CoronaVirus de WuHan. Des nouvelles du front….

JHM Cohen 15 2 20

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2309969

Les nouvelles du coronavirus de WuHan sont globalement positives. Mais avec quelques nuances plus sombres.

Les péripéties statistiques chinoises semblent pour l’essentiel le rattrapage à WuHan des malades ayant évité l’hôpital, soit volontairement, soit du fait de la saturation des structures de santé. Et donc des décès à domicile. Plus des incidents de déclaration des cas et des décès, le personnel de santé ayant plus de malades que d’écrans informatiques à soigner.
quarantaine maritime

C’est l’association des deux pavillons, LQ qui indique la quarantaine maritime. Le pavillon jaune, signifiant, » j’attends l’autorisation pour débarquer », tandis que le damier jaune et noir intime au bateau approchant l’ordre de stopper immédiatement.

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Le coronavirus de WuHan : enfin de bonnes nouvelles de Chine !

Dr JHM Cohen Professeur émérite d’Immunologie 8 2 20

Charles Nicolle prix Nobel de Médecine 1928 a écrit en 1933 :

« «  Les maladies infectieuses, leçon de solidarité entre les hommes :

La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables. » »

Quand la caisse de résonance médiatique donne de l’écho aux pires inquiétudes et relaie les pires accusations, il faut raison garder et revenir aux bases scientifiques du raisonnement concernant les maladies infectieuses et les épidémies. Charles Nicolle, le découvreur entre autre du toxoplasme et de la transmission du typhus par les poux, les avaient théorisées dès 1933 dans ses leçons du Collège de France, : « le Destin des maladies infectieuses ». Les agents infectieux, et les espèces animales comme l’homme vivent ensemble depuis la nuit des temps, le plus souvent en bonne intelligence, mais avec parfois des scènes de ménages. Les épidémies sont inéluctables et les maladies infectieuses évoluent en permanence dans l’interaction avec leurs hôtes.

C’est ce dernier aspect qu’il faut regarder pour mieux comprendre les épidémies de coronavirus.

Nos coronavirus à nous les humains.

Nous sommes les hôtes habituels de coronavirus, il y en a quatre types, qui donnent 10-15 % des rhumes subis par tout un chacun, et des pneumonies chez les gens fragiles ou immunodéprimés, dont ils tuent quelques centaines par an dans notre pays. Une certaine A Buzyn a publié à ce sujet en 2003.

Des coronavirus animaux peuvent à l’occasion faire une excursion dans notre espèce qui n’en est pas l’hôte habituel. Ce furent les cas du SRAS à Hong-Kong et du MESR en Arabie Saoudite. La plupart du temps dans cette situation ils sont très mortels mais peu contagieux, ce qui conduit à un foyer relativement local et relativement vite éteint. Le coronavirus de Wuhan, a la particularité d’être assez contagieux, de l’ordre de la contagiosité de la grippe. Mais initialement il tuait autour du marché d’animaux de WuHan bien plus que la grippe.

liwenliang

Dr LiWenJiang in Memoriam

L’évolution du coronavirus de WuHan et l’avenir de l’épidémie.

Le coronavirus de Wuhan a un potentiel épidémique car il est transmissible non plus par la chauve-souris, le serpent ou le pangolin, mais d’homme à homme. Comme virus respiratoire banal. Mais il est déjà bien visible que sa virulence s’atténue de passage en passage dans un hôte inhabituel pour lui. Jusqu’où ? c’est la principale question sans réponse. Car une pandémie d’un rhume banal, ne justifierait plus les mesures draconiennes prises pour l’instant en Chine.

D’autres éléments conditionnant son avenir se dessinent également : comme la plupart des autres coronavirus, il n’aime pas le froid. D’où le petit nombre de cas à Pékin où il gèle fort en cette saison. Il n’aime pas non plus l’air sec, même chaud.

La gestion de crise en Chine et les mesures de confinement.

Après un cafouillage initial, où, en niant le problème, les autorités locales ont laissé passé la chance d’étouffer l’épidémie dans l’œuf, comme d’en trouver l’origine par prélèvements multiples dans le marché avant de tout brûler, l’attitude des autorités chinoises a été exemplaire de détermination et d’efficacité logistique.

