l’excrétion nasale du coronavirus covid-19 et son dépistage

JHM COHEN 28/02/2020

L’annonce de tests viraux positifs post signes cliniques dans 15% des cas et celle de cas d’aggravation secondaire a conduit à la mésinterprétation qu’on pouvait attraper plusieurs fois le virus à intervalles rapprochés.

L’explication est tout autre: Les sujets d’une part peuvent être contagieux avant tout signe clinique…. et après leur disparition. D’autre part des aggravations secondaires de cas initialement bénins voir inapparents sont possibles. Enfin l’excrétion virale peut être intermittente. Ceci explique que la contagiosité soit extrêmement variable d’un sujet à l’autre et qu’il existe des super-contaminateurs. Dont le profil est de ne pas être malades ou trop malades ce qui leur permet étant sur pieds de largement distribuer du virus au contraire d’un patient en réanimation qui ne contaminera que ce qui est à sa portée, c’est à dire les personnels de santé, si leurs mesures de précaution sont prises en défaut.

Il faut aussi souligner que le dépistage repose sur la recherche du génome viral, et qu’il faut donc qu’il soit présent. Lorsqu’un sujet n’excrète plus de virus, il n’est pas dépistable comme ayant été infecté. Il n’y a pas en effet pour l’instant de test sérologique disponible. Qui permettrait l’enquête épidémiologique sur la prévalence des infections inapparentes, comme de retrouver les maillons manquants et guéris de chaînes de contamination.

La mise au point de ces tests sérologiques n’est pas triviale. Les réponses anticorps contre l’un ou l’autre coronavirus croisent largement. Et trouver des motifs à la fois spécifiques du COVID-19, sans réaction croisée suscitée par un rhume banal, et déclenchant une réponse suffisamment forte et constante d’un sujet à l’autre n’est pas évident.

Nous sommes donc dans la situation d’une détection rapide et sensible des sujets excréteurs, sans accès pour l’instant à l’échelle de l’épidémie, ni à  la photographie rétrospective de cette épidémie une semaine auparavant.

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Exemple d’un test de diagnostic rapide de la présence d’antigène ( test direct ) ou d’anticorps ( test de déviation ). Mais il faut disposer du bon antigène ou d’un anticorps monoclonal dirigé contre lui.

Covid-19: début chez nous, début de sa fin en Chine

JHM COHEN 27 Février 2020

Charles Nicolle 1933: «  » La maladie infectieuse, phénomène biologique, porte les caractères de ces phénomènes. Elle tend, à la fois, à se perpétuer et, pour assurer cette perpétuité, à se modifier suivant les circonstances. Une maladie infectieuse change, évolue sans cesse.«  »

Au moment où le SARS-COVID-19 frappe à notre porte, à coups encore mesurés, il convient de rappeler l’adage boursier : Ni les arbres ni les virus ne montent jusqu’au ciel. Et de se rappeler la bonne nouvelle, l’épidémie est clairement en régression en Chine. Chez nous l’épidémie est à venir, elle sera certainement moins dramatique qu’à WuHan, de l’échelle de l’épidémie de grippe et de virus respiratoire syncitial VRS qui se déroulent actuellement, ou un peu supérieure. Mais bien loin des grandes pestes ou des rougeoles d’autrefois. On ne sait si le virus se répandra sous forme d’une vague épidémique rapide, ou de foyers limités multiples, mais on sait déjà qu’il frappe bien plus les esprits que son potentiel objectif ne le justifierait.

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Après la Grippe de 1780 et avant celle de 1802…

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Le diable a été vu à Wuhan

JHM Cohen

Chronique du vendredi 21 /02/2020

Sur les ondes de RCF:  https://rcf.fr/embed/2315478

Le diable a été vu à Wuhan, déguisé en virologue. Le diable et ses avatars sont de toutes les épidémies. Les empoisonneurs de puits, les graisseurs de poignées de porte, les étrangers, les infidèles, au premier chef les juifs et autres envoyés du Malin ont été accusés lors des pestes du moyen-âge. Mention spéciale aux strasbourgeois, inventeurs du massacre prophylactique. Lorsque la peste arriva dans le sud de l’Alsace, loin de chez eux, ils exterminèrent tous leurs juifs préventivement. Justice divine ou histoire naturelle des épidémies, la peste frappa Strasbourg un peu plus tard.

Pourquoi ce rappel historique avant de parler des rumeurs courants sur l’origine de l’épidémie de coronovirus de WuHan ? Parce que les mêmes mécanismes humains de défense contre la peur y ont agi, quand à WuHan des virologues se sont mis à accuser sur des arguments fantasmatiques, d’autres virologues d’être responsable de l’épidémie, dont le virus aurait quitté le laboratoire.

