer, notamment dans le Grand Est va aussi jouer son rôle dans cette immunité ?

Alors là, il faut être non pas seulement très prudent, mais il faut casser…

On marche sur des œufs.

Il faut casser l’ambiance, parce la campagne telle qu’elle est faite et avec les effectifs possibles vise à protéger les sujets les plus à risques, c’est-à-dire les vieux et les personnes fragiles. On est loin d’avoir de quoi immuniser toute la population et donc de faire une immunité de barrière classique de troupeau dans la population, on est très loin. Et même pour cette immunité des plus fragiles, on pense arriver à la faire d’ici 2 à 3 mois, on n’en est pas encore là. Et ensuite, est-ce qu’on pourrait étendre à tout le monde ? Probablement, mais en fonction de la disponibilité des vaccins, parce que les deux vaccins ARN qui sont sortis, sont sortis les premiers, parce qu’ils sont plus faciles à fabriquer, mais ils sont loin d’être les meilleurs en termes de tolérance et de différentes choses comme cela. Il faut donc déjà se préparer à ce que l’on fasse pour le reste de la population avec les vaccins suivants qui vont commencer à sortir, ou qui sont déjà sortis ailleurs.

structures nano particules vaccin rna

Structure des nanoparticules du vaccin RNA. Outre les lipides, le PEG favorise la fusion de ces particules avec la membrane des cellules pour internaliser leur contenu. Sans sélectivité vers le système immunitaire des cellules ciblées au hasard.

Il faut quand même se rendre compte que les Chinois ont vacciné 5 millions de personnes avant décembre chez eux et qu’avec les transhumances du Nouvel An chinois vers le 12 février, j’ai l’impression qu’ils ont prévu des dizaines, voire 2 ou 3 centaines de millions de personnes.

JC, finalement ce qu’il faut retenir c’est qu’il n’y a pas que des mauvaises nouvelles, mais malgré tout qu’il faut poursuivre les efforts et ne pas relâcher la vigilance aussi.

Alors bien évidemment, il ne faut pas relâcher la vigilance, mais on peut constater, à contrario, que le virus continue à avoir un libre arbitre considérable, puisque quand on n’a pas été sage il ne s’est rien passé. Alors il ne faut pas dire qu’il faut continuer à ne pas être sage, loin de moi cette idée. Mais cela montre que le virus est soumis à beaucoup de choses et que les mesures de distanciations molles, j’allais dire, ont une efficacité qui est molle et que les mesures dures sont efficaces, mais qu’en Occident on n’ose pas les prendre, donc on a fait l’impasse dessus. Et enfin, dans les efforts à faire, c’est améliorer les structures du testing et du suivi des gens, parce que quand la circulation du virus va redescendre, là il faudra faire un confinement de peu de temps, une semaine, zone par zone pour faire des tests massifs et éradiquer le virus, comme les Chinois l’ont fait à Wuhan.

Quelque part, on parlait au tout début de cet entretien, ce sera ma dernière question JC, de cette mutation du virus du côté du Royaume-Uni qui nous est arrivé de là-bas. Est-ce qu’on va devoir s’adapter nous aussi à ce qu’a fait le Royaume-Uni, par exemple en confinant à notre tour, puisque vous parlez d’une période de confinement courte d’une semaine.

Une semaine par zone.

Une semaine par zone ?

Mais je ne pense pas que ce soit la peine pour l’instant, parce qu’on a trop de cas. C’est efficace et réaliste pour éradiquer en fin d’épidémie, quand cela va redescendre. Avant nous devons continuer à faire attention globalement et à faire attention, j’allais dire beaucoup plus individuellement par les mesures sociales, parce que le couvre-feu qui fait se précipiter dans les magasins avant la fermeture, les transports en commun qui continuent à fonctionner, toutes ses mesures collectives ne sont pas terribles. Mais les mesures individuelles, c’est-à-dire la discipline pour ne pas aller voir les vieux copains qu’on n’a pas vu depuis longtemps, parce qu’il faut réduire les contacts sociaux, même si c’est pénible, c’est cela qui est le plus efficace. Pour les contacts sociaux malheureusement, nous devrons encore attendre au moins deux mois, voire plus.

Eh bien, merci JC de nous avoir éclairés, on vous retrouve la semaine prochaine, à bientôt Jacques.

À bientôt.

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