Le choix des quarantaines et confinement a été poussé à une échelle inégalée de plusieurs dizaines de millions de personnes. Seul une population aussi disciplinée que les citoyens de la RPC pouvait accepter un confinement installant un couvre-feu limitant les sorties à 2h par 2jours !!

Lors de l’épidémie d’Ebola en d’autres lieux, les tentatives de fermeture de magasins et lieux publics ont rapidement conduit à des attroupements devant eux, totalement contre-productifs tandis que le blocage d’un quartier a conduit à des affrontements sur les barrages qui ont vite fait abandonner ce type de mesures.

Disons le tout net, le confinement ne peut empêcher la diffusion d’une épidémie dont les porteurs inapparents sont déjà contagieux, et le potentiel de diffusion de l’ordre de celui de la grippe ou des rhumes. En revanche, il ralentit géographiquement la diffusion de l’épidémie, laissant au virus le temps de perdre de la virulence de passage en passage sans avoir diffusé loin de son épicentre.

Lorsque l’atténuation du virus sera acquise, le confinement peut en revanche devenir contre-productif vis-à-vis de l’émergence de mutants revertants récupérant une forte virulence qui n’est bloquée que par l’immunité de la population générale, donc la diffusion préalable du virus « atténué ».

Vers une pandémie ?

Sauf intervention du Général « coup de froid » ou autre obstacle météo, la pandémie est inévitable. Le cycle de contamination/incubation/transmission étant de l’ordre de 10-15j, il ne faut pas attendre un phénomène rapide dans les prochaines jours, mais une diffusion lente n’explosant pas chez nous avant la fin de l’hiver ou de ce qui en tient lieu insuffisamment en cette période de réchauffement.

Deux questions sans réponses fermes : fera t il chaud assez tôt pour qu’un rhume ne soit plus de saison, nous épargnant l’épidémie ? Et quelle mortalité résiduelle aura cette pandémie ? Même si les éléments d’atténuation sont déjà indiscutables, il faut encore attendre un mois pour le savoir.

Les traitements.

= L’acuité et donc les financements de la recherche vaccinale avaient été limités par le caractère somme toute ponctuelle du sras et du mesr. Le potentiel épidémique du nouveau coronaVirus de WuHan devrait cette fois servir de leçon et pousser à la roue. Si un vaccin d’efficacité courte anti épidémique pourra être mis au point en 18 mois deux ans, un vaccin plus ambitieux d’immunité durable et de spectre étendu à tous les coronavirus devrait être également fixé comme objectif.

= La recherche des médicaments antiviraux est une quête ingrate, mais qui ne doit pas pour autant être abandonnée

= Le potentiel de l’antique sérothérapie, oubliée depuis l’apparition des antibiotiques, à partir du plasma frais congelé de convalescents devrait être testé chez les porteurs de pneumonies chroniques qui sont les patients qui finissent par mourir. Elle pourrait être efficace.

Citons enfin pour finir Charles Nicolle in extenso :

« « «  Les maladies infectieuses, leçon de solidarité entre les hommes :

La connaissance des maladies infectieuses enseigne aux hommes qu’ils sont frères et solidaires. Nous sommes frères parce que le même danger nous menace, solidaires parce que la contagion nous vient le plus souvent de nos semblables.

Nous sommes aussi, à ce point de vue, quels que soient nos sentiments vis-à-vis d’eux, solidaires des animaux, surtout des bêtes domestiques. Les animaux portent souvent les germes de nos infections et, d’autre part, les pertes que causent les maladies du bétail frappent durement l’économie humaine.

Ne serait-ce pas une raison suffisante, terre à terre, égoïste, pour que les hommes regardent avec sollicitude les êtres qui les entourent, une raison majeure pour qu’ils fassent trêve à leurs propres discordes et s’unissent fraternellement contre l’ennemi commun.

« « «

Un écologiste méconnu !

Primaires Démocrates aux USA, le fiasco de l’Iowa

Chronique du 7 février 2020

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2304537

 

Bonjour Jacques.

Bonjour.

On a pris l’habitude ces dernières semaines d’aller de l’autre côté du globe voir un peu ce qu’il se passe à l’international. Après deux semaines en Chine, on s’est dit, cette fois, on plie bagage et l’on prend un vol pour les États-Unis. Jacques Cohen, que se passe-t-il du côté des USA ?

