Covid 19 Réponses à des questions fréquemment posées

Jacques HM COHEN 11 01 2021

De nombreuses personnes me demandent mon avis sur leur cas personnel, principalement ces jours-ci.

Pour décider de se faire vacciner ou pas. 

R. Si vous avez plus de 75 ans, faites vous vacciner dès que possible. Votre risque en cas d’infection est très supérieur à celui des vaccins RNA, seuls disponibles en France.

Si vous avez des antécédents allergiques ou auto-inflammatoires sérieux, il vous faudra en revanche attendre qu’un autre type de vaccin soit disponible en France. C’est le vaccin adenovirus d’Astra-Zeneca qui devrait arriver le premier, en principe en février.

Si vous avez un facteur de risque lié à du diabète, un surpoids, une insuffisance d’organe: poumon coeur foie rein… faites vous vacciner quelque soit votre âge.

Si vous avez moins de 50 ans votre vaccination n’est pas souhaitable, tant qu’on ne sait pas si cette vaccination supprime la circulation virale. Vous n’avez en effet aucun risque viral sérieux et les inconvénients des vaccins RNA représentent un risque inutile pour vous. Cela tombe bien, pour l’instant personne ne vous propose de vaccin en France ! 

Si vous avez déjà fait la maladie, vous n’avez aucune urgence à vous faire vacciner, tant qu’on ne sait pas au bout de combien de temps votre immunité anti Covid va décliner.

Si vous êtes un personnel de santé de plus de 50 ans, sans facteur de risque particulier, vous pouvez considérer soit de façon altruiste que vous ne voulez pas piquer sa dose à un plus vieux et attendre un peu, soit au contraire que votre vaccination convaincra les hésitants.

seringue

Une vaccination discutable….

On me pose aussi deux questions personnelles plus ou moins bien intentionnées:

Vous même, allez vous être rapidement vacciné ?

La réponse est hélas non car je vis en France. Mes antécédents médicaux me font placer en contre-indication des vaccins ARN. Si je pouvais bénéficier d’un autre vaccin, virus entier chinois indien brésilien ou autre, spike recombinant Johnson et Johnson ou cubain, ou même vecteur viral recombinant adenovirus Spoutnik ou Astra-Zeneca, je retrousserais ma manche immédiatement !

En fait, qu’est-ce que vous y connaissez en virus et vaccins ?

Je suis médecin et toute ma carrière, même de recherche, j’ai continué à voir des malades, dont des Covid depuis un an. Je suis Pr d’Immunologie ayant passé plusieurs dizaines d’années à l’étude des réponses immunes contre des virus comme l’EBV, l’HIV ou l’hépatite B, les parasites du paludisme…, réponses atypiques soit du fait de l’agent infectieux, soit liées à des particularités de l’individu ou à de l’auto-immunité. J’ai ainsi contribué à la lutte contre le sida. Je figure parmi les inventeurs du brevet de l’un de ses variants. Si notre recherche d’épitopes vaccinaux a été infructueuse, le groupe de travail de l’Institut Pasteur auquel j’ai participé a pu définir les meilleurs épitopes de diagnostic universel. J’ai contribué à l’étude des mécanismes de défense contre les agents infectieux par le système du Complément, notamment à l’étude du rôle des globules rouges dans le contrôle de l’inflammation induite par la réponse immune anti-infectieuse y compris récemment dans la Covid. 

Du point de vue institutionnel, j’ai été responsable du groupe Biologie de Médecins du Monde, J’ai participé comme représentant des ONG au groupe de travail de l’OMS sur les vaccins GAVI, j’ai été membre du conseil scientifique de l’agence du médicament ( aujourd’hui ANSM ), et comme expert judiciaire agréé par la Cour de cassation, j’ai traité des dossiers de sang contaminé ou de  complications vaccinales, réelles ou alléguées.

Mais aujourd’hui vous ne foutez plus rien. Vous êtes devenu commentateur !

Pas du tout ! Je poursuis une activité de recherche, et même un des projets auxquels je participe concerne les vaccins.

Covid19. Les différentes politiques de tests de masse.

Chronique du 29 décembre 2020

Jacques Cohen fait le point sur la pandémie

JHM COHEN 29 112 2020

Avec nous aujourd’hui, Jacques COHEN. JC bonjour.

Bonjour.

