Covid19: les multiples facettes de la distanciation sociale

Chronique du 05 février 2021

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Jacques COHEN, bonjour.

Bonjour.

Jacques, aujourd’hui vous voulez nous parler de nouveau de la Covid-19, mais cette fois des mesures non pharmaceutiques, c’est-à-dire JC ?

Le terme mesure non pharmaceutique, c’est le terme général NPI utilisé par les Américains pour désigner tout ce qui n’est pas traitement, mais ce qui recouvre toutes les mesures sociales. Cela va donc du masque au confinement en passant par la diminution des transports en commun ou des choses comme cela. Et c’est un point très important, parce que nous avons en France une discussion assez restreinte et très focalisée qui est « on confine, on ne confine pas ». Et quand on ne confine pas, on confine quand même parce qu’on réduit considérablement la diversité sociale des contacts et il y a des retentissements en tout genre, dont des retentissements psychologiques majeurs comme on le voit à la longue. Alors il faut voir aussi à chaque fois pour chaque mesure si le jeu en vaut la chandelle d’une part. Et d’autre part si elle est appliquée au bon moment ou pas. Je vous dis tout de suite que j’approuve le fait de ne pas s’être lancé à l’aveuglette dans un nouveau confinement national à un moment qui ne me parait pas opportun pour cela, mais on reverra peut-être la chose dans l’une de vos questions.

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Covid19: un long fleuve pas très tranquille et une guerre longue

JHM COHEN 26 01 2021

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2569433

Les médias et semble-t-il les pouvoirs publics semblent focalisés sur l’attente d’une grande vague du variant anglais en mars. Sans assez considérer l’épidémie actuelle en France, son hétérogénéité du plateau à des bosses voire des pics, dont la dynamique n’est pas dépendante du variant anglais attendu pour mars quand une grosse bosse aura lieu bien dans une partie de notre pays. On continue également à n’envisager qu’une politique nationale globale. Au lieu de différentier les mesures dans une longue guerre de tranchée, quand il faut colmater des brèches ou réduire des saillants par des mesures spécifiques, de bouclage localisés et de tests massifs.

Pour une longue guerre de tranchée, il faut certes regarder à demain, mais aussi à aujourd’hui et à après-demain.

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Le Covid21 est il né en Amazonie ?

JHM Cohen 21 01 2121

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2564418″

Au bout d’un an de circulation virale des variants notables font leur apparition. On discute de leur échappement éventuel aux vaccins basés sur le Spike. Les tests les plus courants pour juger de l’échappement sont basés sur la liaison d’anticorps sur le Spike, et le test de référence d’inhibition de l’infection d’une culture cellulaire par du vrai virus est très peu pratiqué. Comme la réponse des tests n’est pas en tout ou rien mais quantitative, sans trop savoir ou placer la barre du seuil d’efficacité in vivo, c’est dire que leurs résultats sont à prendre avec prudence. 

Mais la pierre de touche pour juger d’un variant, c’est son échappement à l’immunité naturelle, c’est à dire sa capacité à contaminer des sujets qui ont été précédemment malades. Depuis le début de l’épidémie, des ré-infections n’ont été signalées qu’anecdotivement, le plus souvent chez des sujets aux pathologies ou traitement immuno-suppresseurs. Et même chez eux les ré-infections étaient toujours moins sévères que la primo-infection. 

Si le variant anglais n’échappe pas à l’immunité acquise, le variant Sud-Africain, sous réserve, non plus,  le variant Brésilien a démontré cette redoutable capacité. Il faut donc étudier plus en détail sa brève histoire.

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Covid19. L’hypothèse d’une guerre de tranchée sans pic éclair.

Chronique du 15 janvier 2021

Sur les ondes de RCF: https://rcf.fr/embed/2559789

Jacques COHEN bonjour.

Bonjour.

Avec vous aujourd’hui, on va aborder cette thématique des variants du Covid19 et l’évolution de l’épidémie, les conséquences également sur les vaccins. JC, d’abord le variant britannique, ça y est, il est bien là sur nos terres françaises, j’ai envie de dire.

Alors, il est là depuis un certain temps d’ailleurs, et c’est son avenir la grosse incertitude.

Le gouvernement a suivi une seule option qui est de penser qu’il va gagner, et que non seulement il va remplacer la souche habituelle, mais il va se comporter forcément comme à Londres avec un pic qui devrait survenir en début février. Ce n’est pas exclu, mais ce n’est pas la seule hypothèse, parce que schématiquement les mauvaises herbes pour pousser, il faut aussi qu’il y ait de l’eau, elles poussent quand tout pousse, elles poussent un peu plus vite et elles envahissent. Mais si rien ne pousse parce que c’est la sécheresse, les mauvaises herbes ne se répandent pas largement. Pour que ce scénario se produise, il faudrait, je crois, que le variant britannique échappe à l’immunité acquise par la première vague, parce que si ce n’est pas le cas, il peut changer un peu les choses, mais pas dans des proportions gigantesques. À Londres, il s’est répandu parce qu’il n’y a pas eu un gros pic dans cette ville en première vague.

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Covid19 virus variant, épidémie variable, vaccins…..

Chronique du 08 janvier 2020

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Et nous, on commence par retrouver le professeur Cohen, lui souhaiter une bonne année, meilleurs vœux, une bonne santé surtout, Jacques bonjour.

Bonjour.

JC avec vous, après 15 jours de repos, on va parler de l’évolution de l’épidémie de la Covid-19. Un virus qui mute notamment, on parle de cette variante qui est arrivée du Royaume-Uni et qui, ça y est, est sur le territoire Français JC. Faut-il s’en inquiéter ?

C’en est une parmi les mauvaises nouvelles, c’est un élément inquiétant, mais qu’il faut relativiser, parce qu’il semble que ce variant ne puisse pas échapper aux vaccins dirigés contre le spike, contre les épines de la couronne du virus, ce n’est pas la même couronne d’épines que celle plus connue sur cette antenne…. Et donc s’il ne peut pas échapper au vaccin, cela veut dire qu’il n’échappera pas à l’immunité acquise par l’infection naturelle. Il ira peut-être un peu plus loin que n’allait la forme classique, parce qu’il est un peu plus contagieux. Alors il faut voir. Quand on dit que c’est de 50 % à 75 % plus contagieux, cela veut dire que parmi les sujets contacts, avec la forme classique, c’est 9,5 % d’infectés, c’est 14 % avec cette forme-là dans une étude anglaise. Il est un peu plus contagieux, il ira peut-être un peu plus loin, mais à mon avis il ne peut pas aller bien loin, il va se briser comme les autres sur le mur de l’immunité acquise de la population – qui va finir par arriver – de l’immunité de barrière, pas encore l’immunité d’éradication. Autre élément, il semble donner beaucoup plus de cas en grande Bretagne, mais il ne donne pas beaucoup plus d’hospitalisés, il ne donne pas beaucoup plus de morts. Ce serait dans la ligne générale de ces variants viraux en fin de pandémie qui sont plus adaptés, donc plus contagieux, mais un peu moins mortels et qui présagent de la génération suivante du virus qui s’adaptera à notre espèce qui donnera un rhume de temps en temps et qui restera chez nous ou qui disparaîtra, on ne le sait pas encore.

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