Deux choses dans la très longue campagne électorale, qui chez eux revient très souvent comme présidentielle tous les 4 ans seulement. Deux choses, les Caucus de l’Iowa et le vote sur l’impeachment au Sénat qui a blanchi Donald Trump.

Sur quel sujet voulez-vous vous pencher précisément ? Peut-être que nous aurons l’occasion de voir les deux tout au long de ces prochaines minutes ?

Nous allons voir les deux en commençant par le Caucus de l’Iowa. Et je vais vous raccourcir les choses parce qu’il s’agit d’un système extrêmement compliqué qui est un peu en décalque du système de l’élection présidentielle, avec un collège de grands électeurs, etc. Donc, les Caucus, ce sont les campagnes à l’intérieur d’un parti. Ici, il s’agit du parti Démocrate, où les différents candidats essayent d’avoir l’investiture de leur parti. Alors cela ne se passe pas selon le système que l’on pourrait qualifier de rustique et trop simple « un homme et un vote », mais par un système, là aussi, de grands électeurs déterminés par des cantons, ce qui fait qu’il peut y avoir plusieurs gagnants, et il peut y avoir plusieurs perdants aussi.

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CoronaVirus et grippe: la grippe fait la course en tête

Chronique du 31 janvier 2020

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2299016

Avec nous en direct par téléphone Jacques Cohen. Bonjour Jacques.

Bonjour.

La semaine dernière, on parlait de ce coronavirus qui était en train d’envahir la Chine, d’envahir le monde, une semaine plus tard, il est l’heure d’un nouveau bilan. Avec un bilan qui s’alourdit, des cas mortels, des personnes incubées, des personnes qui ne le savent pas. Où en est-on Jacques Cohen si on fait le point ?

Alors, il y a une présentation catastrophique qui est la présentation par le nombre de morts, mais celui-ci doit toujours être mis en comparaison du tableau général, parce que l’on ne voit que la pointe de l’iceberg. Les morts sont donnés par rapport au nombre de malades déclarés hospitalisés, on est dans l’ordre de 2-3%. On est très en dessous du SRAS initial celui de Hong-Kong, et encore plus de celui du Moyen-Orient, mais ce n’est pas le paramètre le plus pertinent. Il y a probablement, comme dans la plupart des maladies infectieuses virales, des porteurs sains et des formes très bénignes. Entre les porteurs sains et les formes très bénignes, il y en a souvent un grand nombre de contaminés.

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Sources de rhume bénin ou redoutables tueurs, tous les CoronaVirus ont la même tête !

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On peut cogner chef ? Oui mais pas si fort !!

chronique du Vendredi 17 Janvier 2020

sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2288032

Pour la chronique d’actualité, on retrouve JC qui est avec nous par téléphone, bonjour Jacques.

Bonjour.

Et aujourd’hui, si vous le voulez bien, on va parler un peu du gouvernement, des hommes forts même du gouvernement : Emmanuel Macron le président de la République, Edouard Philippe son Premier ministre et puis Christophe Castaner le ministre de l’Intérieur. Alors, on sait qu’il y a des violences policières et le gouvernement a l’air de se rendre compte que finalement c’est assez grave ce qu’il se passe, c’est un peu une nouveauté quelque part d’ouvrir les yeux comme ça, JC.

Oui tout à fait, parce que le changement d’attitude des forces de l’ordre depuis quelque temps, et un certain nombre d’encouragements imprudents, ont conduit à ce que quelques-uns ont commis des bavures. On a quand même 2 tirs de grenades lacrymogènes vers les étages – dont l’un qui s’est terminé tragiquement par la mort de la personne à Marseille – qui sont là des fautes d’exécution radicales, c’est strictement interdit de faire cela. Il y a quelques autres affaires comme cette histoire d’interpellation avec, non pas seulement un placage ventral, mais une clé d’étranglement qui a brisé l’os au-dessus du larynx, l’os hyoïde, et qui a donc tué la personne. Tout cela avec quelques autres éléments : tirs et emploi hasardeux des lanceurs de balles en caoutchouc dans des conditions qui ne sont pas réglementaires, a fait quand même comprendre au gouvernement qu’il fallait dire aux policiers qu’ils avaient le droit de cogner, mais peut-être pas aussi fort que cela.

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