Alors il est vrai que dans l’actualité, bien sûr, on a vu qu’un certain nombre de tests  massifs, était lancé dans le département des Ardennes, on arrive pratiquement au terme de cette série de tests. Quel est votre sentiment JC ?

Et bien, on a eu des tests faits à Charleville-Mézières et au Havre, en quelque sorte pour tester la faisabilité d’un dépistage massif dans les conditions françaises. Et les résultats sont assez mitigés, assez négatifs. Il convient d’abord de rappeler qu’il y a trois sortes de tests de dépistage massif, il y a les tests d’éradication proprement dits, c’est-à-dire s’efforçant de faire disparaitre le virus, ce que les Chinois ont fait à Wuhan. Après la retombée du pic quand il reste peu de circulation virale, on écrase celle-ci par un test massif de toute la population. Alors, on peut le faire à l’échelle d’une ville, d’un département, etc. Il faut réunir des capacités de tests importantes et le faire en 4 ou 5 jours, assortis à un confinement sévère, serré, mais de très courte durée. Dans l’optique inverse, il y a l’écrémage, et dans l’écrémage, il y a l’écrémage général et l’écrémage localisé.

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Covid-19: traînée, rebond, plateau : la fantaisie du virus

Chronique du 18 décembre 2020

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2538828

Jacques COHEN bonjour.

Bonjour.

Et vous voulez nous parler aujourd’hui de l’épidémie de Covid-19, évidemment JC, l’épidémie de Covid-19, où en est-on ? Qu’est-ce qu’il se passe aujourd’hui JC ?

On entend beaucoup parler de troisième vague, mais on devrait d’abord analyser ce qu’il se passe actuellement.

Ce qu’il se passe actuellement, c’est le problème de la traînée, le problème des rebonds et le risque d’un plateau. On constate que la décroissance du pic s’est arrêtée, et ceci de façon hétérogène, on va y revenir. Hétérogène, parce que ce n’est pas la même chose selon les endroits. Les endroits qui ont eu un pic important la première fois, ont un pic beaucoup plus bas et de formes émoussées, une bosse si vous voulez. À l’inverse même, dans des endroits où il y a pas eu un pic élevé en première vague, il y a eu un pic élevé la seconde fois . Enfin, certaines régions redescendent rapidement, d’autres marquent le pas.

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Covid19: pour les fêtes des gestes barrières mais aussi des tests barrière

JHM COHEN  8 12 2020

Sur les ondes de RCF @lien en attente

 

L’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis des fêtes de fin d’année et de leurs réunions familiales semble basée uniquement sur la limitation des rencontres et les bonnes pratiques peu praticables les concernant si on choisit d’assouplir le confinement et de lever le couvre-feu les jours critiques.  

Pourtant une autre politique de tests massifs systématiques serait possible. Celle des tests barrière.

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Vaccins anti covid. Ceux qui courent en tête ont ils mordu les bordures des chicanes?

JHM Cohen

Chronique du 27 novembre 2020

Sur les ondes de RCFhttps://rcf.fr/embed/2522242

 

Avec nous par téléphone le vendredi, on retrouve le professeur Jacques COHEN pour sa chronique d’actualité, Jacques COHEN bonjour.

Bonjour.

JC, aujourd’hui on va s’intéresser au vaccin anti-COVID, JC déjà, d’une façon globale la situation générale, où en est-on de ces vaccins, parce que le Président de la République française c’est adressé aux Français mardi soir, et il a dit peut-être que fin décembre, début janvier on pourra se faire vacciner en France. Alors, quel est votre point de vue sur cette situation ?

Si on peut le dire avec une image course de vélo, il y a un peloton de presque 150 inscrits, et il y a des échappés qui sont en tête. Le problème de ces échappés, c’est qu’ils ne respectent pas forcément totalement les règles du jeu, ils coupent les virages (comme on dit), là où ce n’est pas permis. En course à pied ils quitteraient leur couloir pour celui du voisin. Ou en Formule 1 ils auraient coupé les bordures des chicanes. Et tout ceci aboutit à prendre quelques risques. Alors on peut très bien choisir d’admettre ces risques et de dire que la situation est grave et qu’on admet un certain nombre de problèmes éventuels, parce que le coût-bénéfice sera satisfaisant. Mais sur l’impression que le vaccin est la solution sans risque, il y a un grand danger à se précipiter sur ces premiers vaccins.

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