E Macron entre nuque raide et dos rond 

CHRONIQUE du lundi 3 décembre 2018

sur RCF:@lien en attente

JC, bonsoir.

Bonsoir !

Merci d’être avec nous. Alors l’actualité, c’est bien sûr les suites de ce qui s’est passé ce week-end à Paris et dans toute la France avec les gilets jaunes. Sur le plan politique, quelle est votre analyse aujourd’hui ? Quelle est la marge de manœuvre du gouvernement et du Président Macron ? Le Premier ministre reçoit les responsables politiques, les a reçus tout au cours de cet après-midi.

Ce qui compte, c’est le Président. Et le Président s’est inconsidérément et dangereusement exposé. Il est donc maintenant en train de se replier, si j’ose dire, derrière le Premier ministre mais avec quelques difficultés. Il s’est exposé en faisant moult déclarations, y compris depuis l’Argentine, ce qui a exaspéré les Gilets Jaunes. Et il a fait un raisonnement initial qui paraissait logique, mais qui méconnaissait l’élément émotionnel. En effet, le Président Macron souffre d’une anosmie émotionnelle. Il est un très bon débatteur, logique, avec sang-froid, mais il ne perçoit pas la valeur émotionnelle d’un mot ou d’une situation chez son interlocuteur. Ce qui lui permet d’être un rationnel, j’allais dire, intégral. L’ennui, c’est que la société, les gens et la politique ne sont pas des choses intégralement rationnelles. Et l’émotion, l’exaspération de la population devant l’avalanche de taxes en tout genre, conduit à un raz de marée, duquel il aura du mal à se dégager.

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Pour commémorer Mai 68, une petite histoire du maintien de l’ordre en France

Sur RCF une  brève interview sur le même thème: https://rcf.fr/embed/1818362

JHMC 4 Mai 2018

Les incidents du 1er Mai 2018 et les critiques du café du commerce ou de BFM concernant la tactique policière montrent une profonde méconnaissance du sujet chez les politiques comme dans l’opinion.

A défaut pour l’essentiel de la population française contemporaine, d’avoir fréquenté l’autre côté de la barricade autrefois, ces quelques remarques pourront aider à la compréhension de la logique policière contre des manifestations de rue en France.

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Mouvements étudiants: prémices ou fin de ParcourSup ?

Chronique du vendredi 13 avril 2018

sur RCF: https://rcf.fr/embed/1802000

JPB : Jacques Cohen, bonsoir ! Alors, justement, on évoque beaucoup les étudiants en ce moment. Il semblerait quand même qu’à Reims il n’y ait pas un gros gros mouvement. A Troyes ce n’est pas non plus un mouvement exceptionnel. Est-ce que l’on peut dire qu’en 2018 ce mouvement ressemble à celui de 68 ? Parce qu’il y a quand même eu des évacuations de l’université dans quelques lieux de France.

Alors, il y a des ressemblances, il y a des différences. Vous savez que Karl Marx a dit que l’histoire se répétait toujours deux fois, la première fois en tragédie et la seconde en farce. Ce n’est pas toujours vrai, mais il y a quand même des éléments de vérité. Il y a des ressemblances dans les déroulements puisqu’il y a eu quelques incidents et évacuations de facultés occupées, à Nanterre, même endroit que la dernière fois, à la Sorbonne également. Mais il y a d’énormes différences parce que les violences ont été d’emblée très importantes, avec des destructions, un vandalisme important, ce qui n’était pas le cas en mai 68 où les violences sont arrivées bien après le mouvement de masse, comme une façon de le tuer. Et là, avant même tout mouvement de masse, c’est quand même un gros handicap pour l’émergence de ce mouvement de masse.

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