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le front du Covid-19 17_02_20 22h: le virus s’infiltre, mais nous avons une arme nouvelle

Deux infos importantes ce jour:
La diffusion mondiale s’accélère, en particulier au Japon. Quelques soient la sévérité de mesures prises, le virus se glisse. Au Cambodge puis en Malaisie par les pressions occidentales pour faire débarquer d’un bateau de croisière leurs ressortissants hâtivement triés. A Taiwan par un chauffeur de taxi clandestin à la clientèle chinoise plus ou moins passée par la douane, au Japon par le non-dit d’une population de travailleurs immigrés du continent, avec des réactions xénophobes immédiates.
Le relevé quotidien est clair:
covid-19 diffusion 17_02_20

courbe des nouveaux cas cumulés hors Chine continentale

L’autre info est le succès d’une tentative préliminaire de sérothérapie sur quelques malades à WuHan à l’aide de plasma de convalescents. Qui ouvre la voie à la mise en oeuvre d’une véritable sérothérapie par gammaglobuline purifiées et sécurisées.
Les chinois ont procédé selon leur habitude. En secret total avant de pouvoir annoncer le résultat. Puis par un appel national aux donneurs pour réaliser des plasmaphérèses.
On peut noter que les multiples donneurs de conseils, voire de leçons, occidentaux ne l’avaient pas proposé. La culture historique des thérapeutiques comme celle des épidémies ayant disparu, submergées par les analystes biostatisticiens aux savantes équations, qui n’avaient pas plus prédit, car sortant de leur épure, l’atténuation rapide du virus par ses passages inter-humains.
Pour ma part, j’avais proposé un tel essai sur mon blog dans un sujet du 8 février:
«  »
= Le potentiel de l’antique sérothérapie, oubliée depuis l’apparition des antibiotiques, à partir du plasma frais congelé de convalescents devrait être testé chez les porteurs de pneumonies chroniques qui sont les patients qui finissent par mourir. Elle pourrait être efficace.  

«  »

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Covid-19 le coronavirus de WuHan 17/2/20

JHM Cohen 17/2/20

Le coronavirus de WuHan frappé par le politiquement correct devait être nommé de telle sorte de ne discriminer ni ne choquer personne. La vieille habitude du type de virus suivi de la ville et de l’année qui aurait donné CoronaV WuHan 2019 n’est plus dans l’air du temps. Après quelques essais n’ayant pas soulevé l’enthousiasme, covid-19 va sans doute durer.
Aujourd’hui quelques incertitudes sur les modes de transmission du covid-19. On distingue classiquement les Virus des éternuements et les Virus des mains sales. La Grippe est le prototype des virus respiratoires qui ne se transmet épidémiologiquement que par les gouttelettes des éternuements. Au moins mille milliards de virions par éternuement. A vitesse initiale supersonique d’où des aérosols de particules fines.  Même si le virus de la Grippe survit un peu sur les mains atteintes par les éternuements.
Le rotavirus, la poliomyélite, la typhoide ou le choléra sont des maladies des mains sales parce qu’excrétés dans les selles, et relativement solides ainsi, dans les eaux ou les déjections, avec une diffusion aqueuse ou manuportée.
Les coronaV sont habituellement des virus respiratoires. Mais on a trouvé du covid-19 dans les selles. Et des tests de survie ex vivo ont montré que la survie du virus peut s’y compter en jours. Les dirigeants chinois semblent prendre très au sérieux un risque manuporté. Ils prennent des mesures en conséquence, comme la stérilisation des billets de banque, ou les arrosages et vaporisations d’eau de javel à l’échelle de villes entières. Pour éviter l’emport par les chaussures, sans communiquer sur le rationnel de ces mesures.
Comme l’enjeu économique est énorme, aussi longtemps que le risque n’est pas avéré, la direction chinoise a intérêt à se taire et à ne pas expliquer ce qu’elle fait. L’amusant, si l’on peut dire, c’est que personne ne semble l’avoir remarqué en Occident. Sauf pour s’en moquer. Oculos habent and nihil videbunt !!
Mais il y a aussi un enjeu de diffusion épidémique. En climat sec, comme une large partie de l’Afrique, la diffusion aérienne a peu de chance. En revanche la contamination des eaux peut y être catastrophique vu l’état des réseaux et des stations d’épuration quand elles existent.
Aucun test in vitro ne peut prédire réellement le potentiel épidémique  des mains sales ou des objets contaminés par le Covid-19. Il peut être nul ou significatif. La direction chinoise semble dans le doute choisir de le prendre au sérieux.
C Nicolle 1933 Le destin des maladies infectieuses:
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Jamais, nous ne devons oublier que les faits dont nous nous occupons sont mouvants, qu’aucune formule ne peut les fixer, les définir, que nous n’en apercevons qu’un tronçon, que
les commencements nous échappent, que le phénomène se modifie entre nos mains et, par conséquent, que ce que nous prononçons, ce que nous imprimons, n’est qu’une traduction maladroite, incomplète d’un aspect momentané, d’une seconde au cadran illimité du temps.
«  »